Encyclopédie Infos & Actu Recherche Association Sites hébergés
Bienvenue sur le site nooSFere.
Le javascript est nécessaire à l'affichage du menu dynamique.

recherche rapide
    nooSFere > Encyclopédie > Fonds documentaire Choisir un autre habillage   
    Base de données    
    Base d'articles    
    Identification    
    Fonds documentaire    
 

Jack Williamson

(USA ; 1908)

Jean-Pierre ANDREVON

Le Monde de la Science-fiction. M.A. éditions, 1987

          Vétéran de la SF (il y débuta en 1928), Williamson se fait surtout connaître en 1934 avec un space opera épique, qui aura deux séquelles, La légion de l'espace (Legion of Space, Albin Michel), où l'on voit une poignée de Terriens lutter contre des envahisseurs venus de l'infini, Les Cométaires (du titre du second volet de la saga, The Cometeers, 1936, Albin Michel) à l'aide d'une « arme suprême », l'Akka, au sujet de laquelle Pierre Versins note avec humour dans son Encyclopédie : « (c'est le) prototype de ces engins mirobolants constitués de trois bouts de ficelles, d'une allumette et d'un ressort rouillé de sommier, avec lesquels on sauve périodiquement le monde... ». Williamson aurait pu continuer une carrière forcément déclinante de vieux maître du space opera ; cependant, mieux et plus vite que Hamilton ou Murray Leinster, que « doc » Smith surtout, il vira de bord dès 1940 avec un récit que beaucoup considèrent comme son chef-d'oeuvre : Plus noir que vous ne pensez (Presses Pocket, Darker than you think). Il y est question de lycanthropie, un vieux thème du fantastique, que l'auteur (et c'est là son originalité), colore de science en l'injectant de génétique, et en remplaçant les forêts balkaniques par la contemporaine jungle des villes. En fait, il s'agit là d'un thriller bondissant et humoristique, qui aurait pu être traduit dans notre « Série Noire ».
          Car Williamson, et c'est bien là qu'il faut chercher les causes de sa métamorphose réussie, est un auteur noir, un auteur de suspense, qui sait ménager le mystère et enchaîner les péripéties : il le prouvera aussi avec Les dents de dragon, encore la génétique, avec création de mutants supérieurs en même temps que d'une race inférieure d'esclaves (NéO, Dragon's Island, 1951), ou avec un de ses retours au space opera, Les récifs de l'espace (en collaboration avec Frederik Pohl).
          Noir, Williamson l'est toujours, mais d'une façon beaucoup plus douce et philosophique, avec le second grand roman auquel il doit sa durable réputation : Les humanoïdes (Livre de Poche, The Humanoïds, 1948), où l'on voit les hommes asservis par des robots qui ne leurs veulent que du bien, et sont régis par une seule loi (Asimov est passé par là) : « Au service des Hommes, pour leur obéir et les garder du Mal » — une loi qui, poussée à l'extrême, réduit les humains à l'état de bétail surprotégé. Robotique, génétique, Williamson était en avance sur des thèmes de SF dont l'explosion est très contemporaine. Mais sa modernité, plus profondément, vient de ce que, à travers ses space opera comme à travers ses thrillers futuristes, il nous parle de pouvoir, et finalement de la place de l'homme dans l'univers — face aux « autres » : Cométaires, race ancienne, mutants, robots. Une préoccupation vieille comme la SF, certes, mais que cet auteur a trop systématiquement employée pour que ce soit de manière innocente. Williamson un combattant de la liberté.
Cet article est référencé sur le site dans les sections suivantes :
Biographies, catégorie Bios
Biographies, catégorie Bios
Écrire aux webmestres       © nooSFere, 1999-2017. Tous droits réservés.
NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique. Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres.