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Le Volcryn

George R. R. MARTIN

Titre original : Nightflyers, 1980
Science Fiction  - Traduction de Odile SABATHÉ-RICKLIN
Traduction révisée par AYERDHAL
Illustration de LASTH
ActuSF, coll. Perles d'Épice n° (2), dépôt légal : mai 2010
158 pages, catégorie / prix : 9 €, ISBN : 978-2-917689-21-9

Couverture

    Quatrième de couverture    
     Les légendes parlent d’une race d’extraterrestres fabuleuse parcourant lentement l’espace, aux manettes de gigantesques vaisseaux à l’apparence de cités d’ombre...
     Moi, Karoly d’Branin, je leur ai voué ma vie, et mes inlassables recherches m’ont enfin permis de les localiser. Avec mon équipe, nous avons embarqué à bord de l’Armageddon, vaisseau du commandant Royd Eris. Et dans peu de temps, les volcryns seront enfin à notre portée.
     Mais en attendant, l’ambiance est de plus en plus pesante entre nous... Royd Eris refuse d’apparaître physiquement, préférant user d’hologrammes et de communicateurs muraux ... Et Thale Lasamer, notre télépathe, fait état d’une menace sourde et mystérieuse...
     Peu importe ! Mes volcryns sont tout proches, et je ne les laisserai pas filer !

     Quinze ans avant le mythique Trône de fer, George R.R. Martin, inlassable conteur multi-primé (Hugo, Locus et Nebula) publiait Le Volcryn. Ce court roman mêlant avec brio science-fiction, mystère et thriller remporte le prix Locus de la novella en 1981 avant d’être adapté au cinéma. Aujourd’hui de nouveau disponible, il ravira les amateurs de space opera et d’huis clos oppressant.


    Prix obtenus    
Analog (prix des lecteurs), novella / Court roman, 1981
Locus, novella / Court roman, 1981
 
    Adaptations (cinéma, télévision, théâtre, radio, jeu vidéo, ...)   
Nightflyers , 1987, Robert Collector
 
    Critiques    
     Le succès actuel de George R.R. Martin avec la gigantesque saga du Trône de Fer pourrait presque nous faire oublier qu'il a commencé en écrivant des nouvelles de science-fiction. Et pas de la mauvaise : pas moins de 11 prix Locus, Hugo ou Nebula entre 1975 et 1981 ! Dont un prix Locus pour le présent Volcryn, une novella parue en 1980, publiée à l'époque en Presses de la Cité / Futurama et donc indisponible depuis très longtemps.
     Le Volcryn du titre, c'est un peu le Moby Dick d'un passager du vaisseau Armageddon, Karoly d'Branin. Toute sa vie il n'a aspiré qu'à une chose : croiser un jour la route de cette race d'extraterrestres légendaire qui parcourent lentement et éternellement l'univers. Maintenant qu'il les a localisés, il a affrété l'Armageddon et a convié un équipage, constitué de xénobiologistes, de télépathes ou télékinésistes, bref d'un aréopage particulièrement diversifié de talents, à l'accompagner. Le plus étonnant de tous, néanmoins, n'est autre que le capitaine de la nef, Royd Eris, qui refuse d'apparaître aux yeux de ses passagers, préférant envoyer un hologramme de sa personne. À mesure qu'il se rapproche de l'objet de sa quête, d'Branin doit déchanter : c'est tout d'abord le télépathe, Thale Lasamer, qui meurt brutalement, le cerveau explosé. Ce décès soudain n'est que le premier d'une série d'événements tous plus tragiques les uns que les autres.
     Le Volcryn est avant tout le récit d'un huis-clos étouffant : mettez une petite dizaine de fortes personnalités dans un vaisseau exigu, suscitez un peu le trouble (le côté mystérieux d'Eris) puis carrément l'horreur (la mort de Lasamer), et observez ce qui se passe. Et quand il y a dans l'assistance des pouvoirs psi, attendez-vous à des étincelles. George R.R. Martin l'a parfaitement compris, et sait distiller une tension de plus en plus palpable jusqu'à l'inévitable climax, avec une économie de moyens appréciable (il s'agit ici d'une novella, genre apprécié par l'auteur, puisque par exemple Rois des Sables, l'un de ses textes les plus marquants, adoptait aussi cette forme).
     Mais Le Volcryn, c'est aussi le récit d'un rêve quasiment inaccessible, celui de d'Branin. Un rêve en forme de quête ultime qui lui fera perdre peu à peu le contact avec la réalité et les morts atroces perpétrées sur l'Armageddon. La juxtaposition de cette thématique douce-amère avec le thriller psychologique et violent est pour beaucoup dans l'intérêt de ce livre. On regrettera juste que, du fait du choix de personnages uniquement très marqués voire caricaturaux, Le Volcryn ait quelque peu vieilli depuis son écriture il y a trente ans. Il reste néanmoins une belle réussite, dans une thématique qu'on rapprochera du récent Vision Aveugle de Peter Watts, et un bon titre pour inaugurer la nouvelle collection des éditions ActuSF, baptisée Perles d'épice (qui nous propose également un inédit de Robert Silverberg, et une reprise de Jack Vance).

Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 5/6/2010
nooSFere


     Non, George R. R. Martin n'est pas « que » l'auteur de l'interminable saga du « Trône de fer ». Il y a de cela longtemps, dans une lointaine galaxie, il fut également un auteur de science-fiction et de fantastique tout ce qu'il y a de recommandable, particulièrement doué pour la forme courte (si, si). En témoigne la novella « Le Volcryn », prix Locus 1981, aujourd'hui rééditée par ActuSF dans sa toute nouvelle toute belle collection « Perles d'épice », sous une jolie couverture de Lasth.

     Le propos n'est a priori pas des plus originaux. Karoly d'Branin, tel un capitaine Achab des temps futurs, a une obsession : les volcryns, une race extraterrestre semi légendaire qui parcourrait la galaxie depuis la nuit des temps à bord de gigantesques vaisseaux subluminiques. Ayant enfin obtenu des financements pour étudier de près les fascinants extraterrestres, voire entrer en contact avec eux, il réunit une dizaine de chercheurs puis loue l'Armageddon, le vaisseau du commandant Royd Eris. C'est le grand départ pour l'inconnu...

     Mais une ambiance oppressante s'installe assez rapidement. La faute en incombe sans doute pour une bonne part à l'énigmatique Royd Eris, qui refuse d'apparaître en personne auprès de ses passagers, ne communicant avec eux que sous la forme d'un hologramme... Quant au télépathe de l'équipe, Thale Lasamer, il a tôt fait de sombrer dans la paranoïa, prétendant qu'on les observe et qu'une menace rode... et ses collègues se font de plus en plus réceptifs à ce discours, tandis que le voyage se prolonge et que le mystère Royd Eris reste entier. Et, bientôt, il y aura un mort... le premier d'une longue série.

     « Dans l'espace, personne ne vous entendra crier », comme le disait si bien un film à peu près contemporain, auquel on ne pourra s'empêcher de penser à la lecture du « Volcryn ». C'est que tous les ingrédients en sont réunis : huis-clos dans l'espace, mélange de science-fiction et d'horreur, « distribution » limitée mais haute en couleurs, non-dits abondants... Rien d'étonnant à ce que la novella de George R. R. Martin ait été à son tour adaptée au cinéma (pour un résultat paraît-il médiocre, mais votre serviteur ne peut pas se prononcer, n'ayant pas vu la bête...). Elle possède à vrai dire tout ce qui fait la proverbiale bonne série B.

     Et le fait est que l'on dévore ce court roman avec un grand plaisir, quand bien même certaines ficelles peuvent aujourd'hui prendre l'allure d'énormes cordages. Mais George R. R. Martin était déjà un conteur de grand talent, capable d'embarquer son lecteur avec une aisance exemplaire, et de ne plus le lâcher jusqu'à la dernière page.

     Alors, certes, on pourra bien émettre quelques critiques ici ou là, outre le côté un peu convenu, a fortiori aujourd'hui, de la chose, sur certains personnages à peine esquissés (là où d'autres, en contrepoint, sont tout à fait fascinants, Royd Eris en tête, bien sûr, mais aussi le « modèle perfectionné » Melantha Jhirl), ou sur le style purement fonctionnel (mais néanmoins très efficace), mais ne boudons pas notre plaisir : « Le Volcryn » se lit tout seul avec un bonheur constant, et on n'en demandait pas davantage.

Bertrand BONNET
Première parution : 1/10/2010
dans Bifrost 60
Mise en ligne le : 22/1/2013


