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L'homme qui aimait les étoiles

Jean-Jacques Nguyen

André-François RUAUD

, 1999

          Il y en a qui tombent dans la science-fiction tout petit, à force d'écumer les rayons des bibliothèques. Jean-Jacques Nguyen, lui, y est venu par l'astronomie : s'étant offert vers 13 ans une longue-vue, il pointa notamment celle-ci en direction de Mars. Puis, écumant les librairies à la recherche d'ouvrages d'astronomie, il eut finalement son regard attiré par un rayon un peu bizarre, plein de bouquins aux couvertures arborant des planètes inconnues et des créatures étranges.

          Curieusement, la passion de Jean-Jacques pour l'astronomie n'est apparue dans sa fiction que très tardivement - il fallu pour cela attendre la parution en février 1996 de sa nouvelle Les visages de Mars, écrite pour le n°118 de Yellow Submarine. Dans un article écrit en introduction de cette nouvelle, Rêves martiens, Jean-Jacques expliquait avoir voulu s'inscrire « au centre géométrique de toutes ces influences, astronomiques et littéraires » : « un récit scientifiquement crédible, sans oublier pour autant la mythologie moderne attachée à la planète rouge ».

          Entre temps, Jean-Jacques était passé de la lecture à l'écriture - mais l'époque (la grise décennie entre 85 et 95) n'était pas tendre avec les auteurs en herbe. Plus aucun support professionnel n'existait en matière de nouvelles de SF. Habité par l'envie d'écrire, Jean-Jacques se tourna donc vers les seuls débouchés existant : les fanzines. Des débouchés qui n'étaient pas forcément à même de le conseiller efficacemment afin qu'il progresse dans son travail d'écrivain - beaucoup de fanéditeurs négligaient totalement le rôle de conseiller au profit du seul acte de publication, sans regard critique - et cependant Jean-Jacques persévéra. Le fanzine qui l'accueillit le plus, Dragon&Microchips, était certainement l'un des moins critiques (comprenez : publiant quasiment tout ce qu'il reçevait), mais paradoxalement c'est cette liberté d'expression, la possibilité de publier de nombreuses nouvelles, qui permit à Jean-Jacques d'affûter sa plume. Au nombre des fanzines qui l'accueillirent alors, il convient d'également citer La Geste et les anthologies Destination Crépuscule, des supports nettement plus sélectifs.

          La science-fiction n'était pas la seule passion de Jean-Jacques : tombé dans une marmite de Lovecraft lorsqu'il était plus jeune, il ne s'en est jamais remis. En témoignent nombre de ses premières nouvelles (quasiment la moitié), relevant du fantastique. Habitué des fanzines, Jean-Jacques se lança à son tour dans la publication de l'un d'eux : le Courrier d'Arkham, fanzine de fictions lovecraftiennes. Sa vie fut assez brève (5 numéros), son succès remarquable. Il permit également au jeune auteur de nouer de nombreux contacts, de mieux connaitre l'amitié et l'intérêt de ce milieu aussi riche que bouillonnant qu'est le fandom SF&F. Reconnaissant qu'il avait révélé un auteur de grand talent, le fanzine Dragon&Microchips sortit finalement deux énormes recueils des nouvelles de son auteur fétiche : Rêves d'Arkham pour la moitié fantastique de l'oeuvre de Jean-Jacques, Rêves d'Ailleurs pour le reste.

          L'époque était enfin revenue des supports professionnels : cette petite renaissance coïncida avec le début de la maturité de l'écriture de Jean-Jacques Nguyen. C'est donc tout naturellement qu'il placa des nouvelles dans la revue Bifrost et dans les anthologies Territoires de l'inquiètude (n°9) et Escales sur l'horizon. Dans cette dernière, L'amour au temps du silicium l'attira vers la lumière des podiums : grand prix de l'imaginaire, prix Rosny aîné, rien que ça. Entre temps était paru son premier ouvrage professionnel, le recueil Les visages de Mars (chez Bifrost/Etoiles vives). Cette réunion de neuf fictions, sous une préface hélas insipide de Serge Lehman, glissait du fantastique à la science-fiction, à l'image de la carrière de Jean-Jacques. Bouclée par un passionnant entretien, elle permettait à un large lectorat de découvrir l'une des nouvelles étoiles qui brillent au firmament de la SF française en plein éveil. Et que dire d'autre ? Jean-Jacques travaille aujourd'hui à un roman, son deuxième recueil est programmé pour le courant de l'an MM chez Bifrost/Etoiles vives. Lisez, appréciez.

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