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Questions à Mélanie Fazi

Lucie CHENU

nooSFere, décembre 2004

          Mélanie, en à peine un peu plus d'un an, tu as publié Trois pépins du fruit des morts,un roman axé sur l'adolescence, Serpentine, un recueil de nouvelles dont beaucoup tournent autour de l'adolescence ou de l'enfance, et maintenant, Arlis des forains, dont le personnage principal est un enfant. Tu as reçu le prix Merlin deux fois, pour ta nouvelle Matilda et pour Trois pépins du fruit des morts, et le Grand Prix de l'Imaginaire catégorie nouvelles pour l'ensemble du recueil Serpentine. Alors plusieurs questions me viennent à l'esprit :

          Tout d'abord, comment se fait-il que ces trois livres aient été publiés dans un laps de temps si court ?

          C'est un concours de circonstances. Les trois livres, en tout cas, ont été écrits sur une période de plusieurs années. En 2002, je venais de finir Trois pépins du fruit des morts quand j'ai rencontré Fabrice Bourland qui m'a parlé de la collection fantastique qu'il préparait chez Nestiveqnen. Comme il avait lu mes nouvelles dans des anthologies, il m'a demandé de lui envoyer quelque chose et Trois pépins a été accepté très vite. À peu près en même temps, Stéphane Marsan a lu Arlis des forains (dans sa version précédente, assez différente de celle qui vient de paraître) et décidé de le publier. Deux ou trois mois plus tard, Léa Silhol, avec qui j'avais déjà travaillé, me proposait de préparer un recueil pour la collection Épreuves chez l'Oxymore. Ensuite, il a fallu le temps que Nestiveqnen lance la collection fantastique, que Bragelonne mette en place la collection demi format et que je retravaille Arlis qui demandait un remaniement assez important. Serpentine a été finalisé assez vite (la plupart des textes étant déjà écrits) mais la date de sortie a été fixée de manière à éviter que le recueil sorte en même temps que Trois pépins.


          En quoi la première version d'Arlis était-elle si différente de l'actuelle ? Plutôt le style ou l'intrigue ?

          L'intrigue, très nettement. Même si j'ai retouché certains passages plus anciens pour « lisser » le style. Comme il s'est écoulé cinq ans depuis la rédaction de la première version, j'avais presque l'impression de corriger un texte écrit par quelqu'un d'autre. Comme si j'avais écrit ce roman à quatre mains, en quelque sorte : la personne qui l'a terminé n'est plus celle qui l'a commencé. En le relisant pour le retravailler, j'ai pris conscience des changements intervenus pendant ces quelques années, c'était assez troublant.

          Au départ, en 1999, il y avait une nouvelle assez longue. Et l'année suivante, c'est devenu un roman qui gardait la même structure et la même intrigue centrale. Tout ce qui concerne la présentation des personnages et du contexte, dans la version actuelle, s'y trouvait déjà. La fin était également la même. Mais quelque chose sonnait faux au niveau de l'intrigue, elle donnait l'impression de deux textes différents qui évoluaient en parallèle sans vraiment se rencontrer. C'est Stéphane Marsan, chez Bragelonne, qui a mis le doigt sur le problème en me disant qu'il fallait que le fantastique naisse réellement des personnages pour que le roman soit cohérent. L'an dernier, j'ai donc retravaillé l'intrigue dans ce sens. J'ai gardé une partie des scènes de « manifestations surnaturelles », mais le contexte dans lequel elles surviennent est totalement différent. Un tiers environ de la version publiée a été réécrit l'an dernier. Le déclic s'est produit autour du personnage de Rosie, qui était absent des versions précédentes (je ne peux pas en dire plus sans dévoiler toute l'intrigue).


          L'enfance est un thème que tu abordes beaucoup, dans tes romans comme dans certaines de tes nouvelles. Penses-tu avoir encore beaucoup à dire à ce sujet ?

