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Du "ras-le-bol" à l'utopie régressive

Chronique...

Jean-Pierre ANDREVON

Fiction n°235, juillet 1973

          J'écris ces lignes au lendemain de la mort du dessinateur Bosc, qui s'est tiré une balle dans la bouche ; il avait 49 ans, Bosc qui avait su mieux que personne, et depuis vingt ans, dessiner l'absurdité des H.L.M., de l'armée, du pouvoir en gibus.
          J'écris ces lignes au lendemain de la déclaration, lue sur le journal, de notre ministre de la Culture dont j'ai oublié le nom (mais il n'a pas de nom, pas de visage), selon laquelle il faut pourchasser où qu'elle se trouve la culture de la subversion, de la dégradation.
          Accessoirement, j'écris ces lignes au lendemain d'avoir reçu le Fiction de mai, où Bertrand parle de Fournier, de La gueule ouverte, d'écologie, du ras-le-bol, de l'an 01 ; en somme, où Bertrand fait de l'Andrevon après qu'Andrevon ait fait du Fournier. C'est bon signe, il y a décidément quelque chose dans l'air...
          D'où cette chronique (que M. Vila, qui dans le courrier du même Fiction me reproche de dire toujours la même chose, ne goûtera guère — mais je lui ferai signe lorsque je célébrerai l'Armée, la Police, la technologie et l'exploitation de l'homme par l'homme...), d'où cette chronique, donc, qui veut tenter, très modestement et très superficiellement, de faire le point sur les idées qui traînent dans l'air en 1973, à travers les diverses œuvres qui les expriment. Elles se trouvent dans l'air de la vie et de la culture, de la politique et de la science-fiction, de l'imaginaire et du réel, de la sociologie et de la science : au moins, je contenterai peut-être le plus grand nombre !
          Mais au milieu de ce foisonnement, je n'ai pas su l'étiqueter, ma chronique, puisqu'on y trouvera des livres, des émissions de télé, un film, une bande dessinée. « Chronique de civilisation » (comme on dit crise de civilisation) aurait sans doute été approprié, mais bien prétentieux. Je préfère donc laisser voguer derrière le mot chronique trois points de suspension que respecteront, j'espère, mon compréhensif rédacteur en chef et le camarade typographe. (Un peu de démagogie tous azimuts ne fait pas de mal de temps en temps...)
          Cette crise dont je me propose de tenir la chronique, et qui éclate en livres, bandes dessinées, films, etc., a des causes tellement complexes qu'il serait tout à fait vain de vouloir ici les trier. D'une manière bien vague, tout à fait humaniste et libérale, on peut se contenter de prononcer très vite, comme une formule passe-partout, l'absurdité-du-monde-où-nous-vivons, ce qui a le mérite de contenter tout le monde. Naturellement, cette absurdité se manifeste particulièrement dans deux grandes directions : l'exploitation de l'homme par l'homme (cela va du travail à la chaîne des O.S. aux divers génocides planétaires dont les Indiens d'Amérique du Sud sont en ce moment l'exemple le plus criant) et l'exploitation de la nature par l'homme, dont les résultats sont la dégradation progressive du milieu, la croissance exponentielle des pollutions, l'épuisement accéléré des ressources naturelles.
          Mais il ne faut pas se leurrer : ces deux directions sont étroitement liées, elles ne sont pas le fait du hasard ni d'une aberration passagère. Ces processus sont concertés ; ils sont dans la logique (une logique certes absurde car à court terme) d'un système qui, justement, est fondé sur le profit à tout prix. Faire ces constatations, c'est nager en plein dans la politique et la plus active des politiques, puisque ce genre de constatations appelle des contre-propositions suivies d'actions — à moins d'être, comme l'écrivait Frantz Fanon, un spectateur, donc un lâche et un traître. Cela n'a rien à faire dans Fiction ? Vous allez voir que si : contre-propositions, désir de changement, c'est d'abord exprimer un futur, c'est faire œuvre prospective, une prospective qui est toujours rationnelle et peut passer par le romanesque — clin d'oeil à Versins et à sa célèbre définition. Vouloir « changer la vie » (selon Rimbaud), vouloir « changer le monde » (selon Marx), essayer de trouver la plage sous les pavés et mettre l'imagination au pouvoir, c'est d'abord tracer les lignes d'un futur qui rompe avec celui que le présent dessine, c'est vouloir s'écarter des rails que suit notre train fou, c'est vouloir enfin faire glisser notre monde dans un univers parallèle plus juste, plus paisible, plus heureux. Encore une fois, c'est faire (sans le savoir ?) de la science-fiction, puisque science il y a (à décanter, à repenser, à changer de cours), puisque fiction il y a (à arracher à la glèbe de la réalité).
          Qu'on me comprenne bien : je ne cherche nullement ici à « récupérer », à culturiser, donc à désamorcer de quelque manière que ce soit le ras-le-bol généralisé, ni les mouvements révolutionnaires, gauchistes ou écologiques qui s'expriment en 1973 à travers le monde et en France en particulier ! Il se trouve simplement que Fiction n'est ni La Cause du Peuple ni La Gueule Ouverte, et qu'il m'est nécessaire de rattacher les réflexions qui précèdent et qui vont suivre à une matière qui nous est propre. Que cette matière colle maintenant de plus en plus à la réalité la plus pressante (et inversement), cela ne peut que nous réjouir (d'une certaine façon !), puisque cela confirme que la SF, loin d'être une littérature débile, loin d'être (seulement) une « littérature d'évasion », est au contraire l'expression, la pratique artistique qui, dans les meilleurs des cas, reflète le mieux, exprime le mieux les plus graves problèmes de notre temps.


