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Mission Basilic

David WEBER

Titre original : Honor Harrington - On Basilisk Station, 1993

Cycle : Honor Harrington vol.

Traduction de Arnaud MOUSNIER-LOMPRÉ
Illustration de Vincent MADRAS

L'ATALANTE (Nantes, France), coll. La Dentelle du Cygne n° (1)
Dépôt légal : juin 1999
496 pages, catégorie / prix : 6
ISBN : 2-84172-103-5   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Rude début de carrière pour le capitaine de frégate Honor Harrington, de la Flotte royale de Manticore. Ayant humilié un haut gradé lors d'un exercice, elle se voit chargée, pour sa première affectation de commandant de bord, d'assurer seule la police du système lointain de Basilic, avec un vaisseau hors d'âge à demi désarmé et un équipage qui la rend responsable de son exil. Or une puissance hostile a des visées sur Basilic, terminus d'un « trou de ver », porte du voyage instantané, et fomente une machination complexe pour s'en emparer...
     Marine de l'espace, affrontements dans les étoiles, le cycle d'Honor Harrington adapte la grande tradition du roman d'aventure de mer à la science-fiction. Par la cohérence technologique de son univers et la précision du récit, David Weber y renouvelle le space opera classique avec une rare virtuosité.
 
    Critiques    
"Hissez les voiles !" est un ordre que l'on ne s'attend guère à entendre dans l'espace interstellaire ! Pourtant avec la voile de Warshawski, indispensable au voyage dans l'hyperespace, David Weber a trouvé un artifice lui permettant d'adapter au space opera le roman anglais d'aventure maritime, écrit en général à la gloire de la marine britannique.

     L'auteur affirme d'emblée cette filiation en dédiant son livre à C. S. Forester, figure marquante de cette littérature, et le texte est ainsi parsemé de vocabulaire maritime, à commencer bien sûr par le nom des vaisseaux (croiseur, frégate, cargo, etc...), qui naviguent sur ordre de Sa Majesté la Reine... de Manticore.

     Les amateurs de récits de guerre, avec intrigues politico-militaires, combats grandioses et stratégies audacieuses permettant à un vaisseau sous-équipé d'affronter une flotte entière, seront comblés, car David Weber a manifestement un sens du rythme et un dynamisme qui suffisent à captiver le lecteur... Il fait en outre preuve d'une grande habileté dans la construction de son univers, et parvient sans mal à éviter les incohérences et approximations qui gâchent bon nombre de récits d'aventures.

     En revanche, ceux que la tactique guerrière ennuie, qui ne supportent pas les affrontements virevoltants à grands coups de torpilles spatiales, qui sont allergiques à la morale et à l'honneur exacerbés, qui se sont endormis devant A la poursuite d'Octobre rouge ou qui bâillent en parcourant des BD telles que Barbe-Rouge ou Bruce J. Hawker, peuvent passer leur chemin. Ce roman ne vaut en effet que si l'on accepte les conventions et les limites du genre, car ni l'intrigue relativement simple, ni les personnages volontairement stéréotypés, ne permettent d'oublier qu'il s'agit avant tout d'action, de bravoure et de batailles...

     Si les prochains romans confirment le talent de Weber, nul doute que le cycle de Honor Harrington suscitera autant d'enthousiasmes que de rejets... A chaque lecteur de déterminer son camp !