          Je me pose justement la question en ce moment. Pour l'instant, j'ai plutôt envie d'écrire des textes consacrés à des personnages adultes. J'ai peur de finir par me répéter, mais je ressens aussi le besoin de passer à autre chose. Trois pépins, notamment, a été un texte étouffant à porter. Cela dit, je sais que je n'ai pas fini de régler tous mes comptes avec mon enfance et mon adolescence, et que l'envie ou le besoin d'écrire sur le sujet reviendra tôt ou tard. Ces sont des périodes qui ont une influence énorme, presque effrayante, sur la vie qu'on mène une fois devenu adulte. Mais pour l'instant, je préfère prendre un peu de recul.


          Si Trois pépins a été étouffant à porter, cela t'a-t-il soulagée de le voir publié ? Exorcise-t-on quelque chose à la parution d'un livre ?

          Je dirais plutôt qu'on ne peut aborder un thème que quand on se sent prêt à l'analyser avec du recul, et qu'on a donc déjà commencé à s'en défaire. Ce qui m'a frappée avec ce roman, ce sont les personnes qui m'ont dit avoir retrouvé à la lecture les sensations de leur propre adolescence. Alors que j'avais vraiment puisé dans des souvenirs précis, c'était un texte très personnel d'une certaine manière : pas le portrait d'une ado archétypale, de mon point de vue, mais de celle que je me rappelle avoir été. C'est fascinant de découvrir qu'en parlant de soi au départ, on peut finir par toucher à quelque chose d'universel. Adolescent, on s'imagine toujours que notre expérience est unique, que personne ne nous comprend. Et on s'aperçoit une fois adulte que ce n'était pas le cas. Dommage qu'on s'en rende compte si tard, ça pourrait rendre cette période un peu moins pénible à traverser.


          Es-tu une auteure rapide, prolifique ?

          Pas du tout, malheureusement, même si je sais que la sortie rapprochée de mes trois livres a pu donner cette impression. En fait je suis capable de rédiger assez vite quand un projet est bien défini dans ma tête, mais il me faut longtemps pour en arriver là, même pour une nouvelle de dix pages. À de rares exceptions près, comme ma nouvelle La cité travestie conçue et rédigée en moins d'une semaine, un record pour moi. Très souvent, j'ai un point de départ, qui va être un personnage, une scène ou un décor, et je tâtonne longtemps avant d'avoir l'impression que tous les éléments se sont mis en place. C'est-à-dire pas simplement une histoire ou une succession d'événements, mais une logique interne qui donne son équilibre au texte. Pour prendre un exemple précis, j'ai eu ce problème avec ma nouvelle En forme de dragon parue dans l'antho Rock Stars : je suis restée bloquée un moment dessus alors que je cernais très bien les personnages et l'ambiance, je savais très précisément ce qui s'y passait, mais je ne comprenais pas pourquoi. J'ai eu un déclic quand j'ai compris que la relation père-fille décrite dans le texte devait, à la fin, devenir un rapport de pouvoir né de la jalousie. À partir de là, le texte était prêt, mais sans cet élément, cette « dernière couche de peinture » en quelque sorte, je ne pouvais rien faire. Ensuite, comme l'écriture est souvent la partie la plus étouffante du procédé, j'essaie de terminer le premier jet très vite.


          À propos de Rock Stars, tu m'avais dit à l'époque (dans Univers & Chimères n°1 éprouver une « véritable fascination pour tout ce qui touchait à la musique, aux instruments, au fonctionnement d'un groupe », mais que tu écrivais sur la musique par défaut, parce que tu ne croyais pas musicienne. Penses-tu que ton talent d'écrivain est une chance qui te permet de vivre autre chose ? de te créer d'autres vies ?

          J'adore écrire sur certains sujets qui me fascinent mais le point de vue reste fatalement le mien, même quand j'essaie de me glisser dans la peau de personnages au vécu très différent. En ce qui concerne la musique, j'ai sans doute plus approché de l'objet de cette fascination en allant à des concerts, en rencontrant parfois les membres des groupes que j'admire, qu'en écrivant sur le sujet. Mais je compte y revenir de toute manière, je suis loin d'avoir fait le tour du sujet. Je m'aperçois que j'ai une approche encore très adolescente de la musique, une manière de m'immerger totalement dans ce que j'écoute : ça me permet entre autres de retrouver les émotions qui m'ont poussée à écrire en premier lieu. Et ça reste ma source d'inspiration principale.


