Encyclopédie Infos & Actu Recherche Association Sites hébergés
Bienvenue sur le site nooSFere.
Le javascript est nécessaire à l'affichage du menu dynamique.

Recherche rapide
    nooSFere > Encyclopédie > Bandes dessinées
Connexion adhérent
Album
DK2 - L'Intégrale
Série : Batman    Album précédent tome   Album suivant

Scénario : Frank MILLER
Dessins : Frank MILLER
Couleurs : Lynn VARLEY

Éditions USA , novembre 2004
 
Cartonné
Couleurs
ISBN 2-914409-17-6
Voir une planche.
 
Critiques
- Attention, ce qui suit dévoile des éléments de l'intrigue -

 
     A l'annonce de la suite du mythique Batman : The Dark Knight Returns par Frank Miller en personne, le monde des comics entra en ébullition : c'était un peu comme lorsque George Lucas s'est attelé à la nouvelle trilogie Star Wars, avec la même déception à la clé. On s'en doutait un peu, depuis son intervention sur Spawn, mais c'est maintenant un fait avéré : Frank Miller, excellent scénariste et dessinateur plus contestable (si l'on excepte ses travaux sur Elektra Lives Again ou Sin City) est au nombre de ces artistes qui, à force de s'entendre dire qu'ils sont géniaux, finissent par croire qu'ils peuvent faire n'importe quoi n'importe comment et être systématiquement adulés, comme Midas changeait ce qu'il touchait en or, le tout sous couvert d'expérimentations (comprendre par là : « J'en suis à un stade de notoriété où je peux me permettre d'essayer les traitements les plus surréalistes, et tant pis pour le lectorat qui n'y comprend rien »).
 
     En novembre 2001, quinze ans après le coup de tonnerre The Dark Knight Returns, Miller entame donc sa suite. Son postulat : « Que sont nos héros devenus ? » ; eh bien ils ont disparu, emprisonnés par Lex Luthor, l'ennemi juré de Superman devenu président des États-Unis. Dans The Dark Knight Strikes Back (DK2 pour les intimes), après avoir rongé son frein pendant des années (tout comme Miller, semble-t-il), Batman organise la résistance en délivrant un à un ses anciens compagnons de l'emprise de Luthor en vue de faire tomber son gouvernement. D'un certain point de vue, il devient donc un terroriste considérant ses actes comme légitimes. Dans la réalité, Bush Jr est alors président depuis peu et les attentats du onze septembre ont eu lieu deux mois auparavant, pour vous situer le contexte.
 
     Soyons honnêtes, Miller déploie une certaine créativité en nous dévoilant ce que sont devenus les super-héros DC : The Atom, réduit à la taille d'une poussière, doit vivre dans une éprouvette et affronter des bactéries ; Flash doit courir dans une roue comme un hamster pour alimenter le pays en électricité, Martian Manhunter est devenu un vieillard pathétique, et Green Lantern s'est exilé sur une autre planète. Certains d'entre eux vont ainsi être libérés et regroupés par Batman pendant que, face à lui, dans l'autre camp, d'autres super-héros (les « dieux », à savoir Superman, Captain Marvel, Wonder Woman...) vont faire bloc pour protéger Lex Luthor, qui exerce un chantage sur une poignée de survivants de Krypton miniaturisés et enfermés sous globe (dont Batman n'a rien à faire mais qui préoccupe grandement Superman). La nouveauté, par rapport à The Dark Knight Returns, réside donc dans la présence de la quasi-totalité des super-héros de DC sur le champ de bataille de la liberté individuelle, avec les simples mortels au service de l'humanité d'un côté, et les super-héros à caractère divin au service du pouvoir de l'autre (en ajoutant les neutres, comme Martian Manhunter et Green Lantern, qui n'appartiennent pas ou plus à notre monde et n'en ont plus rien à secouer).
 
     Alors, me direz-vous, ça m'a l'air très bien tout cela, où est le problème ? Eh bien tout d'abord, gros couac au niveau de la forme : c'est laid. D'ordinaire, Miller peut exceller dans la représentation graphique d'une ambiance ou de personnages, bien qu'il ait toujours peiné au niveau de l'arrière-plan (citons de nouveau l'exception, le superbe Elektra Lives Again), mais ici on a la désagréable impression d'un travail bâclé : corps chétifs et disproportionnés (Batman est un gringalet), encrage gribouillé (sur ce point, le combat contre Superman est une honte), décors inexistants, utilisation d'effets fluorescents numériques absolument hideux... Fausse bonne idée : l'éditeur français a choisi de publier le comic-book en grand format, ce qui ne fait qu'accentuer ses défauts.
 
     Ensuite, on sait que Miller n'est pas un grand spécialiste de la finesse, mais son discours est asséné à grands coups de marteau : Superman est donc au service d'un état fasciste où les libertés individuelles sont proscrites (il n'était guère mieux loti dans The Dark Knight Returns), Lex Luthor est un gros porc à l'apparence immonde... Et Batman se bat pour nos libertés avec des méthodes anar en compagnie de son équipière de seize ans, néo-Robin déguisée en félin, ainsi qu'avec ses « Bat-kids »... Bon. En outre, Miller use et abuse du « style Miller », à base de « voix-off » accompagnant l'action, ou en entrecoupant l'histoire par des spots TV censés dénoncer la société de consommation.
 
     Alors encore une fois, le comic-book est truffé de bonnes idées (The Atom voyageant à travers les lignes téléphoniques, Plastic Man, super-héros ringard par excellence, qui s'avère finalement le plus puissant d'entre tous, Green Lantern prenant la planète dans sa main...) mais le tout ressemble à une sorte de bouillie scénaristique et graphique assez indigeste et un peu vite expédiée, comme si Miller pouvait se passer du B.A. BA de n'importe quel auteur de comic-book. En quinze ans, il a pourtant eu le temps de s'appliquer, ne serait-ce que par respect pour son lectorat.

Florent M.          
03/12/2008          


.
Écrire aux webmestres       © nooSFere, 1999-2022