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Philip José Farmer

(USA - 1918)

Jean-Pierre ANDREVON

Le Monde de la Science-fiction. M.A. éditions. 1987 , juin 1989

          FARMER, Philip José (USA — 1918)

 

          On a l’habitude de désigner The Lovers, premier récit de l'auteur (paru dans le magazine Startling Stories en 1952) comme une bombe. C'est que, dans un genre traditionnellement puritain, Farmer traitait pour la première fois ouvertement du sexe, et pas n'importe lequel : celui unissant un Terrien issu d'une société théocratique et une humanoïde insectoïde. Le sort de ces « Amants étrangers », le scandale né de leur copulation interstellaire collèrent dès lors dans le dos de Farmer une étiquette sans doute assumée mais parfois gênante, celle de Sexual Writer in SF. N'empêche que dans les années post-Lovers, il continua à enfoncer le clou, avec des textes tout aussi dérangeants et tout aussi remarquables que Mère (Mother, 1953) ou Le Frère de ma sœur (Open to me, my sister, I960) tous deux inclus dans Des rapports étranges (J'ai Lu), avec lesquels l'auteur ne faisait pas qu'explorer les gouffres bien évidemment freudiens d'une sexualité spatiale donc différente (et thématiquement ingénieuse), mais se battait pour un œcuménisme total. Ainsi que le note Jacques Chambon dans sa préface au Livre d'Or de Farmer (PP — 1980) : « Ses peintures de sexualités fictives sont en fait des paraboles sur le racisme, l'intolérance, le sectarisme... ».
          Liant le sexe à la religion, l'auteur se devait d'aboutir à leur sommet : l'immortalité. Ce fut fait à partir du cycle du Fleuve de l'éternité, immense saga où Farmer imagine que tous les morts de tous les âges de la Terre se réincarnent en même temps sur une planète colossale parcourue par un fleuve infini. Cette œuvre unique, ce chef-d'œuvre que seule la SF pouvait produire, dépasse de loin la boutade de Clarke selon laquelle « une technologie suffisamment avancée serait impossible à distinguer de la magie ». Farmer évoque-t-il les « Dieux » du monde du Fleuve ? Il en précise le Panthéon volontiers ludique dans une autre série, comptant celle-là cinq volumes et proche de l'heroic fantasy, qui débute dès 65 avec Le faiseur d'univers (PP — The maker of Universes, 1965) et brasse aussi, avec une verve épique et fanfaronne, époques, races et sexes. Nous ne sommes pas loin de la parodie ? Farmer le sait bien, qui y fonce tête baissée avec Comme une bête (Image of the beat, 1968, qui rejoue Dracula), La jungle nue (The feast unknown, 1969, qui s'étend sur les mœurs intimes de Tarzan) ou encore Chacun son tour (The other log of Phileas Fogg, 1973, qui revisite Jules Verne), trois titres publiés chez TSF.
          Cette boulimie vampiresque n'étonnera pas de la part de celui qui apprit à lire avec « La Bible, L’Illiade et L'Odyssée, Swift, Twain, les contes et légendes du monde entier, la mythologie Scandinave, grecque et celle des Indiens d'Amérique » : créateur d'univers, Farmer biberonna à leurs sources. « Quel que soit le sérieux de mes écrits », déclara-t-il encore (répondant à Libération pour son enquête « Pourquoi écrivez-vous ? »), « je sens Bugs Bunny peser sur mes épaules comme le daïmon de Socrate ». Sa sagesse et sa folie, sa malice et sa ferveur peuvent tenir dans cette phrase-clé. Sans doute en France, où l'on est cartésien, les amateurs préfèrent-ils porter aux nues des auteurs plus univoques tels que Ballard ou Dick. Cela n'empêche pas Philip José Farmer d'être l'auteur de SF le plus hénaurme de tous les temps.
J.-P. A.
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