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Ténèbres 2012

ANTHOLOGIE

Textes réunis par Benoît DOMIS


Fantastique  - DREAMPRESS.COM, coll. Ténèbres (revue) n° (5), dépôt légal : juin 2012
232 pages, catégorie / prix : 15 €, ISBN : 978-2-84958-011-0

Illustration de couverture : (c) frenta. Fotolia.com.
Couverture

    Quatrième de couverture    
Brenta Blevins, Tobias S. Buckell, Jay Caselberg,
James Cooper, C.C. Finlay, Serena Gentilhomme,
Fanny Herquel, Frédéric Holic, Michael Kelly,
Richard Labbe, Alison Littlewood, Luca Masali,
Richard Mesplède, Thana Niveau, Pascal Sacré,
Johan Scipion, Sylvia Spruck Wrigley


    Sommaire    
1 - Tobias S. BUCKELL, Rejeter Babylon (Spurn Babylon), pages 5 à 14, trad. Clotilde LANDAIS
2 - Johan SCIPION, Boy Meat Girl, pages 15 à 24
3 - James COOPER, Huit petits hommes (Eight Small Men), pages 25 à 61, trad. Jacqueline CALLIER
4 - Serena GENTILHOMME, Lune d'absinthe, pages 63 à 77
5 - Richard MESPLÈDE, Le Prisonnier, pages 79 à 81
6 - Alison LITTLEWOOD, Dans les ténèbres (About The Dark), pages 83 à 96, trad. Ariane MAKSIOUTINE
7 - C.C. FINLAY, Le Violver (The Rapeworm), pages 97 à 119, trad. Michèle ZACHAYUS
8 - Fanny HERQUEL, Presque normal, pages 121 à 130
9 - Thana NIVEAU, L'Homme de charbon (The Coal Man), pages 131 à 153, trad. Rose M. GUILLERME
10 - Sylvia Spruck WRIGLEY, Darren a actualisé son statut Facebook (Darren is Updating his Facebook Status), pages 155 à 157, trad. Corinne BOUTRY
11 - Luca MASALI, Enver et la princesse (Enver e la principessa), pages 159 à 168, trad. Jean-Pierre FONTANA
12 - Brenta BLEVINS, À court de... (A Loss for ______), pages 169 à 181, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
13 - Pascal SACRÉ, Dans la peau, pages 183 à 202
14 - Jay CASELBERG, La Dame verte (The Green Lady), pages 203 à 211, trad. Michèle ZACHAYUS
15 - Richard LABBE, Supplice, pages 213 à 224
16 - Frédéric HOLIC, Saigner au souffle du vent, pages 225 à 230
17 - Michael KELLY, Princesse de la nuit (Princess of the Night), pages 231 à 232, trad. Corinne BOUTRY
 
