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Album
Histoire Ancienne
Série : Preacher    Album précédent tome 4  Album suivant

Scénario : Garth ENNIS
Dessins : Richard CASE, Carlos EZQUERRA, Steve PUGH
Couleurs : Matt HOLLINGSWORTH
Traduction : Jérémy MANESSE
Couverture : Glenn FABRY
Peintures : Glenn FABRY

Panini Comics , coll. Vertigo Cult, septembre 2008
 
Cartonné
Format 265 x 175
240  pages  Couleurs
ISBN 978-2-8094-0388-6
Voir une planche.
 
Quatrième de couverture
     Dans sa quête pour retrouver un Dieu qui a quitté son poste, dans le but de le forcer à répondre de ses échecs, le révérend Jesse Custer a rencontré bien des personnages étranges... et il n'est pas surprenant que chacun d'eux ait une histoire à raconter.
 
     HISTOIRE ANCIENNE recueille des histoires mettant en scène certains des personnages les plus marquants de PREACHER : Le Saint des Tueurs dévoile les origines de la Némésis surnaturelle de Custer, une saga qui s'étend des plaines glacées de l'Ouest americain jusqu'aux fournaises de l'enfer ; Les Gars du Pays revient sur le passé de Jody et T.C., ces dangereux psychopathes du bayou, alors qu'ils piétinent allègrement tous les clichés des films d'action tout en saccageant les plans d'un terroriste international ; et La Saga de Vous-savez-qui s'aventure dans les bois l'adolescence banlieusarde pour conter la farce tragique qui a débouché sur la naissance de Tête-de-Fion.
     HISTOIRE ANCIENNE est le quatrième volume de la saga PREACHER, l'un des comics les plus plébiscités des années 1990. Créée par le scénariste Garth Ennis et le dessinateur Steve Dillon, cette épopée moderne parle de vie, de mort et de rédemption mais aussi de sexe, d'alcool, de sang et d'armes à feu... sans parler des anges, des démons, de Dieu, des vampires et des cinglés en tout genre qui font de cette aventure l'une des plus viscérales jamais publiées.
     En bonus, cet album contient également les commentaires de Glenn Fabry, qui a peint l'intégralité des couvertures de la série.
 
     « L'une des oeuvres actuelles les plus provocantes et les plus passionantes. »
The Oregonian
 
     « Actuel, bien écrit et bourré d'imagination. En matière de comics, on ne fait pas plus cool qu'Histoire Ancienne. »
Kerrang !
 
Critiques
     Garth Ennis, l'auteur de Preacher, présente les particularités d'être irlandais et de détester les super-héros. Je sais, le cas est surprenant pour un scénariste de comics, mais cette drôle d'allergie a le mérite d'expliquer la présence privilégiée de personnages comme Judge Dredd ou le Punisher — deux anti-héros dénués de pouvoirs — dans sa « comicsographie ». On ne sera donc pas étonnés de voir les « vrais » super-héros comme Daredevil, Spider-man ou Wolverine systématiquement ridiculisés dans les quelques apparitions qu'il leur accorde dans son œuvre... Reconnu dans le milieu britannique des comics grâce à une satire religieuse et ses collaborations au magazine 2000 A.D. (pour lequel travailla Alan Moore), sa réputation finit par franchir l'Atlantique : en 1991, l'éditeur américain DC le contacte pour lui confier Hellblazer, une série d'inspiration typiquement british (ne lui dites surtout pas anglaise). Son ton décalé, irrespectueux et ouvertement provocateur de sale gosse irlandais trouve alors naturellement sa place dans la collection Vertigo, ligne de l'éditeur consacrée aux bande dessinées pour adultes où figurent des titres comme Sandman, le Maître des Rêves. Ennis s'occupe depuis ces dernières années du Punisher, un personnage qu'il a totalement révolutionné. Mais ceci est une autre histoire...

     En 1995 apparaît Preacher. La série, écrite par Garth Ennis et dessinée par son vieux compère Steve Dillon, devient rapidement le fer de lance de la collection Vertigo. Il fallut attendre le début de l'année 1997, il y a maintenant déjà presque douze ans, pour découvrir en France ses premiers épisodes dans l'album Ballade au Texas, aux éditions Le Téméraire (si bien nommées qu'elles ont disparu depuis). Le septième et dernier tome publié par l'éditeur (Que Souffle la Tempête) s'arrêtant au vingt-deuxième épisode sur les soixante-six prévus par l'auteur, un certain nombre d'aventures inédites du pasteur maudit hibernaient dans un carton en attendant le bon vouloir d'un éditeur français pour être traduites dans nos contrées. Ce fut chose faite en mars 2007 grâce à Panini Comics, qui entreprit de rééditer la série sous forme d'albums luxueux regroupant sept ou huit épisodes chacun en respectant leur ordre, au lieu des trois ou quatre compilés dans les albums des éditions Le Téméraire. Résultat : il suffit de trois albums à Panini pour rattraper le cours de l'histoire déjà publiée chez Le Téméraire. Le dernier album paru, Fier Américains, s'est ainsi clos sur le vingt-sixième épisode de Preacher (toutefois déjà publié, l'album Preacher Special : Cassidy du Téméraire contenant les épisodes vingt-cinq et vingt-six en bonus ; seuls les épisodes vingt-trois et vingt-quatre étaient donc réellement inédits. Je sais, c'est compliqué). Mais je sens que je perds votre attention... Alors pour résumer, disons que grâce à Panini Comics, il est désormais possible aux fans de Preacher non anglophones qui suivaient ses aventures dans les albums épuisés du Téméraire de connaître enfin la suite de l'histoire, après être restés en plan depuis neuf ans.