Mais faisons un grand pas en arrière...


          La construction d'un futur où il ferait bon vivre, cela s'appelle une utopie : inutile de rappeler à nos lecteurs que l'utopie a de tous temps (ou presque) existé, qu'elle est la base la plus solide de la SF anticipatrice. Mais l'utopie exige pour sa construction une connaissance parfaite de la société dans laquelle on vit, société que l'on veut détruire et remplacer par une autre, meilleure, vivable, viable.
          Les écologistes sont les mieux placés pour étudier notre société, puisqu'ils peuvent en avoir une vision globale. L'un d'eux, Edward Goldsmith, a été l'un des premiers et fut parmi ceux qui sont allés le plus loin dans la voie d'une contestation radicale. Autodidacte, Goldsmith a fondé en Grande-Bretagne la plus célèbre revue d'écologie : The Ecologist. Publié en 1972, et la même année pour sa traduction française (sous le titre : Changer ou disparaître), A blueprint for survival est le résultat du travail de l'équipe de l'Ecologist : une analyse de la destruction de l'environnement, de l'épuisement des ressources et des pollutions sur laquelle je ne reviendrai pas 1, mais aussi le tracé des grandes lignes d'un Plan pour la Survie qui est le fondement d'une véritable utopie qu'on peut très bien placer à la suite de celles de Platon ou de Thomas Morus — sauf que cette fois, il ne s'agit pas de mieux-être mais, très simplement, de survie.
          Pour l'équipe de l'Ecologist, croissance et surpopulation sont les deux mamelles d'où coule le lait aigre de notre fin prochaine. Deux concepts irrationnels si on se donne la peine de les décortiquer à tête reposée, mais deux dynamiques qui font partie de la logique absurde du système de profit : toujours plus de produits de consommation + toujours plus de consommateurs = toujours plus d'argent pour les producteurs. Oui, mais comme peuvent le montrer les courbes prospectives de population, la population terrestre se stabiliserait aux environs de 15 milliards d'habitants dans une centaine d'années, à supposer que les pays développés parviennent à stopper leur démographie en l'an 2000, et les pays sous-développés en l'an 2040. Comment nourrir tous ces gens, puisque « des ressources limitées ne peuvent entretenir une croissance illimitée » ? Il serait donc sage (mais tout à fait illusoire de croire qu'on puisse y parvenir) de stopper la démographie dès aujourd'hui, partout. Car une croissance illimitée de la population ne peut en aucun cas être supportée par une croissance parallèle et illimitée de la technologie (transformer les déserts en surfaces cultivables et autres fariboles de la SF de papa et des technocrates d'aujourd'hui) : « L'accroissement de la technosphère ne peut avoir lieu qu'au détriment de l'écosphère ; elle aboutit donc a la destruction des moyens de régulation naturels, qui doivent être suppléés par un nouveau recours aux moyens technologiques » (p.16).
          Pour survivre, il s'agit d'arrêter tout, tout de suite, de faire, non pas « un grand pas en arrière », comme pourrait le laisser croire le titre de ce paragraphe, mais bien « un grand pas de côté », en somme mettre en œuvre une stratégie de la reconversion qui doit, selon l'Ecologist, tenir compte de quatre conditions : « 1° le moins de perturbations possibles dans les processus écologiques ; 2° une conservation maxima des matières premières et de l'énergie ; 3° une population stabilisée à son taux de remplacement ; 4° un système social tel que chacun puisse voir dans les trois premières conditions des sources de satisfaction plutôt que des contraintes » (p.21).
          Cela signifie en gros le remplacement des technologies dures (énergie nucléaire, emploi des pesticides, notamment) par des technologies douces (énergie solaire, agriculture biologique), cela signifie remplacer la dispersion des déchets par leur recyclage, cela signifie surtout arrêter la production de produits de consommation inutiles par une redistribution planétaire des biens de consommation indispensables (au premier plan desquels la nourriture), afin que le gouffre entre pays développés et pays sous-développés cesse de s'élargir, puis se comble. Cela signifie changer de politique : « Il conviendra donc d'organiser le nouveau système social d'une façon telle que l'opinion publique et la participation de tous aux prises de décisions jouent le plus grand rôle possible dans la création même de ses institutions » (p.47).
          A partir de là l'idée essentielle de Goldsmith est de remplacer la centralisation par la décentralisation et l'autogestion, les grandes villes par des petites communautés pouvant vivre en autarcie en ce qui concerne la production des biens essentiels. En somme, retrouver une sorte d'harmonie à la grecque, selon Aristote qui « considérait qu'une ville ne devrait pas grouper plus de citoyens que ceux qui peuvent se connaître de vue ». C'est là aussi un moyen d'échapper à ce fameux « enfer des villes », à l'abhumanité des grandes agglomérations où se développent névroses et criminalité : « La petite communauté n'est pas seulement la structure d'organisation dans laquelle les régulations internes ou systématiques ont le plus de chance d'agir efficacement : l'individu humain trouve dans sa dynamique une source essentielle de plaisir et d'intérêt pour la vie. Allons plus loin : il est probable qu'elle seule permet à chaque homme, à chaque femme de se réaliser comme individu » (p. 49).
          The Ecologist est très net : d'une part l'emballement de la technostructure, qui remplace peu à peu la « nature » pour nous faire vivre, est un engrenage mortel ; car, si nous dépendons d'usines de dessalement pour notre eau potable ou de pompes à oxygène pour éliminer les gaz toxiques, que se passera-t-il en cas de grève, de panne, de pénurie ? D'autre part : « En causant la désintégration d'une société, en la surchargeant de trop d'individus ou en augmentant la mobilité de ceux-ci, ce qui revient à empêcher leur socialisation, on diminue la force de l'opinion publique et, par conséquent, l'aptitude de la société à s'autorégler. (...) Une vraie démocratie y est impossible, les structures qui lui permettraient de fonctionner n'existant pas. La démocratie de masse est une contradiction dans les termes. (...) Nous pouvons donc formuler le principe essentiel que plus s'accroissent l'entropie et le désordre d'un système social, plus s'impose la nécessité de régulations asymétriques, dont la forme extrême est la dictature » (pp. 120 et 121 ).
          Il faut donc se résoudre à changer... ou à accepter de disparaître dans le chaos. Comment organiser pratiquement le changement ? Là, The Ecologist est plus évasif, et c'est bien pourquoi le « Plan pour la Survie » s'apparente à une utopie : on transpose dans le futur le moule d'une vie idéale, sans trop savoir comment organiser la solution de continuité. Goldsmith, pourtant, n'ignore rien des lacunes de son plan et des difficultés qu'il y aura à le matérialiser : il parle de manifestations, de pétitions, de conférences, de contacts avec le gouvernement, il propose des débuts d'action personnalisée (refuser les emballages sous plastique), il prévoit des reconversions simples (remplacer la voiture individuelle par des transports en commun).
          On pourra consulter, dans le n° 1 de La Gueule Ouverte, le texte de sa conférence donnée le 6 mai 1972 à un comité antinucléaire alsacien, pour plus de précision. Dans le même journal, la rédaction traite Goldsmith de rétrograde et de réformiste. C'est sans doute qu'il paraît déjà bien mesuré ! Mais doit-on croire que le « changement » espéré viendra d'une révolution totale, globale, simultanée, plutôt que d'une suite de réformes s'engendrant entre elles en une courbe exponentielle ? Cela paraît bien illusoire. En attendant, on peut toujours rêver...