    Critiques    
     L'édition 2012 de Ténèbres est parue, dirigée comme les précédentes par Benoît Domis. Lors du volume précédent, je regrettais l'absence d'introduction ; je ne peux que renchérir, il est dommage que l'anthologiste ne se serve pas de ce support pour dresser un état des lieux de la nouvelle fantastique moderne, alors que les supports qui accueillent celle-ci sont fort peu nombreux.
     L'anthologie commence plutôt bien avec un texte de Tobias S. Buckell, qui traite de l'esclavage et de ses fantômes ; dommage toutefois que le traitement soit un peu rapide, il aurait mérité d'être davantage développé. Viennent ensuite des nouvelles de Johan Scipion (plutôt bien écrit, mais sans aucune originalité), James Cooper (variation intéressante sur la jalousie enfantine, mais sans aucune once de fantastique), Serena Gentilhomme (texte très (trop ?) écrit, qui ne m'a absolument pas parlé) et Richard Mesplède (short story dont la chute est d'un ridicule consommé ; comment un animal pourrait-il raisonner en termes de « jeune homme » et ne se rendre compte de son statut qu'en se voyant dans un miroir, alors que la simple vision de sa pilosité aurait dû le mettre sur la voie ?). Le niveau remonte un peu avec le texte d'Alison Littlewood, une histoire de caverne maudite, à la chute cette fois-ci nettement plus maîtrisée. Le récit de science-fiction de C.C. Finlay décrit de manière crédible, et sensible, les rapports père-enfant lors d'une invasion de vers extra-terrestres, même si les scènes font immanquablement penser à d'autres œuvres, comme par exemple la série Walking Dead. Fanny Herquel, dont le texte dans Ténèbres 2011 avait constitué l'une des bonnes surprises, nous revient avec une intrigue astucieusement construite, une faculté certaine à évoquer l'air de rien des horreurs, malgré une fin un peu trop démonstrative. « L'Homme de charbon », de Thana Niveau, m'a fait penser par certains aspects à «  Fantôme de fumée », de Fritz Leiber, même si le propos est résolument autre ; ce texte traitant encore une fois de jalousie entre enfants (ici deux sœurs) est glaçant à souhait. La short story de Sylvia Spruck Wrigley pâtit d'une chute prévisible à dix kilomètres. On est content de retrouver l'Italien Luca Masali, une histoire sarcastique de mafia et de zombie quelque part entre l'Italie et l'Albanie. Brenta Blevins, qui nous avait horrifiés dans Ténèbres 2011, nous propose ici un postulat de départ intrigant (la disparition progressive de la mémoire collective de la plupart des mots du dictionnaire), mais n'en tire sans doute pas tout le potentiel. Français le plus convaincant du sommaire, Pascal Sacré joue sur les peurs que provoquent sur un père médecin ses trois enfants ; la montée de la terreur est admirablement maîtrisée, très communicative, même si le final grand-guignolesque amoindrit quelque peu l'effet. Jay Caselberg a beau situer son intrigue à Prague, cela ne suffit pas à distinguer son texte du tout-venant. Richard Labbe propose un acte d'horreur domestique mille fois vu, à la structure bancale (à quoi sert donc la deuxième partie ?) et qui ne débouche sur rien du tout ; le texte d'ambiance de Frédéric Holic frappe plus juste, avec son final inéluctable. Enfin, jamais deux sans trois, l'anthologie se termine sur une short story, de Michael Kelly, qui cette fois-ci nous réconcilie avec le format, entre horreur et ironie.
     Cette édition 2012 de Ténèbres est ainsi mi-figue mi-raisin ; si les textes intéressants ne manquent pas (Buckell, Littlewood, Niveau, Sacré), aucun ne peut prétendre marquer durablement le lecteur. On notera que le vecteur favori de suggestion de l'angoisse se révèle être l'enfance et les terreurs qu'elle génère (la moitié des textes ont comme protagoniste un enfant), que cela soit en tant que victimes ou en tant que bourreaux, les deux rôles se révélant tout aussi efficaces dans leur façon de confronter l'horreur à l'innocence (supposée) de la jeunesse. Enfin, on terminera sur un point de détail : l'anthologie est sous-titrée « 17 nouvelles fantastiques ». Je sais bien que la terreur a été annexée au genre, mais cela me gêne toujours de lire des textes dits fantastiques n'ayant aucune composante surnaturelle, or c'est ici le cas dans plusieurs récits ; « 17 nouvelles fantastiques et de terreur » eût mieux convenu.

Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 22/8/2012
nooSFere


 
     Que reste-t-il aujourd'hui de l'Horreur, genre littéraire majeur dans lequel se sont longtemps illustrés Poppy Z. Brite, Clive Barker, Peter Straub, Dean R. Koontz et Stephen King ? Si la plupart de ces auteurs sont passés à autre chose, le genre, lui, a continué de produire tout en devenant de plus en plus marginal, au point que certains de ses derniers romans importants, primés, ne sont plus traduits en nos contrées. L'horreur cinématographique (et il en va de même pour la SF) est un genre en bonne santé (on ne dressera pas ici la liste des films à petit budget qui ont remporté cinquante fois leur mise de départ), pourquoi cette bonne santé ne se traduit-elle pas par une présence accrue en librairie ? Comme c'est la question à cent mille dollars de la semaine, je n'en ai pas la réponse... Et vous ne la trouverez pas dans cette anthologie. Quoique...
     Ténèbres 2012 contient dix-sept nouvelles (pas toujours fantastiques, d'ailleurs) qui revisitent les thèmes habituels ; enfance maltraitée, croquemitaine, fantôme, vampire, muse. Beaucoup d'ennui, de pages lues en diagonale, rien d'inoubliable (sauf en matière de pénibilité, si on prend en compte le texte de Serena Gentilhomme). On s'arrêtera néanmoins sur trois textes : « Le Violver » de C.C Finlay, récit d'une invasion extraterrestre aux allures de fin du monde, dont l'idée centrale est si répugnante qu'elle marque durablement (dommage que la progression narrative du texte soit si pataude et riche en clichés) ; plus original, Tobias S. Buckell nous propose de monter dans un vaisseau fantôme, mais pas n'importe lequel, un négrier. Sans être transcendant, son « Rejeter Babylone » est peut-être le meilleur texte de la sélection ; Luca Masali, lui, nous refait le coup du Sixième sens avec une petite fille zombie et un arrière-fond très politique (comme chez Romero). Dans les ratés, on tirera du lot « Dans la peau » de Pascal Sacré, c'est « monté » n'importe comment, mais il en reste deux trois images vraiment dérangeantes. Une fois la dernière page tournée, on espère que cette anthologie ne présente pas le meilleur de l'Horreur d'aujourd'hui, auquel cas on pourrait dire sobrement que la messe est dite.

Thomas DAY
Première parution : 1/10/2012
dans Bifrost 68
Mise en ligne le : 9/4/2016


 
Base mise à jour le 6 mai 2017.
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