Pascal PATOZ (lui écrire)
Première parution : 15/7/1999 nooSFere


     Encore inconnu en France, David Weber est aux USA une des grandes stars du space-opera. Personnages inoubliables, imagination hors norme, cohérence scientifique et narrative en font un auteur à découvrir absolument. Et L'Atalante n'y va pas par quatre chemins en publiant son meilleur cycle, celui du Capitaine Honor Harrington.
     À peine affectée sur L'Intrépide, la trop brillante Honor Harrington est saquée par l'amiral de la Flotte royale manticorienne. Elle est expédiée en mission de surveillance douanière au poste de Basilic, terminus d'un des précieux trous-de-vers qui rendent possible un voyage spatial presque instantané. Poste hautement stratégique, il est l'enjeu d'ardentes batailles politiques comme des pires mesquineries. Pour l'heure presque abandonné, c'est le parfait placard pour les indésirables. Or, les empires galactiques voisins ne rêvent que d'une chose, s'en emparer. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, Honor Harrington remplit scrupuleusement sa mission... et se retrouve seule en première ligne, un plan d'invasion particulièrement tortueux sur les bras.
     Roman passionnant et tumultueux, Mission Basilic mêle deux traditions  : le space-opera et le récit d'aventures maritimes. David Weber transpose dans la science-fiction la mythique série du Capitaine Hornblower de Cecil Scott Forester (à lire absolument, en commençant par Retour à bon port, Pocket). Un solide contexte politique et géostratégique soutient et enrichit le récit d'aventures dans les deux séries. Il leur donne de l'épaisseur. Coincé au milieu du cosmos entre de puissants empires galactiques, le Royaume manticorien rejoue les heures glorieuses de l'Angleterre qui a plusieurs fois contenu à elle seule les assauts du reste du monde (Napoléon, Hitler), campée sur ses valeurs de courage et de ténacité et servie par la supériorité innée de sa flotte qu'ont incarnée des capitaines charismatiques. Honor Harrington est leur digne successeur. Héroïne complexe qui ne cesse d'évoluer au fil des pages et des épisodes, elle illumine le roman, incendie le cocktail explosif de David Weber. D'insipide, sa mission tourne vite à l'enquête militaro-policière sur fond de trafics, révolte indigène, complot interstellaire, machinations politiques abjectes prêtes à broyer le premier capitaine venu s'il n'avait l'entêtement, la rigueur et l'inflexibilité d'une Honor Harrington. Le roman s'emballe lentement pour culminer dans un mémorable duel spatial plein de bruits, de fureur, de sang et de larmes, dans une débauche d'actions héroïques qui évoquent encore les inoubliables combats navals de Cecil Scott Forester, et que David Weber sublime. C'est in-con-tour-na-ble  !

Stéphane MANFREDO
Première parution : 1/9/1999 dans Galaxies 14
Mise en ligne le : 10/10/2000