          Quelle(s) musique(s) ? Est-ce que chacun de tes livres, est marqué par une musique particulière ? Est-ce que différentes musiques t'inspirent différents thèmes ou styles ?

          En gros, la plupart des disques que j'écoute se classent dans le rock ou la pop, avec souvent une influence du blues ou de la country. Certains textes vont être marqués par l'ambiance d'un disque ou d'une chanson, mais c'est souvent plus diffus. Je fonctionne plutôt par associations d'images ou de scènes avec des chansons. Ou parfois ce sont des paroles qui m'intriguent et que je réutilise de manière plus ou moins directe. Pour les nouvelles, je me passe souvent une poignée de chansons en boucle, et pour le roman, je m'enregistre carrément une « bande originale » d'une vingtaine de titres qui accompagne la rédaction. Le lien entre la musique et le style de mes textes n'est pas forcément évident, je ne suis même pas sûre que d'autres personnes verraient le rapport.


          Et qu'est-ce que tu écoutes ces temps-ci (décembre 2004) ?

          En ce moment j'écoute beaucoup PJ Harvey, sans doute l'artiste dont la musique me touche le plus. Parmi les disques que j'ai écoutés récemment, il y a en vrac : Hejira de Joni Mitchell, qui a une ambiance réellement fascinante, Miami du Gun Club, le dernier Marianne Faithfull, le dernier Tom Waits, une compilation de Johnny Cash, un album du Wu-Tang Clan acheté par curiosité et qui me plaît beaucoup. Plus des choses que des amis m'ont fait découvrir, comme les Ramones ou divers échantillons de musique classique (un domaine que je connais encore mal).


          Tu es aussi traductrice, est-ce que cette activité ne te prend pas trop de temps que tu pourrais consacrer à l'écriture ?

          Le temps ne m'a jamais posé problème, même dans les périodes où je suis très occupée. Quand un texte est prêt à être rédigé, je me débrouille toujours pour trouver le temps. Mon problème, comme je le disais plus haut, ce sont les idées. C'est vrai qu'à ce niveau, la traduction n'arrange peut-être pas les choses, même si j'ai un peu de mal à m'en rendre compte. J'ai travaillé trois ans comme standardiste dans un hôtel, un boulot que je détestais mais qui me permettait de rêvasser quand il n'y avait pas trop de travail. Mes idées me venaient plus souvent là-bas que chez moi. La traduction est une activité plus agréable, mais qui demande une plus grande concentration. Donc quand je suis devant mon clavier pour traduire, je peux difficilement penser à autre chose. J'essaie de me ménager du temps pour me balader, aller au cinéma, écouter de la musique : c'est là que l'inspiration me vient, plus souvent que quand je reste plantée devant mon clavier.


          La musique et le cinéma sont en effet toujours présents dans tes œuvres. Certains films ont-ils plus marqué la genèse d'Arlis ?

          Le déclic pour ce roman m'est venu en allant voir le film de Terence Malick, Les Moissons du ciel, qui était ressorti sur grand écran en 98 ou 99. J'ai le souvenir très net d'être sortie du cinéma avec l'image de ces champs de blé à perte de vue, d'avoir traversé le Quartier Latin en écoutant un album des Go-Betweens dans mon walkman et d'avoir commencé à cogiter. Les personnages sont nés ce soir-là et tout le décor s'est construit autour de l'image des champs de blé. Sinon, je crois que pour ce roman, mes influences étaient plus musicales et littéraires que cinématographiques. Il y avait aussi l'envie de retrouver l'ambiance de ma nouvelle Le nœud cajun, ce Sud des États-Unis que je ne connais que par les livres et les films. D'autres personnes ont souligné des ressemblances avec des livres ou des films, La Nuit du chasseur par exemple, mais ce n'était pas conscient de ma part.


          Quel effet cela fait-il d'être primée aussi souvent, aussi unanimement, pourrait-on dire, par les lecteurs et les professionnels du livre ?

