Midgard, berceau des Ténèbres et du Rêve. Pour éviter de détruire ce monde sur lequel ils régnaient autrefois, les Faeders et les Dragons se sont retirés dans les profondeurs de leur forteresse d'Asgard. Seules la Dame des Songes et ses trois soeurs, la Peur, la Nuit et la Mort, veillent encore sur les hommes. Cependant, les dieux avides de pouvoir ne peuvent respecter bien longtemps les termes du pacte. Leur retour est proche...
Connaissez-vous ce pays que l'on nomme de royaume de Lys ? Une contrée hors du temps où les magiciens-poètes explorent les frontières du rêve... Janes s'y est réfugié pour échapper aux griffes du Kzaar Asraan et à son oncle, le dieu Wultan, perdant tout espoir de retrouver la femme dont il est épris : Livia. Celle-ci, emprisonnée, s'engage dans une lutte acharnée pour retrouver sa liberté. Mais les dieux ont juré la perte des deux amants. Selon la prophétie, une fois réunis, Janes et Livia amèneront la fin d'Asgard et la mort des dieux. Jusqu'au jour où une mystérieuse caravane de bateleurs s'arrête aux portes du royaume de Lys. Son chef propose un étrange marché à Janes : qu'il retrouve l'anneau de la foi, garant de la survie des dieux, ou la fille qu'il aime mourra...
Fabrice Colin, né en 1972, a signé quatre romans, dont le très remarqué Vestiges d'Arcadia. Il poursuit ici une trilogie de fantasy sombre et épique à la croisée du conte de fées et de la tragédie shakespearienne.
Critiques
Ce deuxième tome de Winterheim séduit à nouveau dès les premières lignes par la force des tableaux que sait peindre Fabrice Colin. On y voit par exemple des rois-poètes se lancer à l'assaut du clair-obscur en quête d'essences de rêves, que des paroles pourront modeler afin d'incarner une nymphe d'amour perdue...
Si les images demeurent le point fort du roman, l'action marque une pause : il n'y a pas d'événement majeur, et l'intrigue est centrée sur un voyage destiné à trouver l'anneau d'Anthémion, tandis que les personnages - humains, dieux et draakens - jouent une tragédie, une partie complexe qui n'est pas gagnée d'avance. L'histoire d'amour de Janes et Livia devient ainsi un long et magnifique chant lyrique, foisonnant d'images oniriques et poétiques, qui nous entraîne de façon quasi-hypnotique vers le troisième et dernier tome. La partie centrale, autour des saltimbanques, est cependant moins marquante, davantage dans la tradition des équipages hétéroclites qui abondent en fantasy. Heureusement Colin ne laisse jamais longtemps la narration s'amollir, et les visions fabuleuses dont il a le secret reprennent vite leur droit : son style envoûtant fait encore des merveilles.
A noter que l'ouvrage s'ouvre sur des excuses... L'auteur et l'éditeur se désolent pour le "désagrément" occasionné à "certains lecteurs" par la "facétie littéraire" que constituent les récits enchevêtrés des rêveries de Janes et Livia... passage que nous avions justement admiré dans la critique du premier volume ! Souhaitons que les quelques plaintes de ces lecteurs mal réveillés ne dissuadent pas l'auteur d'enrichir ses textes d'audaces formelles que bien d'autres savent goûter lorsqu'elles sont aussi remarquablement réussies !