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Album
L'Éveil de la bête
Série : HEL    tome 1 

Scénario : Yannick BEAUPUIS, Anne RENAUD
Dessins : Anne RENAUD
Couleurs : Anne RENAUD

Delcourt , coll. Conquistador, septembre 2007
 
Cartonné
Format 320 x 230
56  pages  Couleurs
ISBN 978-2-84789-011-2
 
Quatrième de couverture

Sur les hauteurs d’Antès, Hel vole de toit en toit
en chasse de reliques humaines.

Commanditées par deux artistes marginaux,
ces singulières dépouilles sont la matière première
de leurs créations macabres.

Dotée de pouvoirs et de tatouages dont elle ignore l’origine,
Hel rencontre le puissant mécène Fortunio Damanos.
C’est le premier pas d’une ténébreuse recherche,
celle de son identité.

 
Critiques

     Décidément, la vie de lecteur de BD réserve de bien bonnes surprises ! Coup sur coup, cet automne, on assiste à l’arrivée de deux nouveaux créateurs bourrés de talent : Anne Renaud, dont le parcours atypique semble n’être qu’une course de sommet en sommet et Jean-Marie Michaud qui sort La Saison de la Coulœuvre à L’Atalante.
     Ces créateurs, qui en sont à leur début, se placent au dessus du lot.

     Pour en revenir à HEL, l’histoire débute quand une jeune femme, vêtue de ses seuls tatouages, pénètre en volant dans l’appartement d’un collectionneur qui vient de décéder. Elle vient dérober le Janus, conservé dans le formol. Avec son larcin, elle rejoint Théa et Cyrrus, deux artistes très avant-gardistes. Elle leur fournit des reliques humaines, la matière première dont ils font des œuvres d’art : « …en soudant les chairs, ils invoquent le mutagène qui sortira l’humanité de son impasse évolutionnaire. »
     Au cours du vernissage de leur exposition ceux-ci présentent Hel à Damanos. Ce dernier l’intrigue avec une allusion à un Janus qui porte des tatouages. En partant, il lui chuchote à l’oreille une phrase sibylline qui la convainc d’en savoir plus sur ce mystérieux mécène, malgré les avertissements alarmistes de Théa. En effet, celui-ci dresse un piège en faisant miroiter, à la belle voleuse, des informations sur la nature de sa malédiction, sur les raisons de ses capacités, sur  l’origine de ses tatouages et surtout sur son identité. (Il faut se souvenir que Hel, dans la mythologie nordique, est la déesse des Enfers.)

     Les scénaristes livrent une BD spectaculaire, tant au point de vue scénaristique que graphique. Anne Renaud a un traitement remarquable du mouvement, un graphisme qui révèle une maîtrise de son art. Elle fait preuve d’un goût presque maniaque du détail et d’une volonté de recherche pour tenter d’atteindre une perfection.
     Les décors sont impressionnants, que ce soit les immeubles, les monuments ou l’intérieur de ces bâtiments. Elle dessine un bloc opératoire, où travaillent les artistes, avec minutie. N’a-t-elle pas, pour cela, fréquenté pendant deux ans des salles de dissection et un service de chirurgie ?

     L’héroïne, aux faux airs d’Emmanuelle Béart, est particulièrement malmenée par sa créatrice. Elle est seule, prend des coups, les chairs sont meurtries et cela se voit. La dizaine de pages qui retracent le combat furieux entre Hel et un minotaure tout à fait « authentique » vaut déjà son pesant d’or et mérite de figurer dans les anthologies de la Bande Dessinée.
     Les auteurs placent une page de folie, lorsqu’elles font tenir aux artistes jumeaux un discours absolument délirant pour expliciter leur démarche créative, …discours hélas trop réel dans ce milieu.
     Certes, en cherchant bien, on peut trouver quelques défauts, quelques vignettes moins réussies que les autres. Mais l’ensemble est d’un tel niveau qu’on les oublie.

     L’Éveil de la bête est la révélation d’une artiste hors pair et un album coup de poing !

Serge Perraud          
nooSFere          
09/10/2007          


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