Le rêve de L'an 01


          « RESOLUTION 1 : On arrête tout.
          RESOLUTION 2 : Après un temps d'arrêt total, ne seront ranimés — avec réticence — que les services et les productions dont le manque se révélera intolérable. Probablement : l'eau pour boire, l'électricité pour lire le soir, la T.S.F. pour dire « Ce n'est pas la fin du monde, c'est l'an 01, et maintenant une page de mécanique céleste ».
          RESOLUTION 3 : Les individus ne consentant plus a déléguer leurs pouvoirs, toutes formes d'autorité, ainsi que les hiérarchies de toutes natures, perdront leur emprise avec leur raison d'être, très naturellement et sans douleur.« 

          Et ce n'est pas tout : on essayera aussi d'acquérir toutes les connaissances recensées de l'histoire de l'humanité, on s'arrêtera s'il le faut cinq ans, vingt ans pour ça, tout en maintenant en état de marche le « bazar », c'est-à-dire l'industrie, les laboratoires, en cas... Et puis on redécouvrira le jeu, et puis il n'y aura plus besoin de justice parce que la propriété privée aura été abolie, que les clés seront supprimées, qu'il n'y aura plus rien à voler.
          Surtout, par-dessus tout, on réapprendra à vivre, à se connaître : « On regarde autour de soi, on regarde les autres, on se rapproche, on se parle. »
          C'est L'an 01.
          L'an 01, c'est Gébé. Gébé a commencé à dessiner dans Hara-Kiri, il y faisait Berck. Berck, c'est une sorte de monstre humanoïde au grand nez qui broie tout sur son passage, une bête en ciment brut, indestructible, qui mange les fleurs et écrase les petits chatons. C'était l'esprit Hara-Kiri, bien sûr, mais c'était aussi autre chose, de la poésie (comme celle de Fred, qui depuis s'est émietté, affadi), de la contestation informelle : Berck, c'est la civilisation du béton en marche, qui n'est pas à proprement parler « méchant », mais qui est différent, indifférent 2. Dès Hara-Kiri Hebdo, transformé en Charlie Hebdo dans une magnifique manœuvre pour berner la censure, qui ne s'en est pas remise, Gébé a accentué sa direction, a « gauchi » son parcours. Ce que Fournier disait dans les pages écologiques, Gébé (qui lui doit une partie de son univers) le dessinait, en traduisant le « ras-le-bol » montant en une suite de saynètes naïves, directes, souvent didactiques, où il exprimait, en parfait révélateur de certaines aspirations populaires et de certains dégoûts, la haine du béton, du fric, de l'armée, de la violence, et l'amour de la nature, de la fraternité, l'amour de l'amour.
          L'idée de L'an 01 est venue de là. Pourtant, les cinq premières planches parurent en 1969 dans Politique-Hebdo : on y trouvait déjà les « résolutions » en partie reproduites au début de ce paragraphe, illustrées par d'autres saynètes significatives, comme la destruction d'un transformateur de l'EDF devant une foule enthousiaste, la parodie d'un procès, la visite d'un grand magasin transformé en musée... Reprises dans Charlie (mensuel), ces cinq planches ont fait des petits : depuis deux ans ou plus, chaque page de Gébé est une pierre de plus ajoutée à l'édifice de L'an 01. Une pierre ? Un édifice ? Non : une feuille, un brin d'herbe, qui reconstruisent peu à peu une forêt, un champ autrefois saccagés par l'industrialisation.
          L'an 01, c'est un monde a la fois communautaire et libertaire, c'est la fraternité dans l'individualité. Il n'y a plus de police, plus d'armée, plus de lois ; que des petits bonshommes coiffés d'un drôle de chapeau cloche, qui arpentent une terre libre où la verdure reprend ses droits. Mais c'est aussi le monde de la fête : on s'y aime pour un rien, parce qu'on se plaît, et sans en faire toute une histoire ; on joue des rôles d'autrefois (« le gardien des mœurs »), parce que c'est si drôle de penser encore à l'absurdité de jadis. La parole s'est libérée, la pensée s'est libérée : un paysan s'envoie tout Descartes et trouve ça intéressant, un groupe de bergers transylvaniens redécouvre le principe de la gravitation universelle. Mais pas pour en tirer des applications : non, comme ça, pour faire fonctionner leur cerveau.
          L'an 01, d'ailleurs, c'est l'ère du cerveau. « On arrête tout. On réfléchit. Et c'est pas triste. » Bientôt, avec un peu de concentration, on pourra — littéralement — planer. Littéralement, mais en attendant, l'an 01, c'est planer littérairement, au-dessus de la merde quotidienne — l'an 01 ou la libération de la pesanteur.
