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Klein, Gérard

George W. BARLOW

Le Monde de la SF. M.A. Editions, juin 1987

          Cet enfant prodige de la S-F française publiait dès l'âge de 18 ans ses premières nouvelles dans Fiction et Galaxie, puis Satellite, dont il devenait vite un des collaborateurs les plus actifs, tout en poursuivant de brillantes études en sociologie, économie et psychologie. Après l'apprentissage de la raison, celui de la déraison : il lui fallut effectuer en Algérie un long service militaire, qui devait lui inspirer nombre de ses œuvres, comme l'ubuesque nouvelle Réhabilitation (in La Loi du Talion, 1973 — J'ai Lu), les romans Le temps n'a pas d'odeur (PdF — 1963) et Les Seigneurs de la guerre (J'ai Lu — 1971).
          Cette expérience qui l'a profondément marqué fait sans doute la différence entre ses premières œuvres, poétiques et philosophiques — le roman Le Gambit des étoiles (NéO — 1958) placé sous l'égide de Stapledon, les nouvelles (réunies dès 1958 dans Les Perles du temps, PdF) qui évoquent Bradbury ou, comme Le Cavalier au centipède (1958 ; in Le Livre d'or de Gérard Klein, présenté par Michel Jeury — Presse Pocket, 1979), annoncent Cordwainer Smith — et les suivantes, plus pénétrées par les dures réalités, sans pourtant abandonner les références aux archétypes : mythe antique d'Orphée dans Un chant de pierre (1963 — Histoires comme si en 10/18), mythe biblique de Jonas (1966 — in LdO).
          Klein est un grand écrivain français tout en ayant assimilé la S-F américaine, au point de battre van Vogt sur son propre terrain : il tisse, notamment dans Les Seigneurs de la Guerre, des intrigues spatio-temporelles au moins aussi complexes, mais sans s'y perdre ; il fait intervenir, notamment dans Les Tueurs de temps (Presse Pocket), des Joueurs supérieurs, mais sans que les héros perdent leur épaisseur humaine en devenant surhommes ou pions. Klein prend sa place dans la littérature universelle tout en se mettant à la portée du gros des lecteurs — ce pourquoi il donna au Fleuve Noir, de 1960 à 1968, une série de romans signés Gilles d'Argyre.
          Mais trop pris par sa profession d'économiste et ses activités dans l'édition (surtout la collection de prestige « Ailleurs et Demain » qu'il a créée chez Laffont en 1969), Klein n'a plus l'esprit assez libre pour la création littéraire. Du moins poursuit-il son travail d'anthologiste et de critique : il marie sa connaissance de la S-F et sa formation en psychologie et en sociologie dans de pessimistes analyses du Malaise dans la science-fiction, (1977) vue comme l'expression de la frustration de la moyenne bourgeoisie, et dans de pénétrantes études sur S-F et psychanalyse (Dunod, 1986), sur Herbert, Ursula le Guin, Jeury dans les Livres d'or (Presse Pocket).. .et, dès 1974, sur Gilles d'Argyre (en postface du volume Ailleurs et Demain regroupant Le Sceptre du hasard (1968) et Les Tueurs de temps, 1965, deux romans de Gilles d'Argyre parus à l'époque au Fleuve Noir).
          Grâce à ce dédoublement, il fait de ses œuvres censées superficielles une lecture en profondeur, politique et psychanalytique, qui complète l'appréciation littéraire de J. Goimard dans la préface au Sceptre du hasard et l'interprétation gnostique de Jeury dans le Livre d'or. Que l'œuvre de Klein puisse être éclairée par autant de faisceaux convergents, quelle meilleure preuve de sa richesse ?
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Biographies, catégorie Bios

 
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