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André Ruellan

(France ; 1922)

Jean-Pierre ANDREVON

Le Monde de la Science-fiction. M.A. éditions, 1987

          En 1955, la mésestimée collection Angoisse du Fleuve Noir publiait un étonnant roman d'horreur d'un inconnu qui signait Kurt Steiner : Le bruit du silence. Un titre poétique qui, jeu de mot ou pas, fit effectivement du bruit, à cause de sa qualité inhabituelle d'écriture, à cause aussi de sa substance, tout entière faite de biologique. D'autres romans de la même plume et de la même veine suivirent - une bonne vingtaine, aux désignations tout aussi obscurément flamboyantes : Fenêtres sur l'obscur (1956), Le seuil du vide (1956), Les rivages de la nuit (1957). Quelques années plus tard, la signature de Kurt Steiner gagnait Anticipation avec entre autres, en 1959, un très intriguant roman d'une S-F délibérément surréaliste, Le 32 juillet (réédité chez Presses Pocket) qui décrivait une planète tout entière colonisée par un proliférant organisme vivant, une tumultueuse métaphore du cancer ...

          Et l'on apprit ainsi que sous Steiner se cachait un médecin plus attiré par l'écriture que par la pratique médicale : André Ruellan. C'est sous ce nom que fut publié en 1963 Le manuel du savoir-mourir (Pierre Horay, avec des illustrations de son ami Topor), qui obtint le Prix de l'Humour Noir. Steiner et Ruellan allaient désormais cohabiter, sous un même toit abritant le fantastique et la science-fiction, dans une maison en apparence hybride et pourtant fort cohérente, dont chaque fenêtre allait laisser échapper les éclats coupants d'une ironie ravageuse : citons en 1969 au Fleuve Les enfants de l'histoire (réédition J'ai Lu), une sociologie-fiction évoquant les événements de Mai, ou signé Ruellan, en 1973, Tunnel (paru initialement chez Ailleurs et Demain, réédité en J'ai Lu), dont la première phrase est : "Le crucifié entrait en érection"... Il était inévitable que cet iconoclaste fameux pour ses fortes images rencontrât le cinéma : ce fut fait dès 1970 et, si ses collaborations avec Pierre Richard ne sont que la face rose pâle de Ruellan-scénariste, l'entente paraît plus naturelle avec Mocky pour ce qui est de l'humour noir (L'ibis... rouge en 1975), ou avec Alain Jessua, avec qui il oscille très naturellement entre le fantastique social (Les chiens) et la S-F allégorique (Le bonheur pour toustrès ironiquement le dernier film joué par Patrick Dewaere). Une activité qui, hélas, ne laisse plus guère à Ruellan-Steiner le temps d'écrire...

          Lecture

          - Aux armes d'Ortog (1960), Ortog et les ténèbres (1969) et Brebis galeuses (1974), trois Fleuve Noir Anticipation signés Kurt Steiner et réédités en J'ai Lu.
          - Mémo (Présence du Futur - 1984) signé André Ruellan.

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