          Tout cela, Gébé l'exprime avec sa poésie profondément enracinée dans le quotidien, avec son trait linéaire, calme, serein, avec ses théories de petits personnages tous pareils (on dirait des santons de plâtre) qui nous indiquent le chemin du salut. Le salut, oui, il y a aussi cet aspect-là chez Gébé, le côté prophète, prosélyte, mystique, qui peut parfois frôler, à cause de la « bonté » profonde de l'auteur, le boy-scoutisme. Mais ce n'est pas grave : moins politique au premier degré que Wolinski, moins rigolard que Reiser, moins documentaire que Cabu, moins underground que Willem, Gébé, dans l'équipe de Charlie Hebdo, c'est-à-dire dans ce qu'il y a de meilleur dans le dessin satirique en France, tient une place énorme car il a su créer véritablement un univers dans lequel on a envie de vivre.
          Un album... un film : dès juin 1971, Gébé lance dans les colonnes de Charlie Hebdo l'idée d'un film à faire. Les lecteurs accrochent, les premiers bouts de pellicule sont tournés en octobre de la même année. Le film L'an 01 sort enfin début 1973. Il n'y a pas grand-chose à en dire, puisqu'il est fidèle à l'esprit de Gébé et adapte une bonne part des planches déjà faites. Naturellement, c'est moins bon, moins fort, parce que la stylisation du dessin a fichu le camp, et avec elle une bonne part de la poésie, parce que surtout notre possibilité de projection, d'identification, s'est amoindrie : tout le monde peut entrer dans les silhouettes creuses de Gébé ; c'est plus difficile lorsqu'on voit sur l'écran des barbus de chair et d'os personnalisés.
          Mais l'important, c'est que le film existe, c'est aussi la façon dont il a été fait : la mise en scène est certes signée (Jacques Doillon), mais en réalité il s'agit d'un vrai film collectif, bâti séquence par séquence à travers toute la France par les lecteurs de Charlie Hebdo, les « militants de l'an 01 ». Des individus pris dans la masse y ont participé, des troupes de théâtre marginales (comme le Théâtre Partisan de Grenoble), des acteurs professionnels sympathisants sa sont fondus dans l'ensemble (Romain Bouteille, Mireille Franchino, Jacques Higelin), et deux séquences ont même été tournées par des réalisateurs prestigieux : Alain Resnais pour la chute des valeurs et des corps à New York, Jean Rouch pour un clin d'œil africain.
          Mais il faut aussi dire quelques mots sur cette utopie (Gébé lui-même emploie le terme) et sa manière de s'insérer dans le courant utopique... Utopie, d'abord, par toutes les faiblesses structurelles inhérentes au genre : comment y parvenir ? En s'arrêtant, dit Gébé. Tout le monde, et en même temps ; la poésie est là, mais pas la futurologie. Et les réactions des puissances de l'ordre et de l'argent, de leur police, de leur armée ? Pas un mot, pas un trait, ni dans la bande ni dans le film ; le rêve est là, mais pas la politique. Est là, donc, l'utopie, morceau de songe stabilisé à une certaine distance dans le futur. Mais quelle utopie ? J'ai titré cette chronique en mentionnant « l'utopie régressive ». C'était peut-être un peu schématiquement dit : l'utopie régressive, c'est Ravage, c'est l'abandon total et systématique de toute science, c'est le « retour » à un « âge d'or » absolument mythique, à une « nature » bonne par essence qui n'existe que dans l'imaginaire. L'utopie régressive est fondamentalement réactionnaire. Or, chez Gébé, on ne fait pas un pas en arrière : comme chez Goldsmith, on fait un pas de côté. On ne brûle pas la science sur un bûcher, on en garde les potentialités pour étudier ce qui peut servir. L'an 01 est une utopie tout à fait révolutionnaire, mais comme elle est aussi dynamique, il y a contradiction dans les termes : l'utopie classique, c'est la société parfaite, donc dogmatique et figée, et dont l'absolu est... la dictature 3. Aussi — petite parenthèse — les érudits ont probablement fait fausse route en inventant le terme anti-utopie pour désigner, par exemple, une société du type de celle de 1984 : l'Angsoc d'Orwell semble bien être au contraire une utopie poussée vers son aboutissement inéluctable, la dictature ! Et c'est peut-être dans la liberté de l'an 01 qu'il faut chercher le véritable sens de l'anti-utopie...