     Dans Preacher, il est question du pasteur d'un bled paumé du Texas qui a perdu la foi. L'évasion de Génésis (une entité spirituelle) vient lui confirmer que Dieu existe, mais qu'Il a démissionné de son poste pour une raison inconnue. Ensuite, ses péripéties le conduisent à rencontrer des personnages aussi atypiques que Tulip, une tueuse à gages et Cassidy, un vampire irlandais aux allures de clochard. Embringués tous ensemble dans une sorte de road movie sur papier, ils se retrouvent chacun à leur tour confrontés aux démons de leurs passés chaotiques. Cette histoire un peu dingue se caractérise par un univers bien particulier qui constitue la marque de fabrique de Garth Ennis : un cadre de western, un fond de théologie chrétienne, des emprunts narratifs aux films de Tarantino, du gore grand guignol et un humour extrêmement noir destinés à briser tous les tabous possibles et imaginables. Cette volonté de « choquer le bourgeois » pourrait toutefois s'avérer puérile et lassante si l'auteur ne démontrait pas une maîtrise de sa narration absolument bluffante, qui rappelle le Frank Miller des débuts dans ses meilleurs jours. Autrement dit : Garth Ennis sait parfaitement être sérieux lorsqu'il le faut. Le point culminant de son exceptionnel talent de conteur est atteint lorsqu'il relate, sous forme de flash-backs, l'enfance du pasteur Jesse Custer au cours d'une poignée d'épisodes incroyablement poignants, oscillant entre humanisme, cruauté et humour noir en faisant successivement passer son lecteur par tous les stades d'émotions disponibles (cf. Jusqu'à la Fin du Monde). Les présentations étant faites, passons au quatrième et dernier tome paru.

     Cet ouvrage un peu particulier ne s'inscrit pas dans la continuité de la série car il regroupe des « special », c'est-à-dire des épisodes consacrés aux origines des personnages pour la plupart déjà publiés par Le Téméraire dans des albums hors-série. Nous retrouvons donc ici les genèses du Saint des Tueurs, de « Tronche-de-Fion » (Tronchdecul chez Le Téméraire) et de Jody et T.C., les deux salopards au service de la grand-mère de Jesse Custer. Manque toutefois à l'appel l'histoire de Cassidy, le vampire, jadis publiée dans le deuxième album HS du Téméraire. Ceux qui s'attendaient à découvrir des épisodes totalement inédits en seront donc pour leurs frais : seuls ceux consacrés à Jody et T.C. le sont vraiment.
     Si vous n'avez jamais lu Preacher, ce tome n'est pas vraiment l'idéal pour commencer. Tout d'abord, Garth Ennis se fait plaisir en écrivant un western pur jus afin de relater les origines du Saint des Tueurs, un cow-boy infernal lancé à la poursuite de Jesse Custer. L'auteur ne s'est jamais caché d'être un grand fan des westerns (il le confirme dans l'introduction de cet album), et Preacher a toujours été très inspiré de cet univers, mais ici le dépaysement est total et assez éloigné du ton potache qu'on lui connaît. Il faut bien le dire : lorsqu'il reste dans le premier degré, Ennis n'est pas toujours passionnant, et le lecteur n'étant pas lui-même féru du genre aura du mal à y pénétrer et à suivre cette histoire avec attention.
     La seconde histoire s'attache à « Tronche-de-Fion », un adolescent au visage ravagé par une tentative de suicide, déjà rencontré dans les premiers épisodes de Preacher. Cette fois, Ennis tente de mêler un ton sérieux à son humour noir si particulier, non sans provoquer un certain malaise... Cette histoire — inspirée du suicide d'un fan de Kurt Cobain — a un peu le cul entre deux chaises, hésitant entre le traitement sérieux d'un thème social grave et l'ironie grinçante d'une satire. Résultat : on ne sait pas trop si l'on doit en rire ou en pleurer.
     Enfin, la troisième histoire est franchement dispensable. Ennis confronte un couple tout droit sorti d'un mauvais téléfilm avec Jody et T.C., les deux ploucs qui ont traumatisé Jesse Custer durant son enfance. Comme on s'y attend, le choc des cultures est brutal, mais sans grand intérêt.

     Au final, l'intérêt suscité par ces trois histoires indépendantes est très en deçà de ce à quoi Garth Ennis nous a habitué dans la série régulière : mis à part la naissance du Saint des Tueurs, ces récits n'apportent rien à la trame principale de Preacher. En outre, la qualité des dessins est assez inégale d'un artiste à l'autre (ils sont trois). A se procurer si vous souhaitez posséder l'intégrale, sinon...

Florent M.          
nooSFere          
16/10/2008          


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