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Robert Sheckley : un des grands maîtres de la science-fiction est mort

Jean-Claude VANTROYEN

, décembre 2005

     Un des grands maîtres de la science-fiction est mort, à l'âge de 77 ans : Robert Sheckley l'ironique a rejoint les étoiles

     Robert Sheckley est mort, vendredi dernier, à l'hôpital Vassar Brother Medical Center de Poughkeepsien, dans l'Etat de New York, aux Etats-Unis. Il était né le 16 juillet 1928. Il a succombé aux suites d'une rupture d'anévrisme. Il était hospitalisé depuis le 20 novembre.

     Sheckley était malade depuis longtemps. Durant l'été dernier, il avait dû être hospitalisé en Ukraine. Et c'est un millionnaire ukrainien, fan de SF, qui avait payé son rapatriement. Car Sheckley ne vivait plus que d'expédients. Cet écrivain américain, qui fut une des grandes gloires de la SF des années 50 et 60, n'avait plus de domicile et comptait sur ses amis et fans pour l'héberger, aux Etats-Unis et en Europe.

     Triste fin pour un écrivain qui avait révolutionné le genre dès ses premières nouvelles, en 1952. Et lui avait donné ses lettres de noblesse en lui fournissant un fond d'humour, d'ironie et de philosophie. Sheckley était un peu le Voltaire de la science-fiction. Ce regard biaisé, drôle et profond, sur les sociétés humaines, cette audace d'aller au fond des paradoxes, cette liberté de transcrire les anxiétés de la vie quotidienne, ce sourire au goût amer qu'il laissait sur les lèvres de ses lecteurs.

     «Cette ironie est sans doute une sorte de défense. Je ne suis pas psy, mais c'est la façon dont mon esprit s'exprime.» Nous avions rencontré Robert Sheckley aux Imaginales d'Epinal, en mai 2004. L'enregistrement de l'entretien nous a fait réentendre sa voix. Emouvant.

 

     «L'urgence de me lever»

     Un pessimiste, Sheckley. Les hommes, ça lui fait peur. Pas en tant que tels, mais ce qu'ils sont capables de faire quand ils sont en société. C'est comme la science: contrairement à nombre d'écrivains de SF, Sheckley s'en méfie. Ses nouvelles montrent toujours les dérapages. Comme ces oiseaux robots de «L'oiseau gardien», chargés de réprimer les crimes, qui s'en prennent aussi aux agriculteurs qui tuent les mauvaises herbes. C'est drôle. C'est profond.

     Sheckley a osé utiliser le rire pour appuyer sur la plaie, là où ça fait mal. A Epinal, il parlait des Etats-Unis: «Je n'aime pas ce que l'Amérique fait sous Bush, l'Irak, les emprisonnements sans jugement. C'est horrible. De plus en plus de gens vont se faire tuer en Irak. Et puis, un jour, on rapatriera nos troupes d'Irak et on laissera une situation pire qu'avant.» Que faire? «Ecrire. Aujourd'hui, disait-il l'année passée, j'ai toujours une faim spirituelle d'écrire sur les choses qui me concernent, sur la vie aux Etats-Unis. J'éprouve toujours l'urgence de me lever pour quelque chose.» Et toujours avec humanité, en courtes phrases, en atmosphère. «C'est la façon dont j'écris. Je suis toujours un pèlerin dans ce monde, un enfant dans cette vie.»

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A lire :

- romans : Les erreurs de Joenes, J'ai Lu; La 10e victime, Série noire; La dimension des miracles, Livre de poche

- nouvelles : Tu brûles et Douces illusions, Pocket ; Le prix du danger, J'ai Lu.

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