          Mais il y a eu :


Un grand précurseur


          C'est Marion Zimmer Bradley qui, avec son court roman The climbing wave, publié aux Etats-Unis en 1954 (il y a près de vingt ans, mais oui !) avait déjà inventé l'an 01. J'ai déjà eu l'occasion à plusieurs reprises de signaler ici même cette novelette, sans autre réaction qu'une certaine incompréhension (voir la Tribune Libre de Jacques Goimard dans le n° 209). Je ne vais pas a nouveau en retracer le scénario, signalant simplement qu'il s'agit du retour, sur une Terre vieillie de quatre ou cinq siècles grâce à la loi de Langevin, d'une expédition spatiale envoyée vers Alpha du Centaure, dont l'équipage retrouve une planète à civilisation antitechnique, où la notion de gouvernement a été abandonnée ainsi que la navigation spatiale, et où la population a quitté les villes au profit de petites unités communautaires pratiquant l'artisanat ! Je ne sais si Gébé a lu cette nouvelle, probablement pas, mais tout son An 01 est là.

          Dans le détail :
           Vous cuisinez sur feux de bois. Ne serait-il pas mieux d'avoir des fours électroniques semblables a ceux que nous avons sur le vaisseau ?
          Frobisher répondit gravement :
           Eh bien, tout d'abord, un bon feu donne meilleure saveur à la nourriture, la plupart des gens l'ont remarqué. Ensuite, une personne doit être fière des plats qu'elle composa, sinon pourquoi cuisiner ? Enfin, même si un four électronique simplifiait toute cuisine, qui accepterait de les manufacturer à l'usage de ceux qui seraient assez paresseux pour les utiliser ? Un homme peut construire en un jour une cheminée, avec l'aide d'un voisin, et s'en servir pour cuire sa nourriture durant le restant de ses jours. Pour construire un four électronique, il devrait consacrer des années rien qu'à étudier la manière d'y parvenir...