          Les réactions ne sont pas aussi unanimes que tu as l'air de le dire, notamment sur mes deux romans où les avis ont été très divers. Mais ce qui est vrai, c'est que j'ai reçu énormément d'encouragements, et que l'enthousiasme de certaines personnes m'a beaucoup surprise. C'était d'autant plus net sur Serpentine, j'ai senti que ce livre avait réellement touché des lecteurs, d'une manière qui m'étonnait un peu. Par moments, j'ai eu l'impression que ce livre m'échappait, je ne comprenais plus très bien ce qui se passait. J'ai été touchée aussi par la façon dont certains lecteurs m'ont suivie d'un livre à l'autre : ce n'était pas seulement un livre qui leur avait plu, mais un univers ou une ambiance qu'ils voulaient retrouver. Évidemment, c'est toujours difficile de se faire une idée de l'accueil réel que reçoit un livre, parce que les retours des lecteurs sont finalement peu nombreux, et que les avis varient énormément et se contredisent souvent. Mais ce que je retiens de l'expérience pour l'instant, c'est d'avoir reçu des encouragements très précieux qui me poussent vraiment à continuer.


          Ambiance, le mot est tout trouvé. On t'a comparée à un peintre ; on parle, à propos de ton écriture, de « demi-teintes » et de subtilités. Est-ce que tu trouves que ces qualificatifs te correspondent bien ?

          Oui et non. C'est-à-dire que j'aime bien, en effet, planter un décor par petites touches pour le rendre palpable, essayer d'obtenir une texture particulière. Mais je travaille aussi beaucoup sur les émotions, parfois assez violentes, et l'approche que j'essaie d'avoir par rapport à ça s'accommode assez mal de la demi-teinte. Je pense par exemple à la nouvelle Matilda, reprise dans Serpentine : pour que ce texte fonctionne, il fallait m'y plonger à fond, tout jeter à la figure du lecteur en quelque sorte. C'était la seule manière possible de rendre ce texte efficace et crédible.

          Sinon, c'est vrai que je suis très visuelle pour mes décors, j'ai besoin de les imaginer précisément pour pouvoir les planter, mais je n'associe pas ça à la peinture. Ce n'est pas la forme d'art qui me touche le plus, en fait. Même si je sens que ça pourrait évoluer dans les années à venir. Simplement, ça me touche de manière moins directe que la musique ou la littérature.


          C'est vrai que Matilda était au départ parue dans l'anthologie de Daniel Conrad intitulée Douces ou Cruelles ? ! Cela signifie-t-il que tu es capable de violence ou de cruauté dans tes écrits ?

          Je crois que mes textes sont généralement assez sombres mais je ne sais pas s'ils sont vraiment violents. Ou alors il s'agit d'une violence des sentiments, mais l'écriture reste assez posée. J'adore décrire très calmement des situations qui sont glaçantes à la base, par exemple une sorte de renoncement à la fin d'un récit fantastique, le moment où un personnage accepte son sort, voire s'en réjouit. Je trouve ça plus efficace et dérangeant qu'une classique confrontation du type « le bien contre le mal » (peut-être ce que je déteste le plus en littérature). Cette idée de franchir une limite après laquelle on est prêt à tout accepter... Pour en revenir à la violence, je me vois mal écrire des pages de descriptions gore, je préfère nettement suggérer. Plusieurs personnes m'ont reparlé d'une image de ma nouvelle Nous reprendre à la route qui leur avait semblé marquante, une description en trois phrases d'accidentés de la route. Je crois que si j'avais développé plus longuement, la scène aurait perdu de son impact.


          Qu'est-ce qui, au départ, t'a poussée à écrire Arlis des forains ? Éprouves-tu un intérêt particulier pour le monde du voyage ?

          C'est un sujet qui m'intrigue et me fascine, mais qui en même temps ne me passionne pas particulièrement. Pas assez pour expliquer que j'aie choisi de faire de mes personnages des forains. J'ai du mal à me rappeler les raisons de ce choix, il me semble que c'était venu assez naturellement, parce que ça collait bien avec le type d'ambiance que je cherchais. Et ça permettait de parler d'isolement, d'absence de racines, d'autres thèmes qui m'intéressaient.


