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Chansons de la Terre Mourante - 1

ANTHOLOGIE

Textes réunis par Gardner DOZOIS & George R. R. MARTIN

Titre original : Songs of the Dying Earth: Stories in Honor of Jack Vance, 2009
Science Fiction  - Cycle : Chansons de la Terre Mourante vol.

Illustration de Andrew BRASE
ActuSF, coll. Perles d'Épice n° (11), dépôt légal : mai 2013
392 pages, catégorie / prix : 19 €, ISBN : 978-2-917689-48-6

Chaque texte est présenté par les anthologistes et suivi d'une postface de son auteur.

Couverture

    Quatrième de couverture    
     À l’autre bout du temps, un soleil rouge et obèse jette sur la Terre mourante sa lumière de fin du monde. Ceux qui arpentent cette terre agonisante sont les derniers héros de l’humanité. Ils s’appellent Cugel ou Rhialto, T’saïs ou Pandelume, ils sont mages ou voleurs, bretteurs ou escrocs, mais ils sont toujours flamboyants, car ils sont nés il y a de cela soixante ans, sous la plume de Jack Vance.

     Maître de la narration, créateur de mondes et styliste unique, Jack Vance est probablement l’auteur qui a suscité le plus de vocations. Des générations entières d’écrivains ont voulu marcher sur ses traces et devenir, à leur tour, des marchands de rêves.

     George R. R. Martin et Gardner Dozois ont réuni les plus grands noms des littératures de l’imaginaire – Glen Cook, Robert Silverberg, Jeff VanderMeer ou Walter Jon Williams – pour saluer, comme il se devait, Maître Jack Vance et son cycle de la Terre mourante.


    Sommaire    
1 - Dean R. KOONTZ, Merci, M. Vance (Merci, M. Vance), pages 9 à 14, Article
2 - Jack VANCE, Préface (Preface), pages 17 à 18, Préface
3 - Robert SILVERBERG, Le Cru véritable d'Erzuine Thale (The True Vintage of Erzuine Thale), pages 21 à 59, trad. Pierre-Paul DURASTANTI
4 - Terry DOWLING, La Porte Copse (The Copsy Door), pages 61 à 109, trad. Florence DOLISI
5 - Glen COOK, Le Bon Magicien (The Good Magician), pages 111 à 168, trad. Emmanuel CHASTELLIÈRE
6 - Byron TETRICK, L'Université de maugie (The Collegeum of Mauge), pages 171 à 211, trad. Célia CHAZEL
7 - Walter Jon WILLIAMS, Abrizonde (Abrizonde), pages 213 à 263, trad. Éric HOLSTEIN
8 - George R. R. MARTIN, Une Nuit au Chalet du Lac (A Night at the Tarn House), pages 265 à 327, trad. Éric HOLSTEIN
9 - Jeff VANDERMEER, La Dernière Quête du mage Sarnod (The Final Quest of the Wizard Sarnod), pages 329 à 386, trad. Éric HOLSTEIN
 