          Dans les grandes lignes :
           J'avais cru comprendre que votre civilisation n'était pas une civilisation scientifique.
           Elle ne l'est pas, répliqua durement Frobisher, définitivement pas. Nous nous servons de la science, nous ne sommes pas a son service. La science, Mr. Kearns, n'est plus le seul jouet d'une poignée de faiseurs de guerre, pas plus qu'elle n'est demeurée asservie à un standard de vie artificiel à l'usage d'une population malade et névrosée, continuellement a la recherche de distractions et d'excitants nouveaux. (...) Les hommes ne sont plus soumis à l'obligation perpétuelle d'acheter les produits d'une science commercialisée, afin de créer « de l'emploi » pour permettre a la cité de continuer à fonctionner.
          (...) Tout le monde a adopté un monde de vie aisé et équilibré. L'homme n'est qu'un petit animal, et il doit se contenter d'un petit horizon. Il y a des limites à cet horizon, c'est pourquoi un village se désagrège et développe des troubles intérieurs dès qu'il devient trop grand. Mais les groupements humains, en tant que tels, doivent avoir tout de même une idée du monde qui s'étend au-delà de cet horizon, afin d'éviter les idées fausses, les superstitions, la xénophobie.
          Voila pourquoi chacun d'entre nous mène une vie paisible et équilibrée dans le petit horizon de son village (où il n'est responsable que de lui-même et des personnes qui l'entourent), et d'autre part, s'il en est capable, une vie plus élargie, au-delà du village, en travaillant pour la communauté, mais, encore et toujours, pour l'individu et non pour les idées.

          J'ai pris le parti de citer longuement le texte, pour qu'on puisse juger sur pièces au lieu de penser que j'affabule. Mais comparez Bradley à Goldsmith, à Fournier, à Gébé : on y retrouve la même chose. Et ce n'est pas sans malice que j'ai exhumé cette (vivante) pièce de musée : à l'intention de tous les jeunes fans de la new wave qui pensent que seuls leurs écrivains favoris ont tout inventé et qu'ils ont le monopole de la subversion (par les seules vertus du style, mon cher Bertrand ?), je suis bien aise de produire un texte véritablement neuf, et véritablement subversif, écrit il y a vingt ans par une dame qui doit être aujourd'hui grand-mère et qui — comble d'indignité, mon cher Goimard — (ou ayant succombé a l'imprégnation de l'idéologie dominante ?) a signé par la suite le manifeste des écrivains de SF approuvant l'intervention américaine au Vietnam...
          Mais qui a jamais prétendu que tout était simple sous le soleil ? Bien sûr, et vous m'attendez au tournant, cette subversion toute littéraire n'a pas fait craquer l'Amérique des années 50 et, que je sache, on n'a pas instauré là-bas l'an 01 grâce aux seules vertus de Mme Bradley. Mais il ne me semble pas non plus que les pittoresques aventures de Jerry Cornélius aient beaucoup inquiété les marchands du temple...
          Cela doit tout simplement nous montrer que, vieille vague montante ou nouvelle vague descendante, l'écriture, plate ou atomisée, n'a pas grand pouvoir, sinon aucun. Un peu de modestie, chers confrères !


D'une réalisation,


De l'information,


De la récupération...