 
     En mai 2010, d'abord, puis en février 2012, les éditions ActuSF ont eu la bonne idée, commercialement parlant, de publier deux novellas de George R. R. Martin, Le Volcryn d'abord, puis Skin Trade.
     Le premier texte, Le Volcryn (qu'on nous assure révisé par Ayerdhal — on frémit à l'idée de ce que ça devait être à l'origine, parce qu'en l'état, c'est loin d'être glorieux...) est un huis-clos, un survival horror dans un vaisseau lancé à la rencontre d'une énigmatique civilisation extraterrestre. Cette novella datant de 1980, et qui a connu une adaptation cinématographique de bien triste réputation, s'avère très étrange : incroyablement datée par certains aspects (on pense à des classiques de Robert Heinlein, notamment), et assez moderne par ailleurs. Il y est pas mal question de psychanalyse et (donc) de sexe. De nos jours, après Alien au cinéma, Vision aveugle en librairie, il est très difficile de trouver beaucoup d'intérêt à ce jeu de massacre poussif dont les ressorts scénaristiques sont usés depuis au moins deux, sinon trois décennies. Ni l'écriture ni la construction de ce Volcryn n'évoquent le George R. R. Martin des grandes heures, et l'aventure ressemble avant tout à un de ces sympathiques films d'horreur de série B où une bande d'ados se fait trucider, un par un, œuvre d'un inconnu qui, au final, se révèle pas si inconnu que ça. Lisible, sans aucun doute, mais déjà sans grande originalité au moment de sa prime parution, Le Volcryn est anecdotique, surtout si on le compare à « Une chanson pour Lya » ou « Les Rois des sables », qui font sensiblement la même longueur. Quant au choix du titre français : tout faux... il spoile la révélation finale et passe à côté des véritables enjeux du texte promettant un « premier contact » que l'auteur évite, ou presque.
     Relevant purement et simplement de la littérature de divertissement, Skin Trade se révèle tout de suite plus intéressant, même si l'ensemble est un colosse aux pieds d'argile ne résistant guère à une étude attentive de son scénario (sans parler de la fin, qui, justement, n'en est pas une, le curseur narratif semble s'être arrêté aux deux tiers de l'histoire). Mais peu importe, le plaisir est ailleurs.
     Willie, agent de recouvrement et loup-garou tueur d'écureuils, apprend la mort violente de son amie Joan, handicapée, mais loup-garou elle aussi (louve-garou ?). Il engage alors une de ses connaissances, Randi, pour mener l'enquête. Mais la détective privée a un lourd secret : son père policier a été mutilé par une bête féroce sur laquelle il a vidé son chargeur sans succès...
     Skin Trade est un pulp (ce que n'a visiblement pas bien compris la traductrice), un pulp sincère, malin, plein de clichés contournés, assumés, détournés. Comme dit précédemment, cette lecture ne tient pas des masses d'un point de vue scénaristique, mais qu'importe, on se laisse prendre par l'aventure qui évoque un classique du genre : le sous-estimé Wolfen de Whitley Strieber (auteur qui n'a pas écrit que des idioties sur les enlèvements extraterrestres). Skin Trade aurait pu être un bon roman de série B. Allons plus loin : ça aurait dû être un vrai roman. En l'état, ce n'est qu'un chouette divertissement inabouti.

Thomas DAY
Première parution : 1/7/2012
dans Bifrost 67
Mise en ligne le : 5/12/2015

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    
Edition PRESSES DE LA CITÉ, Futurama 2e série (1982)


     [critique des 2 romans suivants :
     L'Héritage des étoiles par Joan D. Vinge ; Futurama n° 35
     Le volcryn par George R.R. Martin ; Futurama n° 36 ]

     La nouvelle livraison de « Futurama » nous propose deux demi-livres (je m'explique : les courts romans publiés ici séparément avaient fait l'objet de publications couplées aux Etats-Unis, dans le cadre de la série Binary Star ; le Vinge constituait la moitié de son numéro 4, le Martin la moitié de son numéro 5).
     En conséquence, on peut aussi bien considérer ces récits comme de longues nouvelles. De fait, celui de Vinge se compose de la juxtaposition de deux nouvelles, Media man et Fools' gold, dont la première a déjà été traduite en français, au sein du recueil Les yeux d'ambre,au Masque-SF. Située dans le même univers que Les proscrits de la barrière Paradis (Lattes), c'est un des chefs-d'œuvre de Vinge. Elle y montre son protagoniste, Chaim Dartagnan, prêt au départ à accepter, pour vivre, un travail de tout employeur, aussi abject soit-il, et qui au travers des conflits conquiert le respect de soi et l'amour d'une femme qui le méprisait. Bien qu'il soit aussi parfaitement réussi, ce n'est pas le cadre de l'histoire avec son caractère de SF d'aventures qui compte ici. Dommage que l'on ne puisse pas tout-à-fait en dire autant de la deuxième partie, où les deux personnages réalisent leurs ambitions longtemps frustrées : il est sans doute vrai que les gens heureux n'ont pas d'histoire...
     George Martin, lui, se sert de concepts appartenant à la SF depuis longtemps. Un vaisseau, sans doute contrôlé par son ordinateur de bord, à la recherche d'être interstellaires... L'intrigue est celle d'un de ces romans policiers à suspense où les personnages disparaissent un à un. A ce niveau-là, c'est une éblouissante réussite. Mais ce récit ne relève-t-il pas de la SF des années 40, en dépit de sa date de naissance toute fraîche ? La différence, ici plus subtile, est à chercher dans le rôle primordial de la psychologie, et la noirceur peu commune enfouie dans le récit. Mais on n'y est pas obligé, et on peut simplement goûter un récit d'aventures splendidement exécuté.

Pascal J. THOMAS (lui écrire)
Première parution : 1/6/1982
dans Fiction 330
Mise en ligne le : 6/9/2006


 
Base mise à jour le 18 mars 2017.
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