    Critiques    
     Publiée aux États-Unis en 2009, cette anthologie-hommage à Jack Vance se voit traduite en français au plus funeste des moments : en effet, quelques semaines après que ce livre ait été disponible en France, Jack Vance, ce géant de la science-fiction et de la fantasy, s'est éteint. C'est donc avec un sentiment extrêmement étrange que j'ai abordé la lecture de cet ouvrage.
     Chansons de la Terre mourante faisait en langue originale près de 700 pages en grand format ; on se doute bien que, pour un éditeur de la taille d'ActuSF, plutôt spécialisé dans les livres au format semi-poche, assumer une telle somme ne pouvait se faire en un seul tome. Il a donc été décidé de le couper en trois ; là où cette pratique ferait hurler pour d'autres éditeurs plus établis (car, au final, l'anthologie complète devrait coûter entre 50 et 60 €), on comprend bien la nécessité ici. ActuSF reste une petite structure, qui peut difficilement se permettre d'engager des frais de traduction sans doute très onéreux, aussi l'éditeur tente-t-il de limiter les risques d'une telle entreprise : découpage en trois donc, mais aussi partenariat multiple et capitalisation sur le nom de l'un des deux anthologistes, George R.R. Martin, l'auteur du Trône de fer (accompagné de Gardner Dozois). À ceux que le procédé chagrine tout de même, on mentionnera que sans ce parti-pris courageux, il y a fort à parier qu'on aurait sans doute attendu longtemps la traduction de ce livre, ce qui aurait été bien dommage car il s'y trouve quelques (très) bons textes.
     Même si l’œuvre de Jack Vance est assez multiple (mentionnons La Geste des Princes-Démons, Alastor, La Planète Géante, les Chroniques de Durdane, Lyonesse, le cycle de Tschaï, Les Langages de Pao), une seule de ses créations, mais sans doute la plus emblématique, a été choisie ici : il s'agit du cycle de la Terre mourante, situé dans un futur lointain où, accompagnée par un soleil agonisant, la Terre a vu la Lune disparaître, la société se déliter (même si certains tentent de conserver un semblant d'ersatz de communauté, fût-elle féodale), alors qu'il côtoient des monstres de diverses origines. Les magiciens (comme Rhialto) s'y donnent à cœur joie, tandis que d'autres hommes font confiance à leur capacité d'adaptation pour survivre voire connaître quelques aventures picaresques (Cugel). Le cadre est suffisamment vaste et lâche pour que les auteurs convoqués ici puissent s'y sentir à l'aise et nous faire partager leur connaissance de l'univers de Vance. L'anthologie s'ouvre sur une introduction de Dean R. Koontz, et une courte préface de Vance lui-même ; en outre, chaque auteur est présenté par les anthologistes, et décrit dans une postface à sa nouvelle sa relation avec l’œuvre de Jack Vance.
     Le premier auteur à s'y coller, c'est Robert Silverberg. Il nous propose un texte magnifique sur un poète dont les journées sont rythmées par la dégustation de sa cave, dont les nectars sont choisis avec précision pour correspondre à chaque moment du jour ; viennent alors trois hommes, alléchés par la rumeur selon laquelle le poète posséderait le meilleur vin qui puisse exister... Une nouvelle d'une grande sophistication et merveilleuse de subtilité, parfaitement rendue par une traduction splendide de Pierre-Paul Durastanti. Le volume démarre fort...
     Dans « La Porte Copse » de Terry Dowling, un magicien qui a perdu sa capacité à lancer des sorts efficaces, découvre une porte vers un autre monde où, accompagné de deux magiciens rivaux, il rencontre un sorcier d'un autre âge qui leur lance un défi. Malgré deux-trois bonnes idées, ce texte peine à convaincre, tout comme le suivant, parfois incompréhensible, de Glen Cook, où un aréopage de magiciens envahissent de manière bien alambiquée et fumeuse une cité où ils rencontrent un magicien se cherchant un apprenti. «  L'université de Maugie », de l'inconnu Byron Tetrick, bien que convoquant la figure emblématique de Cugel, ne restera pas non plus dans les mémoires : le choix de l'auteur de prolonger (artificiellement) le cycle de Cugel plutôt que de proposer un texte vraiment personnel, ne s'avère en effet pas payant.
     « Abrizonde », de Tad Williams, relève le niveau : un homme se retrouve coincé dans un château sis au fond d'une vallée alors que celui-ci est assiégé tant par l'amont que l'aval, la tendance du châtelain à exercer un droit de passage lui ayant valu des inimitiés. De la ruse, des personnages bien campés et hauts en couleur, de vrais enjeux : Williams a su utiliser au mieux les codes vancéens pour livrer un texte convaincant.
     Dans « Une nuit au Chalet du Lac », de George R.R. Martin, nous assistons à la rencontre dans une auberge de nombreux personnages de différents horizons. Martin prend visiblement grand plaisir à utiliser l'un des principes de construction du Trône de fer (les multiples interactions entre les différents protagonistes) pour raconter cette tranche de vie ; plaisir partagé par le lecteur.
     Enfin, Jeff VanDerMeer a le redoutable honneur de clore ce volume ; il le fait à sa façon, son texte étant sans doute celui qui prend le plus de libertés avec le cadre vancéen, tandis que le mage Sarnod envoie deux de ses serviteurs dans l'EN DEÇA, le purgatoire de ses ennemis, pour y retrouver son ancien amour et celui qui la lui a volée.
     Au final, cette anthologie plaira assurément aux fans de Jack Vance : tous les textes parviennent à retrouver (avec plus ou moins de bonheur, certes, mais les nouvelles de Vance lui-même n'étaient pas toutes d'un intérêt identique) la verve du grand baroudeur de l'imaginaire et lui rendent ainsi un bien bel hommage, largement mérité. Si l'on devait en mentionner le dessus du panier, les noms de Silverberg, Williams et Martin viendraient à l'esprit en priorité. Évidemment, on attend avec impatience les deux prochains tiers de ces Chansons de la Terre mourante.

Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 22/6/2013
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Base mise à jour le 24 septembre 2017.
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