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Kate Wilhelm

(USA ; 1928)

Jean-Pierre ANDREVON

Le Monde de la Science-fiction. M.A. éditions, 1987

          La Terre est exsangue, désertifiée par la guerre et les pollutions surtout, l'humanité est devenue stérile ; une seule solution pour que l'homme demeure : créer des clones. Mais ceux-ci ne sont que des sortes de robots sans âme, stéréotypés, hiérarchisés, qui finissent par rejeter leurs derniers créateurs (Hier les oiseaux, Présence du Futur, Where late the sweet birds sang, 1976). Dans ce roman, qui obtint le Hugo, tous les thèmes, toutes les préoccupations de Kate Wilhelm (qui est l'épouse de Damon Knight) sont présents : l'homme, peut-être poussé par ses gènes, mais aussi par sa culture, détruit sa terre natale, se détruit (c'est aussi le point de départ de Le temps des genévriers, Présence du Futur, Juniper Time, 1979). Comment faire pour l'en empêcher ? Comment faire pour survivre ? Kate Wilhelm, qui refuse l'absurdité tragique de l'Homo Sapiens « qui accepte comme inévitables les incroyables injustices sociales qu'il endure : le racisme, le sexisme, la famine, la malnutrition, les épidémies, la pollution, l'analphabétisation... » (dans son discours La lisière incertaine de la réalité, prononcé à la convention de Boston en 1980 et reproduite dans le recueil Ecoute, Ecoute ! Présence du Futur, Listen, Listen !, 1981), n'a pas non plus de réponse toute prête. Pas de réponse en tout cas qui élimine l'humain, même en le transcendant : ni les clones de Hier les oiseaux, ni les différents sérums d'immortalité (un de ses ingrédients favoris) dont elle exploite les effets dans des nouvelles comme Un 1er Avril éternel (April fool's day forever, 1970 dans le recueil Le Village) ou dans son plus récent roman traduit, Bonjour, chaos (Présence du Futur, Welcome, Chaos, 1983), ne sont la panacée.
          Peut-être, comme les Indiens du Temps des genévriers qui, seuls, s'adaptent au désert envahissant, faut-il se montrer humble et respectueux pour survivre ? La survie, en tout cas, aujourd'hui : pas hier ni demain. C'est bien cela le discours que nous martèle Kate Wilhelm, dans son oeuvre (« Le but, c'était la vie, et non la recréation du passé ni la construction élaborée de l'avenir » : Hier les oiseaux) et dans ses discours sur son oeuvre (« Je maintiens que nous méritons mieux. Nous sommes assez sages pour voir derrière, et nous avons le pouvoir magique de voir devant »). Des discours militants, alors ? Rien n'en est plus éloigné que les récits de cet auteur, qui soigne la psychologie (elle déclare : « J'aime écrire l'histoire de gens qui, pour la plupart, mènent des vies tout à fait ordinaires jusqu'au moment où ils se trouvent dans une situation de tension intense et de stress... » : in L'année 1981-82 de la S-F, Julliard), et dont l'oeuvre tout entière est baignée de clair-obscur, ce clair obscur qui, ni vraiment SF ni simple mainstream, forme sa fameuse « lisière incertaine ».
          Pourtant Kate Wilhelm sait bien quels sont ses adversaires : en témoigne sa nouvelle la plus frappante, Le village, (The Village, 1973), où un paisible hameau de l'Amérique profonde est soudain assailli et anéanti par une compagnie de G.I., qui s'y conduisent comme ils se conduisaient couramment à l'époque, au Vietnam (in le recueil Le village, Présence du Futur, Infinity Box, 1975). Là, l'horreur est présente, elle est au présent. Et elle est d'autant plus présente que la voix qui la dénonce ne fait que susurrer. Mais on aura compris que cette voix-là est plus que talentueuse, elle est indispensable.

          Lecture

          - Quand Somerset rêvait (Présence du Futur, Somerset Dreams and others Fictions, 1978)

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