Et une douzaine de points de suspension


          L'an 01 concrétise le désir d'une « autre vie » de tous ceux qui, du lycée à la chaîne, ressentant cette nouvelle maladie sociale, ce symptôme de rejet qu'est le « ras-le-bol ». Il y a paraît-il en France 600 000 jeunes ou moins jeunes qui ont décroché (ou jamais accroché) et vivent de travaux parcellaires, quand ce n'est pas en faisant la manche. Sur ce nombre, une assez faible proportion sans doute ont véritablement fait ce pas de côté qui consiste à retaper une vieille maison en Ardèche ou ailleurs pour y vivre des produits de son sol — en somme de fonder sa « commune » à la californienne. Tous ceux qui ont ce désir de ficher le camp, de vivre autrement (syndrome de fuite, solution strictement individuelle et non processus révolutionnaire, ne nous leurrons pas), auront été intéressés (ou irrités) par les deux reportages sur Auroville, l'un écrit et publié dans le n° 432 du Nouvel Observateur (19 février), l'autre filmé par une équipe d'INF 2 et programmé à la télévision le 26 février.
          Auroville, c'est la ville nouvelle conçue pour un « homme nouveau », fondée à 20 km de Pondichéry, en Inde, sur les idées d'un sage indien mort en 1950, Aurobindo Gosh, et d'une Française, Mira Richard, surnommé « la Mère ». Subventionnée par l'UNESCO, le gouvernement indien, et vivant aussi des dons faits par ses nouveaux habitants, Auroville regroupe aujourd'hui 50 000 personnes venues de 65 pays, qui essayent de construire en commun la cité du futur où il n'y aura pas d'école, où rouleront des voitures électriques et où l'homme nouveau ne connaîtra ni l'argent, ni les passeports, ni la propriété. Laboratoire, utopie en vase clos, Auroville semble aussi avoir de graves côtés négatifs : on y vit dans l'adoration de « la Mère » dont les portraits sont partout et dont les pensées doivent être suivies par tous, on y prêche l'ascétisme et même la chasteté (en ce qui concerne tout au moins les constructeurs du Matrimandir, temple central vers où convergent les grands axes de la cité), et, plus blâmable encore, Auroville n'est guère qu'une enclave à population en majorité européenne, qui se développe au milieu des autochtones tamouls qui fourniraient de la main-d'œuvre à très bon marché...
          Quoi qu'il en soit, il est bien difficile de juger Auroville sans y être allé. C'est une expérience, mais probablement rien de plus que cela, et en tout cas pas LA solution. Restons pour quelques lignes encore devant le poste de télévision, afin de signaler une série de cinq émissions du Service de la Recherche de l'ORTF dans le cadre de Un certain regard, et intitulées Le grand virage. Consacrées principalement à l'environnement, à la pollution, au concept de la croissance et à un reportage sur la conférence des Nations Unies de Stockholm de l'été 1972, Le grand virage, bien que partant sans doute d'un louable souci d'information, ne pouvait que passer par-dessus ou à côté du grand public, par ses modalités de diffusion, par son système de réalisation, et par son souci d'objectivité...
          Diffusion : le dimanche vers 22 h 15, tard, et en même temps que le Ciné-club de la deuxième chaîne. Réalisation : un montage très morcelé, se voulant à la fois dialectique et didactique, de personnalités pourtant de première importance (mais non présentées au public) comme Barry Commoner, Ivan Illich, Paul Ehrlich, mais ne pouvant que dérouter un auditeur non au fait des problèmes traités. Objectivité : le pour mélangé au contre (Valéry Giscard d'Estaing, l'inoubliable Poujade, un Paul-Emile Victor très ambigu), ce qui ne pouvait que brouiller davantage les esprits. Bref, un coup d'épée dans l'eau saumâtre, qui peut aussi être mis sur le compte d'une certaine récupération. Je n'aime pas beaucoup ce terme, un peu trop à la mode lui aussi, et applicable à n'importe quoi n'importe comment et en n'importe quelle circonstance, mais il est de fait que la pollution et l'environnement sont traités aujourd'hui à n'importe quelle sauce, et que ça se vend bien. Et à l'information rigoureuse tend à se substituer un raz-de-marée informel, une surinformation qui peut fonctionner à la manière d'un brouillage : collections, revues, émissions se multiplient, où il devient bien difficile de retrouver ses chatons.
          Du côté fiction, c'est la même chose : que ce soit au Fleuve Noir (La septième saison de Pierre Suragne ou 1973... et la suite de Richard-Bessière) ou dans les collections pour la jeunesse (La ville sans soleil de Michel Grimaud à « Plein Vent »), on se précipite sur une veine ouverte et riche. Je ne veux pas du tout accuser les auteurs cités de profiter d'une mode, de aire de la récupération 4 ; je préfère croire qu'il existe une sensibilisation réelle à certains thèmes, qui fait naturellement éclore sur le papier — et c'est tant mieux ! — divers ouvrages romancés, le talent étant là pour départager les partants.
          Un roman pourtant mérite d'être sorti du lot de ceux ayant pour thème principal ou secondaire l'environnement : il s'agit de Les mille de Rita Kraus, qui me paraît exemplaire de ce que peut être une récupération bien menée ou, mieux encore, une exploitation en bonne forme... En gros, il s'agit de la naissance et de l'échec d'une sorte d'an 01 à l'échelle planétaire : parce que des émanations de provenance industrielle ont tué cinq cents personnes dans San Fernando Valley, en Californie, la population mondiale s'émeut, la jeunesse se révolte, la machine de production se grippe un peu partout. Mais les puissants de ce monde reprennent lentement, doucereusement, les choses en main, et, après le vote à l'ONU d'une « Charte de Disney World » sur les limitations à apporter à la croissance, tout revient peu à peu « à la normale ». Ce roman récupéré a pour sujet, comme on le voit, la récupération elle-même — ce qui est d'un certain réalisme, d'une certaine originalité et, à tout prendre, d'un courage satirique qui devrait nous réjouir. Mais... (et je rejoindrai là les théories chères à mon adversaire prioritaire Bertrand) il ne suffit pas d'avoir de bons sujets, il faut voir encore comment ils sont traités. En d'autres termes, et je rechausse ici mes bottes rouges de combat, il faut savoir lire le discours de l'œuvre, c'est-à-dire son idéologie, qui est en quelque sorte le ciment des pierres du récit.