          La façon de parler d'Arlis, qui est le narrateur, n'est pas tout à fait celle d'un enfant, et pourtant les sentiments et les sensations exprimés sont bien, eux, ceux d'un enfant. Cet effet est-il voulu ? Dans ton esprit, combien de temps après les événements, Arlis raconte-t-il son histoire ?

          C'est un choix volontaire, oui. Même si sur le moment, je ne l'ai pas formulé en ces termes, ça s'est juste imposé naturellement. En commençant la toute première version, j'avais essayé de coller à la façon de parler d'Arlis, mais ça sonnait faux. Et surtout, je m'étais aperçue que ça rendrait certains passages impossibles à rédiger. Je voulais développer des sensations, des émotions qu'un gamin de onze ans peut éprouver sans avoir nécessairement les mots pour les décrire. Dans mon idée, la voix est effectivement celle d'un adulte, je suppose donc que c'est celle d'Arlis se repenchant sur son histoire des années plus tard, et cherchant à retrouver précisément ses émotions d'alors. Mais je n'avais pas envie d'être plus explicite, ne serait-ce que parce que j'ignore totalement ce qu'il devient après les événements décrits dans le roman. C'est en tout cas un choix narratif qui a intrigué pas mal de lecteurs. On m'interroge souvent là-dessus, ou alors on me fait remarquer que la voix employée n'est pas celle d'un enfant.


          Il y a une sorte d'intemporalité dans ce roman plus encore que dans Trois pépins du fruit des morts, le lieu aussi reste flou pendant longtemps. Est-ce dû au fait qu'Arlis est nomade ?

          Non, plutôt au fait d'avoir situé ce roman dans une Amérique imaginaire, un endroit qui n'existe pas vraiment. J'ai construit ce décor à partir d'une foule de souvenirs de livres et de films, je pense par exemple à Carson McCullers, Harper Lee ou aux premiers livres de Poppy Z. Brite. Du coup, je n'arrivais pas à me fixer sur une époque, je voyais ça comme un paysage hors du temps, un lieu un peu reculé. J'ai gardé un flou volontaire sur l'époque où se déroule le roman. Pour moi, ça pourrait être aussi bien de nos jours qu'il y a trente ans.


          Certaines choses restent inexpliquée à la fin du roman et cela donne très envie d'une suite, qui pourrait se passer tout de suite ou longtemps après. Comptes-tu satisfaire ce souhait de tes lecteurs ?

          Je ne crois pas, même si on me pose souvent la question. Comme je le disais, j'ai créé ces personnages il y a cinq ans et j'ai eu du mal, l'an dernier, à me replonger dans cette ambiance. Mes centres d'intérêt ont changé depuis, ma façon d'écrire aussi. Je suis surtout soulagée, pour l'instant, de pouvoir enfin lâcher ces personnages et passer à autre chose. Mais peut-être qu'avec le recul, j'aurai des idées de nouvelles où les mettre en scène. En tout cas, je ne pourrais plus leur consacrer tout un roman. D'autant que je n'ai pas envie de savoir moi-même ce qui se passe ensuite. J'aime les fins un peu ouvertes, je sais simplement qu'Arlis n'aura pas la vie facile après la décision qu'il prend à la fin du roman. C'est tout ce que je veux savoir.


          Quels sont tes projets actuels ? Es-tu plus tentée de revenir à l'écriture de nouvelles, ou l'expérience des romans t'a-t-elle totalement convertie ?

          J'aimerais bien écrire un troisième roman mais je ne m'en sens pas capable tout de suite. Enfin c'est difficile à prévoir : si ça se trouve, j'aurai un début de projet dans deux semaines ou deux mois... Je n'ai pas beaucoup écrit depuis un an, à part une dramatique radio pour France Culture, vu que la sortie des trois livres m'a pris pas mal d'énergie. Mais je me suis remise à écrire des nouvelles récemment. J'ai quelques embryons d'idées et des envies d'écriture, j'attends de voir ce qui va en sortir.

Propos recueillis par courrier électronique en décembre 2004
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