     Voilà un roman qu'il m'a fallu finir à 4hl5 sachant bien qu'à 6h00 il me faudrait me lever... Livre qui n'a pourtant rien d'un thriller et aucun suspense n'incitant à poursuivre. On sait très bien comment cela va finir et même de quelle manière cela va finir, quelle manoeuvre va apporter la victoire. Et on ne se trompe pas...
     Ceci dit, ce roman risque fort de ne pas plaire à tout un chacun. En effet, c'est là de la SF – du space opera – militariste de la plus belle eau.
     Honor Harrington n'est pas une femme : c'est un officier supérieur ! Elle a un cerveau pour décider et une voix pour ordonner, le sens du devoir comme morale et comme sentiment. Et un chat, aussi... Elle vient de recevoir son second commandement : le HMS Intrépide. Lors de manoeuvres, elle réussit un fort joli coup avant que l'adversaire, vexé et rendu prudent, l'empêche de récidiver. Aussi la voilà t-elle affectée au poste de Basilic : le Placard majuscule. Elle donne de furieux coups de pied dans la fourmilière, mettant un terme brutal à des lustres de négligente incompétence.
     Après tout, peut-être David Weber n'est-il pas un ancien officier de la Royal Navy. Pourtant, si tel était le cas nul n'en serait surpris, tant Mission Basilic est un vibrant hommage aux officiers de la marine de Sa Majesté.
     transi Manticore est une monarchie constitutionnelle, dotée d'une reine Elizabeth, de chambres des Lords et des Communes. Basilic est un protectorat et une pomme de discorde politique entre les factions en lice : les libéraux au pouvoir (au sens anglo-saxon du terme) qui souhaitent limiter la présence militaire de Manticore à Basilic et une opposition plus énergique et impérialiste. On est donc immergé dans un univers presqu'exclusivement militaire avec un arrière-plan aristocratique.
     La première partie expose, à travers la reprise en main du poste de Basilic, la manière dont, en parallèle, le nouveau commandant se fait progressivement respecter de son équipage. A défaut d'être larmoyant, l'aspect psychologique est essentiel – surtout pour un récit qui respecte à la lettre les canons du genre. Harrington est intransigeante, exigeante et exemplaire. Les rapports sont néanmoins distants et guindés. Imaginez le capitaine du Bounty diplômé d'une école de management ! Si elle sait créer et animer une équipe, elle n'en connaît pas moins la solitude du chef. Si elle sait écouter, elle sait aussi exploiter la culpabilité et surtout se faire entendre. Elle ne recourt par contre jamais à la moindre séduction. Imbue de morale militaire, sens de l'honneur et du devoir – c'est qu'on se bat en duel dans cette société-là ! – elle n'a bien sûr aucun état d'âme à exposer sa propre vie ni à sacrifier ses subordonnés. Alors les ennemis, pensez ! Faire massacrer par milliers les aborigènes manipulés ne la gène nullement, pas plus que d'engager un ennemi supérieur. La morale de l'histoire est qu'une telle attitude se justifie. Si vis pacem para bellum, ne dit-on pas ?
     La richesse de Manticore vient d'un noeud hyperspatial dont Basilic est l'un des terminus sur lequel lorgne la république populaire en faillite de Havre. A l'évidence si Manticore est l'Angleterre, Havre est l'Union Soviétique. Et le Sirius, cargo lourdement armé, fleure bon le chalutier russe... Havre a fomenté un plan d'annexion de Basilic, ce qui lui offrirait deux terminaux du noeud de Manticore et une bonne opportunité d'invasion de ce royaume. Le dépoussiérage de Harrington a donc levé le lièvre qui reposait en partie sur la tradition de négligence de la flotte manticorienne.
     On s'en doute, s'en suivront poursuite et combat à mort entre l'Intrépide et le Sirius : un duel à l'issue éminemment prévisible... Cet affrontement, qui s'étend sur plus d'une centaine de pages, rappelle furieusement celui du film Duel dans Atlantide, où, souvenez-vous, après que le destroyer américain torpillé ait éperonné le U-Boat, les deux capitaines se saluent, l'américain allant même jusqu'à aider l'allemand à évacuer son bâtiment. Honor Harrington reçoit là une belle leçon d'humanisme – et David Weber avec elle ! C'est qu'on ne combattait alors pas impunément la Wehrmacht ou la Kriegsmarine ; en Iraq ou en Serbie, c'est de punitions qu'il s'est agi, pas de combats. Ce qui nécessite de l'arrogance, du mépris plutôt que du courage. Harrington est un officier dont la mentalité est appropriée à « Tempête du désert » et qui se retrouve soudain face à plus fort qu'elle. Elle ne devra la victoire qu'au fait que le commandant du Sirius se comporte comme un nazi en venant achever les vaincus, ce qui n'a rien de comparable avec l'attitude du capitaine allemand de Duel dans l'Atlantide. C'est aussi l'anti-thèse de l'excellent roman antimilitariste de David Gerrold, Années-lumières, années de guerre.
     Voilà un roman à tout le moins conservateur, voire réactionnaire. Militariste. Et tout ça très franchement. Pas pernicieux pour un sou. Il y a bien sûr les risques liés aux mécanismes d'identification... Ceci mis à part, l'histoire est bien menée, sans temps morts, agréable, pas exclusivement orientée vers l'action. Mais, si David Weber a créé un univers cohérent, il n'a pas inventé la poudre et s'est contenté de la faire parler... Cet ouvrage un peu surprenant chez L'Atalante est néanmoins une réussite dans son genre.

Jean-Pierre LION
Première parution : 1/9/1999 dans Bifrost 15
Mise en ligne le : 1/9/2001


 
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