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Henry Fescourt

COLLECTIF

Mercury, février 1967

Un cinéaste, qui fut au premier rang des réalisateurs français à l'époque du « muet » et durant les dix premières années du parlant vient de disparaître : Henri Fescourt.
Jean-Louis Bouquet qui, malgré une grande différence d'âge, a été son ami, et son collaborateur à maintes reprises, nous précise qu'ils publièrent ensemble un texte combatif : L'idée et l'écran qui fit couler beaucoup d'encre, en 1925-1926. Les théories exposées là, rageusement critiquées par ceux que l'on pourrait nommer les ... « yé-yés » de l'époque, se sont trouvées justifiées ensuite par l'évolution même du cinéma.
Sans pouvoir détailler ici la très longue carrière d'Henri Fescourt, d'abord musicien, (disciple du grand Vincent d'Indy) puis journaliste, enfin metteur en scène, disons que son succès le plus retentissant, mondial, fut la version 1925 des Misérables. Avec le « parlant » ; son film le plus original fut peut-être Serments, réalisé à Stockholm. Mais, pour nos lecteurs, fervents de la science-fiction et du fantastique, mentionnons aussi que Fescourt avait été un précurseur. Dès avant 1914, il conçut et tourna un film : Un obus sur Paris, où se trouvait pressenti un célèbre épisode de la guerre proche. Ensuite, le Mathias sandorf de Jules Verne lui donna matière à des scènes d' « anticipation ». Puis, avec la Nuit du 13, il réalisa un drame curieux, baignant dans une atmosphère d' « occultisme ».
Fescourt laisse des ouvrages littéraires, dont La foi et les montagnes, monumentale somme de souvenirs.


BIOGRAPHIE DE HENRI FESCOURT
Né à Béziers le 23 novembre 1880. Licencié en droit, après une courte incursion au Barreau, il abandonne la carrière, étant passionné par la musique. Il est élève de Vincent d'Indy (Schola Cantorum) puis il est attiré par le journalisme (L'intransigeant, 1910). Il fait représenter, en collaboration avec Charles Méré, Le festin du roi et, seul, Les maudits (qui seront repris bien plus tard, en 1943, au Palais de Chaillot, sous un nouveau titre : Comme une torche ardente.)
Vers 1911, Fescourt fit accepter des scénarios par la Maison Gaumont. Il fut remarqué par Louis Feuillade, qui lui proposa de faire de la mise en scène. Fescourt travailla pendant deux ou trois ans chez Gaumont. Parmi ceux de ses films de cette époque, il citait avec prédilection : Le marquis de trévenec, Peine d'amour. Un obus sur Paris (curieuse anticipation des exploits de la Bertha).
Lors de la guerre de 1914, Fescourt, exempté, s'engage volontairement, combat dans l'artillerie. Obtient la Croix de Guerre. Est gravement touché par les gaz. Au cours d'une permission, il a eu l'occasion de tourner en quelques jours La menace pour le Film d'Art (Direction Louis Nalpas). A sa démobilisation Fescourt est appelé par le même Louis Nalpas, devenu producteur à son propre compte, pour réaliser Mathias sandorf. Ce film (avec Romuald Joubé, Toulout, Vermoyal, Modot, A. Tallier, Yvette Andreyor, et une splendide débutante, Gabrielle Ristori) demeurera l'un des classiques de l'âge d'or des films à épisodes.
Fescourt réalise ensuite La nuit du 13, curieux film frôlant l'occultisme, l'amusante Poupée du milliardaire, puis de nouveaux « serials » : Rouletabille chez les bohémiens et Mandrin ; un beau film classique : Les grands et enfin Les misérables (deuxième version muette 1925) avec Gabrio, Sandra Milowanoff, Toulout etc... Ce film a eu un retentissement mondial et a placé Fescourt au premier rang des réalisateurs français. Il fut l'un des quatre premiers décoré de la Légion d'Honneur au titre du Cinéma (1926). Il publie alors avec un jeune collaborateur, Jean-Louis Bouquet, un ouvrage polémique. L'idée et l'écran qui fit quelque bruit. Vers la fin du « muet », Fescourt tourne : La glu, La maison du maltais, Monte-cristo. A l'avènement du « Parlant » la santé de Fescourt se trouve gravement ébranlée (lointaines séquelles de la guerre). Il reprendra pourtant quelque activité, réalisera Serments, L'occident, Bar du sud, Retour de flamme. Parmi ses collaborateurs notons Jean Faurez qui deviendra un réalisateur distingué.
Vers 1943 Henri Fescourt accepte la direction d'une annexe de l'I.D.H.E.C. destinée aux élèves comédiens. Bien des jeunes talents sont éclos là. Beaucoup pourraient en rendre témoignage. Mais à l'instigation de trop célèbres professeurs « privés » jaloux de ce succès, un ministre mal inspiré supprime cette annexe de l' I.D.H.E.C. par mesure d'économie.
Henri Fescourt consacre désormais ses activités à des conférences et à des livres. Dès 1930, il avait publié : Le cinéma, gros ouvrage illustré. Il y a quatre ans, il a fait paraître : La foi et les montagnes, une remarquable somme de souvenirs, de notations, d'aperçus originaux sur le cinéma, et qui restera comme une pierre angulaire de la littérature inspirée par la Septième Art.
Henri Fescourt s'est éteint le 9 août 1966, dans sa quatre-vingt sixième année.
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Biographies, catégorie Bios

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