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Album
The Killing Joke
Série : Batman    Album précédent tome   Album suivant

Scénario : Alan MOORE
Dessins : Brian BOLLAND
Couleurs : Brian BOLLAND
Traduction : Jérôme WICKY
Préface : Brian BOLLAND, Tim SALE

Panini Comics , coll. DC Icons, août 2009
 
Cartonné
Format 285 x 190
Couleurs
ISBN 978-2-8094-0964-2
Voir une planche.
 
Quatrième de couverture
     Tout ce qui différencie un fou d'une personne saine d'esprit, c'est un mauvais jour. Le Joker, l'ennemi de Batman, en est persuadé. Il s'échappe de l'asile d'Arkham et va tout faire pour prouver au monde qu'il a raison. Mais pour ce faire, il va avoir besoin du commissaire Gordon et de sa fille Barbara...

     Le légendaire Alan Moore (Watchmen, V for Vendetta) revisite les origines du Joker dans ce chef-d'oeuvre moderne, recolorisé à l'occasion de cette nouvelle édition par le fantastique Brian Bolland. Un bref récit de Bolland et une série d'esquisses complètent le programme.
 
Critiques
     Cette nouvelle édition française de The Killing Joke correspond à sa réédition américaine dans une version « deluxe », parue à l'occasion du vingtième anniversaire de l'œuvre culte d'Alan Moore. TKJ figure en effet parmi la vague de comics qui, à la fin des années quatre-vingt, révolutionnèrent le genre avec l'exploitation de thématiques plus complexes et l'utilisation de techniques narratives nouvelles. Si vous êtes un peu familier des super-héros, vous avez sans doute entendu rabâcher toutes les qualités de Batman the Dark Knight Returns ou Watchmen, y compris dans mes chroniques, je ne reviendrai donc pas là-dessus. Sur le fond, il m'est également inutile de critiquer TKJ, puisque ce fut chose faite avec l'édition Comics USA. Bon. Dans ce cas, me direz-vous, on parle de quoi ?

     Eh bien, cette nouvelle édition n'est pas exactement identique à l'ancienne, la nouveauté résidant principalement dans la recolorisation effectuée par le dessinateur Brian Bolland lui-même (alors que la colorisation originale fut assurée par John Higgins, dont le travail n'a jamais vraiment satisfait l'auteur). Cette nouvelle version aux teintes plus neutres, délavées, moins chaudes et même moins « flashy » (surtout dans les passages de la fête foraine) se veut nettement plus sobre et, en définitive, moins outrancière, moins agressive visuellement (avec tous ces moins et ces plus, je peux difficilement être plus précis ; tiens, encore un « plus »). Certains préféreront, d'autres non, à ce niveau-là tout est question de goût. Notons que les flash-backs sont désormais en noir et blanc, avec une seule touche de couleur vive : cela permettra sans doute à ceux qui ne connaissent pas l'œuvre de la suivre plus facilement, les allers-retours entre présent et passé étant fréquents (vous pourrez avoir un aperçu des différentes colorisations en cliquant sur « planche »). Bon point : la couverture est identique à l'originale, le titre également, contrairement à la dernière édition en date due à Delcourt qui, non seulement présentait une couverture tirée d'une case de la BD, mais changeait le titre au profit d'un curieux et très banal Rire et Mourir sans grand rapport avec la choucroute 1.
 
     Vient ensuite la spécificité française de cette édition : la nouvelle traduction. Peut-être vous souvenez-vous de tout le mal que j'ai pu dire sur la récente retraduction de Watchmen ; c'est donc légèrement méfiant que je m'emparai de mon édition en vo, de mon édition Comics USA en vf et de cette présente édition, pour comparer tout ça. Résultat : je ne trouve pas vraiment de version « meilleure » ou « moins bonne ». Elles sont assurément différentes, des subtilités m'ont peut-être échappé mais, dans tous les cas, je ne vois pas d'énormes différences, de contresens, de phrases qui sonneraient faux. Pourtant, les deux traducteurs font des choix différents dans leurs tournures, et surtout dans l'adaptation des jeux de mots du Joker ou bien dans les chansons (inventées) qu'il chante.
 
     Je relèverais tout de même une liberté prise dans la nouvelle traduction. Après l'agression du Joker, Barbara révèle à Batman « Oh Bruce, what he did... » (on ignore donc ce qu'il a fait). Dans l'édition Comics USA, Barbara dit : « Oh, Bruce, il a... Il a... » (on n'en saura pas plus). Mais ici, elle dit « Il m'a... », ce qui semble plus explicite 2. Par contre, la rencontre entre Batman et Red Hood est mieux traduite. En vo, il lui adresse un : « So, Red Hood, we meet again... » qui fait référence au fait que Batman a déjà affronté Red Hood dans le passé (mais il ignore que sous le casque, c'est à chaque fois un homme différent), ici traduit par « Comme on se retrouve, Red Hood ». Il s'agit d'une allusion directe voulue par Alan Moore aux premiers épisodes de Batman conçus par Bob Kane et Bill Finger (il y en a d'autres, notamment dans les pages représentant la batcave).
 
     On appréciera enfin une préface de Tim Sale et une postface de Brian Bolland, qui nous éclaireront un peu plus sur l'œuvre et surtout sur cette fin qui continue encore aujourd'hui à étonner les lecteurs. On trouvera aussi en fin de volume une courte BD inédite de Brian Bolland (à la chute en queue de poisson) et quelques esquisses. Cette édition peut donc être considérée comme définitive en regard du respect affiché par rapport à l'œuvre originale. On regrettera l'absence d'Alan Moore en préface, mais l'auteur a quasiment renié TKJ, dont il juge la violence gratuite. Ceci dit, on a le droit de ne pas être de son avis !
 

Notes :

1. Au risque de spoiler : personne ne meurt dans TKJ, si ce n'est Red Hood, symboliquement, avant de renaître en Joker en hurlant de rire à la manière d'un cri primal. Donc en fait, puisqu'il rit après être mort symboliquement, autant l'intituler « Mourir et Rire », ou bien « Rire et Naître ». Et tant qu'à vouloir à tout prix traduire ce titre, parfait tel quel, Comics USA avait à l'époque opté pour un très évocateur Souriez !, qui avait le mérite d'être raccord avec la couverture. Mais trêve de coupage de cheveux en quatre.

2. Précisons que cette question fait l'objet depuis longtemps d'un vaste débat chez les geeks, car la nature de l'agression subie par Barbara est suggérée dans TKJ, mais rien ne la confirme. Pour contredire cette version, on pourra objecter que le Joker n'a jamais vraiment montré de prédisposition pour les femmes, mais il peut fort bien avoir confié le crime à ses sbires.

Florent M.          
29/08/2009          


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