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Pierre Pelot

Claude ECKEN

Site de la Convention de Lodève, 1999

          Pierre Pelot est né en 1945, dans les Vosges, à Saint-Maurice sur Moselle, où il vit toujours. Il est, depuis trente ans, l'un des plus prolifiques auteurs de science-fiction et de littérature tout court, avec pas moins de 170 ouvrages.
          C'est Hergé qui lui conseillera d'écrire quand, jeune homme, il se destinait à la peinture et la bande dessinée (il a même tenté de vendre, sans succès, ses tableaux sur la place du marché). Au vu de ses planches, le créateur de Tintin lui conseilla de laisser tomber le crayon mais de ne pas lâcher la plume. C'est ainsi que Pierre Pélot (avec accent) publie sept western dans la collection « Marabout Junior » et un recueil de nouvelles dans la collection Bibliothèque Marabout, avant de lancer son héros Dylan Stark sur la piste de l'aventure. Il n'a que 21 ans à la sortie de son premier roman et produit déjà à un rythme de plus d'un titre tous les deux mois (6 en 1966, 9 en 67) ! Le succès est déjà au rendez-vous puisqu'il obtient un premier prix littéraire pour La couleur de Dieu, en 1967 (deuxième aventure de Dylan Stark). Dans ce roman, qui traite du racisme, perce déjà l'auteur révolté de la décennie suivante.
          Marabout ne se portant plus très bien, il décide de diversifier sa production et écrit alternativement pour la jeunesse et pour le Fleuve Noir, sous le pseudonyme de Pierre Suragne.
          Pour la jeunesse, il écrit quelques westerns, puis élargit insensiblement sa palette (Une autre terre est son premier roman S.-F., en 72) pour offrir ensuite des romans "sociaux" traitant des problèmes de la société de l'époque : Le Pain perdu, Le Coeur sous la cendre, Le mauvais coton, Le ciel fracassé, Je suis la mauvaise herbe, Les Étoiles ensevelies, ..., parlent de chômage, de délinquance, d'injustice, de vieillesse et de retraite. Cette fois, les prix littéraires pleuvent (une dizaine) ! Les titres sont conseillés dans les sélections pour la jeunesse. Plusieurs d'entre eux sont adaptés à la télévision. Si le contexte a changé, beaucoup de ces récits restent d'actualité et il est dommage que les éditeurs estiment qu'ils ne correspondent plus à la sensibilité des jeunes d'aujourd'hui!
          Au Fleuve Noir, Suragne est remarqué d'emblée par la critique comme un écrivain prometteur. La Septième Saison, Mal Iergo le dernier, La Nef des dieux, Et Puis Les Loups viendront, Mais Si Les Papillons trichent permettent de le ranger au nombre des auteurs avec lesquels (et sur lesquels) il faut compter.
          Il se met dans la foulée au fantastique à partir de 1972 (La Peau de l'orage, Duz, Je Suis La Brume), aborde le polar en 1974 (Du plomb dans la neige) tout en fournissant avec une régularité de métronome des romans de science-fiction et pour la jeunesse. Et en écrivant d'autres romans refusés par les éditeurs car considérés comme trop violents.
          En 1977, c'est la consécration : Pelot apparaît simultanément dans toutes les grandes collections de science-fiction (chez J'ai lu, Laffont, Denoël, Pocket), avec des titres mémorables comme Les barreaux de l'Eden, Le Sourire des crabes, Transit, Foetus-Party, Delirium circus, et rafle trois prix littéraires dans la foulée.
          Une écriture heurtée, saccadée, parsemée de phrases sans verbe mais parfois entrecoupées de passages plus lyriques, une narration dynamique, très cinématographique caractérisent son style. En phase avec son époque, ses récits contestataires, anarchistes (au sens noble du terme) trouvent un large écho parmi les lecteurs. Pelot stigmatise les maux de nos sociétés, refuse de se soumettre à toute autorité quand bien même elle agirait avec les meilleures intentions du monde. Pelot s'interdit cependant, en accord avec ses idées anarchistes, à délivrer un message. Il se contente de s'exprimer, de dire ce qu'il pense. Il se définit lui-même comme un raconteur d'histoires, et même comme le réceptacle de celles-ci : les histoires viennent à l'auteur élu, ce n'est pas lui qui les choisit.
          Une nouvelle période s'ouvre en 1980 avec L'Été en pente douce, popularisé par l'adaptation cinématographique, qui est celle des romans noirs et des romans vosgiens. Pelot décrit des êtres simples, frustres, des idiots, des paumés, des désaxés, gens de la campagne au destin tragique, récits sombres et désespérés qui, souvent, finissent par une plongée dans l'horreur. Noires racines, La Nuit sur terre, Pauvres Z'Héros sont des titres emblématiques. La révolte, inutile ou dérisoire, débouche sur le désespoir.
          En science-fiction, cela se traduit par le cycle des Hommes sans futur, actuellement réédité en « Présence du futur », où l'ancienne humanité assiste, impuissante, à l'émergence de l'espèce qui la supplantera.
          Insensiblement, ces romans du quotidien peignant les humbles poussent Pelot vers la littérature générale. Elle qui ne sait pas dire Je, Si loin de Caïn, lui permettent de conquérir un nouveau public qui ignore tout de lui. C'est ainsi que pour Si loin de Caïn, un critique extasié a trouvé surprenante la maîtrise de ce premier roman !
          Deux rencontres seront déterminantes dans l'évolution littéraire de l'auteur, en ce qui concerne les années 90 ; celle de Christian Rauth, l'un des mulets de Navarro, qui le pousse à écrire du théâtre (Les Caïmans sont des gens comme les autres, L'Ange étrange et véritable vierge Marie Mac-Do, Givre noir, La Ville où les morts dansent toute la nuit) et celle d'Yves Coppens qui lui demande de raconter les premiers âges de l'humanité. Pelot chaîne ainsi la boucle qui relie nos lointains ancêtres et les descendants des Hommes sans futur. Le rêve de Lucy étant un succès, il entreprend de retracer la vaste saga préhistorique avec la caution scientifique du paléontologue. Deux tomes de la tétralogie Sous le vent du monde sont déjà parus : Celui qui regarde la montagne au loin et Le nom perdu du soleil.
          Dans le même temps, il s'est remis à la peinture et expose à Paris et en province.
          Ceci explique en partie pourquoi Pierre Pelot s'est fait plus rare, et plus particulièrement dans le domaine de la science-fiction. Mais il n'a pas forcément dit son dernier mot. Après Messager des tempêtes lointaines, paru chez Denoël en 96 et un recueil de ses nouvelles, L'assassin de Dieu, à paraître chez Encrage, il compte bien poursuivre le cycle des Hommes sans futur après la réédition des premiers volumes.
          D'ici le rendez-vous de Lodève, attendez-vous à lire plusieurs ouvrages de sa plume.

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