          La première chose qui frappe, c'est le procédé qui consiste à choisir comme personnages privilégiés de l'histoire des gens réels, vivants, « en vue ». Les mille du titre, ce sont Spiro Agnew, Georges Séguy, Bob Hope, Vo Nguyen Giap, Jacques Monod... et 995 autres choisis par l'auteur. Ce procédé n'est peut-être rien d'autre qu'une astuce littéraire, mais il accrédite tout de même l'idée que la destinée de l'homme est aux mains de quelques « grands de ce monde » qui le dirigent suivant leur humeur, leurs caprices, leurs maux d'estomac : rien n'est moins matérialiste comme méthode historique ! Et même s'il ne faut pas retenir un aussi noir dessein, reste cet aspect journalistique, sensationnaliste, élitaire, qui personnellement me reste dans la gorge... 5 D'autre part, là où l'auteur se révèle entièrement, c'est dans le détail des portraits, où les coups sont généreusement distribués à gauche et quasi inexistants à droite. Cela peut aller d'un insidieux racisme (« l'Américain d'origine levantine Ralph Nader ») au « trait d'esprit » digne de Minute ou du Crapouillot (« Jane Fonda qui, à force de se dénuder sur l'écran, avait découvert sa vocation de sans-culotte sous le cache-sexe de Barbarella »), pour aboutir à ce qu'on peut considérer comme de la pure et simple diffamation (sur Aragon) : « Depuis qu'il avait fermé les yeux d'Elsa (Triolet)... il léchait goulûment les vitrines de Pierre Cardin sur le faubourg, accompagné d'un damoiseau qui lui servait de bâton de vieillesse, probablement. Veuf, il se sentait Grec » (p.164).
          Cela sans doute, même s'il en sort des relents de pissotière, n'est peut-être pas très grave, d'accord. La satire de l'URSS touchée par la décroissance, où le stakhanovisme est désormais considéré comme pernicieux, ou « le refus de se réjouir en groupe sera sévèrement puni », et où l'absentéisme sera toléré en tenant compte du fait que « les membres du Parti bénéficieront de tours de priorité », peut même être considérée comme assez drolatique. L'auteur touche même juste en faisant dire à un syndicaliste désolé : « Les organisations syndicales ne survivront pas à l'effritement des masses laborieuses. » (Même le vocabulaire y est !)
          Mais que dire d'un tel dédain affiché en d'autres endroits envers les intellectuels : « Que la recherche scientifique, partout, manquât scandaleusement de crédits ne les (les journalistes de gauche) outrageait pas autant que le fait que le balayeur, qui appartenait rarement à l'espèce des génies méconnus, dût se contenter de boire du vin rouge au bistrot du coin au lieu de s'abreuver de scotch » (p.305).
          ... et le prolétariat : « Et, tandis que la stupidité et sa compagne habituelle, la veulerie, s'épanouissaient à loisir, l'intelligence était devenue une tare dont il convenait désormais de rougir et la sensibilité constituait un affront à la conscience collective des masses laborieuses, occupées dans le monde entier à digérer leur beefsteak pommes frites » (p.299).
          Mme Rita Kraus (mais son tour de phrase est si masculin qu'on a des doutes quant à ce qui peut se cacher sous ses jupes), on l'aura vu, est dame d'esprit. Mais cet esprit, à cheval sur le pamphlétaire et le crapuleux, est celui qui souffle de l'extrême droite depuis un demi-siècle. Je ne m'en étonne pas : la Table Ronde, où son roman est publié, a toujours abrité de singuliers hussards et des cavaliers seuls qui, bien que l'espèce s'en raréfie, ont toujours, semble-t-il, l'haleine fétide sous les dorures du langage. Politique-fiction ou environnement-fiction, Les mille, par-delà une ressemblance en surface des thèmes, est tout le contraire de L'an 01 : car, au temps de la fraternité, s'est ici substitué insidieusement le temps du mépris.
          Je termine ces lignes le jour même où je lis dans Le Monde qu'un troisième groupe de neuf missiles stratégiques va être installé en Haute-Provence, sur le plateau d'Albion. En 1976, les missiles auront des « performances opérationnelles » accrues, et en 1980 sortira un engin qui « aura une capacité de pénétration améliorée, c'est-à-dire qu'il sera doté de charges multiples ou de têtes servant de leurres pour saturer ou tromper un réseau de défense adverse ».
          Ce pourrait être de la science-fiction. Ce n'en est pas : c'est la vie, comme l'écrit Kurt Vonnegut.


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          Repères bibliographiques

          Changer ou disparaître, par The Ecologist : Fayard-Ecologie.
          Il est fou, il est trop intellectuel, l'an 01, par Gébé : Editions du Square, série « Bête et Méchante ».
          Marée montante, par Marion Zimmer Bradley : Fiction nos 40, 41 et 42 ; réédition (sous le titre : La vague montante) : Marabout Science-Fiction, n° 345 (in le recueil Après la guerre atomique).
          Les Mille, par Rita Kraus : La Table Ronde.

Notes :

1. Se reporter à Quelle fin du monde choisir ?, in Fiction n° 224.
2. Repris en album aux Editions Hara-Kiri.
3. Voir Utopies et civilisation par Gilles Lapouge.
4. Ou alors je devrais me mettre le premier sur la sellette !
5. Mais Barjavel lui-même dans Le grand secret...

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