Site clair (Changer
 
  Base de données  
 
  Base d'articles  
    Fonds documentaire     Connexion adhérent
 

Questions aux traducteurs

Lucie CHENU

Onire.com, janvier 2003

Page 19 sur 22. Revenir page 18



     1°) Quelle(s) langue(s) traduis-tu, et dans quel sens ?

     Je traduis de l'anglais au français. Je ne peux pas encore traduire du turc au français, mais ça viendra ;-)


     2°) Est-ce que c'est long de traduire un texte de... mettons 100 pages ? Y a-t-il parfois des recherches particulières à faire (je pense à des termes techniques ou anciens, par exemple) ?

     Pour traduire une centaine de pages format poche, par exemple, il me faut bien entre 5 et 10 jours, cela dépend de mon niveau de concentration et des recherches que je dois faire ou non.
     Pour les recherches, c'est une question à laquelle il est difficile de répondre pour moi, parce que je viens juste de commencer la traduction, et pour le moment j'ai traduit un roman de Louise Cooper dans un univers totalement fantasy, donc ne comportant pas de mots excessivement difficile à traduire, et le deuxième que je traduis se trouve dans la même veine. Une nouvelle que j'ai traduite pour Faeries, Le Miroir de Lop Nor, faisait appel à des termes de zoologie marine ou du vocabulaire sur des jeux Inuits, et là, j'avoue, j'ai eu un peu de mal. J'ai dû faire quelques recherches.


     3°) Les éditeurs imposent-ils parfois des contraintes particulières (coupure ou rallonge de texte) ? Les textes sont-ils remaniés ou corrigés après être passés entre tes mains ? Comment est rémunéré un traducteur ? fixe ? droits d'auteurs ?

     Ma faible expérience pour le moment me porte à croire que le traducteur est libre de sa traduction, même si ensuite l'éditeur revoit avec le traducteur des maladresses de style ou des problèmes de cohérence ou de vocabulaire. En fait, avec Nestiveqnen, nous corrigeons ensemble, après une première relecture à la maison d'édition. Pour la rémunération, il y a un barème européen et des standards à appliquer, sauf arrangement particulier, mais en général la traduction est très bien rémunérée.


     4°) Je te connais comme traducteur de romans ou de nouvelles, t'est-il arrivé de traduire des BD, films, où autre chose ? ou de faire de la traduction/interprétation orale ?

     Non, absolument pas. Rien d'autre que de l'écrit, romans et nouvelles. Une fois au téléphone, j'ai traduit un texte français directement en anglais pour l'Association Jean Monnet à Ankara, mais c'était exceptionnel.


     5°) T'est-il déjà arrivé de co-traduire, et comment cela se passe-t-il ?

     Non, jamais.


     6°) Es-tu aussi écrivain(e) ? Si oui, est-ce fondamentalement différent ? Publies-tu sous un autre nom ? Si non, est-ce quelque chose que tu regrettes ?

     Oui, je suis écrivain, je publie sous mon nom, et je pense qu'il est vrai que j'ai des facilités à traduire, comme tout écrivain qui fait ce travail, car les équivalences françaises en expressions familières, en proverbes, manières de parler que l'écrivain connaît peu ou prou nous aident dans le travail de traducteur.


     7°) Que signifient pour toi les termes « sourcier » et « cibliste » et comment te situes-tu dans ton approche de la traduction ?

     Je ne suis pas très familier avec ces termes, mais si le cibliste est celui qui s'échappe du texte en gardant le sens premier du langage originel et si le sourcier est celui qui colle le plus possible au texte, je me situe entre les deux. Je ne peux pas décrire exactement ce que je fais. Je colle au texte, mais je peux changer des phrases pour qu'elles soient plus intelligibles, ou même changer la construction d'un paragraphe pour qu'il soit plus lisible. Il ne m'est jamais arrivé de supprimer du texte en grosse tranches, juste des mots par-ci par-là, ou d'en ajouter.


     8°) Il y a certaines particularités des différents langages qui sont intraduisibles. Par exemple : comment choisir entre le « tu » et le « vous » anglo-saxon ? entre Bilbo Baggins et Bilbon Sacquet ? Comment traduire « axeman » ? Des jeux de mots intraduisibles y compris dans les noms propres ? Y a-t-il d'autres exemples de ce genre dans la (les) langue(s) que tu traduis ?

     Je pense que pour l'anglais, ça dépend surtout du rapport entre les personnages dans le texte. On devine au niveau de familiarité auquel ils sont arrivés entre eux à quel moment il faut changer de « vous » à « tu », ou au contraire, on voit que les personnages restent toujours protocolaires entre eux, ou alors dès le début très chaleureux l'un avec l'autre. C'est une question d'impression, je crois.


     9°) T'est-il arrivé de traduire des textes que tu n'aimais vraiment pas (je ne te demande pas de nom ;-)) et comment l'as-tu géré ?

     Non, je n'ai pas traduit des textes que je n'avais pas aimés, à part peut-être un, mais ce n'est pas que je ne l'aimais pas, c'est juste qu'on me l'a donné à traduire vite, en deux jours. J'aime prendre mon temps.


     10°) Pour ton plaisir, lis-tu des livres en langue étrangère ou non ? Pourquoi ? Et les films ?

     Je lis des livres en anglais, oui, souvent, et je ne supporte plus les films doublés, donc c'est obligatoirement version originale sous-titrée ou non, d'ailleurs. Les séries, idem.


     12°) Quels sont ton pire et ton meilleur souvenir de traduction ?

     M'être pris un razzie cette année pour une nouvelle que j'ai adoré traduire, même si j'avais pris un certain plaisir à le faire. Je ne comprends pas pourquoi, il y a bien quelques maladresses, mais de là à la qualifier de pire traduction de l'année... J'en suis encore perplexe. Mon meilleur souvenir est d'avoir vu le premier roman que j'ai traduit être publié : Louise Cooper, Notre Reine des Neiges.


     13°) Es-tu en contact avec un (ou des) auteur(s) que tu traduis ? Comment est-ce que ça se passe ? Des anecdotes à raconter aux lecteurs d'Onire ?

     Je suis en contact avec Louise Cooper, dont j'ai traduit Our Lady of the Snow, et en train de traduire un autre, The Sacrament of Night, mais nos échanges se limitent à des questions sur certains mots du livre, ou des expressions que je n'arrive pas à décoder.


     15°) Last but not least (super ! je sais au moins dire ça ;-)) Un grand merci à tous de votre participation !


Propos recueillis par e-mail en février 2005 par Lucie Chenu
Aller page 20
Cet article est référencé sur le site dans les sections suivantes :
Articles, catégorie Traduction

Dans la nooSFere : 62614 livres, 58821 photos de couvertures, 57103 quatrièmes.
7958 critiques, 34338 intervenant·e·s, 1333 photographies, 3654 Adaptations.
 
Vie privée et cookies/RGPD
A propos de l'association. Nous écrire.
NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique.
Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres. Trouver une librairie !
© nooSFere, 1999-2018. Tous droits réservés.