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Magie brute

Larry CORREIA

Titre original : Hard Magic, 2011
Cycle : Les Chroniques du Grimnoir vol.

Traduction de Marie SURGERS
Illustration de Vincent CHONG
L'ATALANTE, coll. La Dentelle du Cygne n° (308)
Dépôt légal : mai 2012
480 pages, catégorie / prix : 7
ISBN : 978-2-84172-591-5


Couverture

    Quatrième de couverture    
     États-Unis, début des années 1930. Les dirigeables sillonnent le ciel, Berlin est peuplée de zombies et la magie, apparue depuis près d’un siècle, a changé la donne. Le grand public hésite entre admiration et haine des « actifs », ces gens qui se téléportent, lisent dans les esprits, modifient la gravité, contrôlent les animaux, guérissent par imposition des mains...
     Deux organisations de magiques se livrent une guerre souterraine acharnée : l’Imperium et son maître le « président », qui tiennent le Japon, et le Grimnoir, société secrète de résistants aux intentions louables mais aux méthodes discutables.
     Jake Sullivan, lui, vétéran de la Grande Guerre au passé de truand, ne doit la liberté qu’à son serment de mettre ses pouvoirs au service du FBI chaque fois qu’une enquête implique des « actifs » criminels. Il sera bientôt confronté aux véritables enjeux géopolitiques d’un monde au bord de l’enfer et de la destruction ; il lui faudra choisir son camp.

     Magie brute, dans un style très visuel et percutant, mêle gangs ters, superhéros désinvoltes et désabusés, jolies filles teigneuses, bagarres épiques et armes à feu à tous les étages. Roman de fantasy urbaine à la croisée du polar, du steampunk et de l’uchronie, ce premier livre des « Chroniques du Grimnoir » louche aussi sur le double héritage des comics et des pulps américains.

 
    Critiques    
     On devrait interdire aux jeunes* auteurs de publier des livres de plus de trois cents pages. À plus forte raison quand il s'agit de premiers tomes de séries en devenir. Mieux vaut apprendre son métier sur une distance moyenne avant d'essayer d'écrire des volumes plus épais, où l'expérience acquise est nécessaire pour gérer au mieux le rythme desdits volumes. C'est, en substance, le principal reproche que je ferai à ce Magie brute qui, comme nombre de romans actuels, souffre d'un tirage à la ligne trop voyant. Certes, l'idée de départ est très intéressante : dans un monde uchronique (nous sommes en 1930, les dirigeables sillonnent le ciel) où la magie est chose courante, et où tous les «  actifs » ont un talent particulier (changer la gravité, se téléporter, influencer les personnes...), deux groupes se livrent une guerre sans merci. Jake Sullivan, ex-soldat, ex-truand qui végète en prison, se rachète une conduite en collaborant avec la police pour traquer les criminels actifs. Il va être embarqué contre son gré dans le conflit entre le Grimnoir et l'Imperium.
     Le traitement est également plaisant, mêlant harmonieusement roman policier et récit de super-héros (même s'ils n'ont pas de costume, les magiciens en ont toutes les caractéristiques, jusqu'à former des équipes comme les Avengers ou les Quatre Fantastiques), avec des touches de steampunk et une écriture très visuelle, très cinématographique. Les personnages, s'ils se révèlent bien souvent archétypaux, sont néanmoins dépeints avec une certaine justesse, et ce malgré une distribution assez pléthorique qui multiplie les relations entre protagonistes. Pas de doute, Larry Correia a déjà du métier, et son hommage aux comics et pulps est un vrai moment de pur divertissement intelligent. Dommage toutefois que sa science du récit ne l'ait pas averti que parfois, à vouloir être trop généreux, on court le risque que le lecteur frôle l'indigestion, comme c'est le cas ici, notamment avec une dernière scène de bataille interminable. Amputé d'un bon quart, le roman aurait eu fière allure et constitué un début* de carrière remarquable ; en l'état, il souffre du mal récurrent de notre époque, l'obésité, sans toutefois que cela l'empêche de nous (é)mouvoir.

     PS : je m'aperçois après coup que ce livre n'est pas le premier de Larry Correia, qui avait à la parution originale de Magie brute déjà publié deux autres romans en Anglais : les deux premiers tomes d'une autre série et qui faisaient tous deux... plus de 600 pages. Dont acte !

Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 22/8/2012 nooSFere


 
     USA, années 30... Pistolets mitrailleurs Thomson, dirigeables, petite pépés et magie à gogo, tels sont les principaux ingrédients de Magie brute.
     Le roman commence par une mission désastreuse pour Jake Sullivan, survivant de la Grande Guerre et « lourd », c'est-à-dire magicien capable d'agir sur le champ gravitationnel et la densité. Missionné par J. Edgar Hoover pour tuer son ancien amour Delilah, devenue une implacable meurtrière, Jake, non seulement échoue, mais s'aperçoit qu'il a été manipulé par le pénible père-fondateur du FBI. Une mission foirée, un ramassis de mensonges, difficile de dire quel est le truc qui le met le plus en rogne. Ça va saigner.
     Pendant ce temps, la jeune Faye, (qui a le pouvoir de se téléporter) assiste au meurtre de son père adoptif, un fermier d'origine portugaise aux lourds secrets. C'est un coup de Madi, un garde de fer au service du Président, le magicien immortel qui règne sur le Japon. Obligée de fuir, Faye est recueillie par le Grimnoir, une société secrète de magiciens qui s'est jurée de mettre à genoux le Président et qui informe Jake, rallié à sa cause, que le geotel, l'arme de Tesla qui a rasé la moitié de la Sibérie en 1905, est en passe de tomber dans de bien mauvaises mains.
     La guerre peut commencer.
     Magie brute est un roman enthousiasmant, un divertissement qu'on lit à toute allure, avec le plus grand plaisir... quatre cents pages durant. Puis, arrivé sur les cinquante dernières pages, le livre qui s'appréhendait jusque-là comme une fantasy urbaine pleine d'humour et d'action échevelée vire au gore, au sadique. Jake tue les « méchants » (sic) japonais avec un plaisir évident, transformant en bouillie tout Jaune se mettant en travers de sa route. Il en est de même pour Faye, qui, jusqu'ici, nous avait été présentée comme idéaliste/naïve et un poil coincée. Cette façon de présenter le bien/le mal, les bons/les méchants, de noyer les idéaux dans le sang et les tripes, rappelle les carnages successifs de la tétralogie L'Arme fatale où Gibson/Glover massacrent dix, douze « méchants » par épisode, avant de se faire un barbecue. Au moment du gueuleton familial, ils pourraient se poser des questions, avoir une baisse d'appétit, mais non, tout va bien, il convient plutôt d'empêcher les saucisses de brûler et de ne pas tomber à court de bière.
     Evidemment, on peut se dire que Magie brute est avant tout un comics sans image, à ne pas prendre trop au sérieux, mais comme le récit regorge de détails politiques et uchroniques, ça ne suffit pas à gommer le mauvais goût que ses cinquante dernières pages laissent dans la bouche.
     Pour finir, un mot sur la traduction, qui est horripilante tant le livre regorge de vocabulaire relatif aux armes à feu, vocabulaire précis avec lequel la traductrice a un certain contentieux. Ça pourrait passer si Magie brute n'était pas une succession quasiment ininterrompue de scènes d'action et de fusillades. De fait, ça coince un peu. Dommage.

Thomas DAY
Première parution : 1/10/2012 dans Bifrost 68
Mise en ligne le : 3/4/2016


 

 
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