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Album
Damonte
Série : Le Temps des Loups    tome 1  Album suivant

Scénario : Christophe BEC
Dessins : Christophe BEC
Couleurs : Christophe BEC

Humanoïdes Associés (Les) , septembre 2006
 
Cartonné
Format 320 x 240
56  pages  Couleurs
ISBN 2-7316-1749-7
 
Quatrième de couverture
     — C'est bien la route de Damonte par là ?
     — Damonte ? Vous n'allez pas plutôt à Argentera ? Personne ne va à Damonte.
     — Alors, si personne n'y va, c'est bien là où je vais !

 
Critiques
     13 novembre 2013. Depuis un cataclysme nucléaire, les villes se sont réorganisées en bastions dirigés par de petits seigneurs locaux, comme au Moyen-Âge.
     Damonte est un village où règne une angoisse latente. Des adultes et des enfants disparaissent, probablement tués par ces loups qui semblent se multiplier. A proximité résident « ceux de la scierie », une secte inquiétante sur laquelle courent de multiples ragots.
     Arrive Beauterne, un étranger qui semble fuir on ne sait quoi, au volant d'une jolie voiture de sport — à une époque où les voitures se font rares. A Damonte, les événements vont se précipiter...

     Auteur « complet » sur cet album, Christophe Bec s'est fait plaisir en concevant ce qu'il définit lui-même comme un « western post-apocalyptique », un « pur divertissement » et un hommage assumé à certains films (ceux de Carpenter...) ou certaines BD (Jeremiah...). Il s'agit d'une classique histoire de loup-garous où l'accent est mis sur l'atmosphère, avec un rythme lent, des scènes souvent fixes, comme si le temps se figeait.
     Du fait de cette lenteur voulue, il se passe peu de chose, presque rien même. Le mystère qui entoure Beauterne — d'où vient-il, que fuit-il et qui sont les hommes lancés sur sa piste ? — suffit cependant à retenir l'attention, tandis que l'intérêt réside surtout dans la peinture pesante de cette petite ville qui paraît assiégée, comme prise dans un piège à loup, écrasée par une violence latente que l'on sent prête à se déchaîner.

     En revanche, le contexte post-apocalyptique annoncé par une brève introduction ne transparaît pas vraiment. On ne trouve aucune trace de ce cataclysme à Damonte, l'absence de voiture paraissant davantage liée au caractère « trou perdu » qu'au manque d'essence ; Beauterne n'a d'ailleurs aucune difficulté à faire le plein à proximité. De même, alors que les Etats-Unis sont dits « éclatés » selon un système féodal, les papiers d'identités semblent encore revêtir une importance pour franchir une « frontière » dont on ne sait pas très bien qui peut la faire respecter dans ce contexte. Bref, cette notion de cataclysme n'apporte pour l'instant aucun élément à l'intrigue, avec laquelle elle paraît presque en contradiction.

     Bec est un dessinateur de la claustrophobie. Que ce soit dans Zéro absolu ou dans Sanctuaire, son trait suscite cette impression d'oppression, d'enfermement, de menace insidieuse, impalpable et indicible. La fixité de ses plans leur confère une rage froide, contenue, comme si des forces occultes mais invisibles étaient à l'œuvre derrière la plate réalité. De même, chez les personnages, il passe souvent plus de sentiments dans la seule intensité du regard que dans les paroles ou les actions. Les gros plans en disent long, à la manière d'un western spaghetti.
     A noter, une très belle première planche, mêlant dessin et photo, avant le retour à un dessin plus conventionnel, moins expérimental et audacieux que dans Zéro absolu — une série qui a sans doute obtenu moins de succès que les plus récentes de l'auteur, mais qui mérite amplement d'être redécouverte.

     Au total, une série séduisante pour l'atmosphère que sait faire naître Bec, mais qui doit encore faire ses preuves au niveau d'un scénario pour l'instant un peu léger et d'un contexte post-cataclysmique encore peu convaincant. A suivre pour le talent indéniable d'un auteur qui devrait pouvoir nous surprendre...

Pascal Patoz          
nooSFere          
10/09/2006          


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