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The Last Interview of Jean-Pierre Andrevon

Philippe COUSIN

Le Citron hallucinogène n°15bis, juillet 1980

     Lundi matin. Au retour d'un week-end enchanteur dans ma maison de campagne, j'entends mon téléphone qui sonne. Il y a de la friture, mais je parviens à reconnaître la voix de Bernard Blanc. Avec son accent à couper à la tronçonneuse et le brouillage des Renseignements Généraux, ce n'est pas facile de comprendre ce qu'il dit, mais j'y parviens à peu près. J.P. Andrevon est mort 1. Ah ? dis-je. C'est vrai qu'il était vieux. Bernard, qui sait qu'il était mon ami, me demande un papier pour le Citron. Pressé, je cours demander au petit monde de la SF et de la chanson — écoles dont Andrevon était le phare — ce qu'ils en pensent.

     Philippe Curval : « L'EDF a vaincu. Tu me rappelles et on se fait une bouffe ? »
     Elizabeth Gilles, directrice de Présence du Futur : « Je vais peut-être pouvoir vous prendre maintenant qu'il est mort. »
     Robert Louit (Calmann Levy) : « Qui ça ? »
     Joëlle Wintrebert : « Un amant excep­tionnel. »
     Yves Frémion : « Un concurrent dan­gereux »
     Rolf Kesselring : « Je lui devais de l'argent ? »
     Michel Jeury : « Ce sont les meilleurs qui partent »
     Pierre Pelot : « II écrivait mieux que moi, mais j'en ai écrit plus que lui. »
     Pierre Christin : « Son dernier dessin fut pour moi »
     André Ruellan : « Un garçon remar­quable »
     Gérard Klein : « Une perte irréparable »
     Véronique : « Je lui dois tout. »
     Michel Bülher : « Un Suisse authentique »
     Monsieur Denoël : « Qu'est-ce qu'on a pu gagner comme fric avec lui ! »
     Georges Wolinski : « Irremplaçable. Garçon sérieux et compétent. »
     Georges Bernier (Prof. Choron) : « La dernière fois que je l'ai vu, il faisait du sit-in pour se faire payer les deux briques que je lui dois. Beaucoup d'allure. »
     Antoine Griset : « Notre précurseur à tous. »
     Alain Dorémieux : « Mon fils spirituel »
     Catherine Derain : « Un merveilleux cri­tique »
     Versins : « J'aimerais sa momie pour mon musée »
     Charles Hernu : « Mon pire ennemi »
     Jacques Sternberg : « Quand ça ? »
     G. Barlow : « Grenoble est en deuil »
     François Mitterand : « II a beaucoup cru en la gauche »
     Daniel Riche : « Damned ! »
     Béatrice Arnac : «  »
     Mariane Lecomte : « Qui le remplace ? »
     Le festival d'Avoriaz : « Meeeeerde ? ? ! ! »
     Le festival de Bourges : « Ooooooh noooon ! ! ! »

     Voilà. Une étoile a disparu. La chanson française est en deuil. La SF française est pleine de courants d'air. Et moi, qui étais son ami, j'ai rendez-vous avec sa femme.


Notes :

1. Pour le lecteur mal informé et afin d'éviter tout malentendu, précisons que cet article était un « gag » (note de nooSFere)

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Biographies, catégorie Bios

 
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