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Douces illusions

Robert SHECKLEY


Traduction de Mimi PERRIN

CALMANN-LÉVY (Paris, France), coll. Dimensions SF n° (33)
Dépôt légal : 2ème trimestre 1978
272 pages, catégorie / prix : nd
ISBN : 2-7021-0256-5
Format : 14 x 21 cm  
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Vous vous croyez rudement malin  !
     Sur une planète désertée, vous avez découvert l'arme absolue.
     Au bazar des mondes, vous prenez un billet pour l'univers de vos rêves.
     Vous allez à la pêche, mais vous êtes certain de savoir reconnaître un hameçon lorsque c'est à vous qu'on le présente.
     Vos danses rituelles vous attireront à coup sûr la faveur des dieux.
     Stratège de la guerre intergalactique, vous prévoyez tous les mouvements de l'ennemi  : comment pourriez-vous perdre cette bataille  ?
     Mais mon pauvre ami, vous vous faites de douces illusions...
     Et si vous n'êtes pas convaincu, lisez ces nouvelles, toutes inédites, du plus grand humoriste de la science-fiction. Il sait de quoi il parle  : l'illusionniste, c'est lui.

    Sommaire    
1 - Préface, pages 9 à 11, Préface, trad. Mimi PERRIN
2 - Au bazar des mondes (The Store of the Worlds / The World of Heart's Desire), pages 15 à 22, trad. Mimi PERRIN
3 - Citoyen de l'espace (Citizen in Space / Spy Story), pages 25 à 38, trad. Mimi PERRIN
4 - La Pêche est ouverte (Fishing Season), pages 41 à 57, trad. Mimi PERRIN
5 - Propriété privée (Restricted Area), pages 61 à 81, trad. Mimi PERRIN
6 - Bienvenue au cauchemar classique (Welcome to the Standard Nightmare), pages 85 à 102, trad. Mimi PERRIN
7 - L'Arme absolue (The Last Weapon), pages 105 à 114, trad. Mimi PERRIN
8 - Échec et mat à mort (Fool's Mate), pages 117 à 133, trad. Mimi PERRIN
9 - Immunité diplomatique (Diplomatic Immunity), pages 137 à 160, trad. Mimi PERRIN
10 - Les Démons (The Demons), pages 163 à 174, trad. Mimi PERRIN
11 - Rituel (Ritual), pages 177 à 187, trad. Mimi PERRIN
12 - Potentiel (Potential), pages 191 à 209, trad. Mimi PERRIN
13 - En un pays aux couleurs claires (In a Land of Clear Colours), pages 213 à 267, trad. Mimi PERRIN

    Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo, ....)    
Monsters ( episode : The Demons ) , 1989, Scott Alexander (d'après le texte : Les Démons), (Episode Série TV)
 
    Critiques    
 
     PROFONDEUR DES MIROIRS

     C'est un recueil original à plusieurs titres. Bien que les nouvelles aient déjà été éditées aux USA, aucune — à ma connaissance — n'a encore été traduite : cela nous change des compilations copieuses où 1/3 seulement est neuf. De plus, c'est Louit et Sheckley qui ont composé ensemble le recueil, sur l'idée d'illusion, qui serait — d'après Louit — centrale chez l'auteur américain. Enfin l'auteur préface l'ensemble, et le fait de façon très drôle — profitons-en. Avant de parler des textes, il est bon de revenir sur ce qui semble être une politique originale de cette collection DIMENSIONS : l'attention portée aux recueils de nouvelles originales (en français). L'an dernier c'était Silverberg avec Trips et les Mémoires de Ijon Tichy (Lem). Il se murmure que Chambon préparerait un merveilleux Ellison pour 79. Espérons. Mais n'anticipons pas. Le fil conducteur étant l'illusion, voyons ce qu'en pense Sheckley : « c'est la notion que la réalité quotidienne ne peut être, en toute honnêteté, appréhendée, car toute évidence est trompeuse et ce qui semble illusion se révèle parfois réel ». Cette proposition, on voit ce qu'elle donne chez Matheson et dans le Fantastique Moderne, on en voit les fruits chez Lem. Et chez Sheckley ? La réponse ce sont 12 nouvelles, qui culminent avec la plus longue, la finale et la plus récente aussi (1976) placée sous l'égide de Swinburne : une des plus étranges. Sauf une de 1973, toutes les autres sont antérieures à 1960 et parues ça et là, loin des coins de pêche traditionnels des traducteurs. Cette plongée dans un frais courant, à l'aube des années 50, ravira les anciens lecteurs de Galaxie, qui se tapissaient affamés à l'ombre des kiosques. La dernière nouvelle montre à quel point un écrivain peut acquérir de la profondeur, pour peu que les lecteurs le traquent. En un pays aux couleurs claires est un petit chef-d'œuvre. Il incite à voir autre chose en Sheckley que l'humoriste de service. Il amène à relire les nouvelles plus anciennes selon une composante particulière de l'illusion et qui est la nostalgie : nostalgie du passé le plus banal quand le monde autour de soi est devenu d'une quotidienneté différente (1re nouvelle) de l'enfance et de ses peurs -à la manière tendre et atroce d'un Topor ou d'un Chass Adams (2e nouvelle), du Fantastique classique avec Démons et du 1ercontact avec Rituel. Si Sheckley se contentait de jouer avec les thèmes de l'illusion, il ne serait qu'un bon « faiseur » de plus.
     S'il acquiert une profondeur, c'est en situant ces illusions non pas dans le creux rhétorique, mais dans les miroirs de la nostalgie d'une époque où l'on pouvait croire au possible. Alors, ses clowneries présentant l'homme comme un Chariot cosmique, avaient le charme des tartes à la crème et cependant donnaient une expression à un mal d'être diffus. Dans sa dernière nouvelle, c'est une sorte de retour sur cette époque : et le regard qu'il porte sur ce passé est tel que la lecture des premières œuvres change. Elles acquièrent une saveur douce amère, une profondeur insoupçonnée. La première vraie philosophie cosmique sans doute, loin des CS Lewis et des Clarke, avec leurs grandes machines. Près de la tendresse. A moins que je ne me laisse porter par de douces illusions.

Roger BOZZETTO
Première parution : 1/9/1978 dans Fiction 293
Mise en ligne le : 23/5/2010

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition POCKET, Science-Fiction / Fantasy (1988)


 
     Depuis quelques mois les collections de poche et de semi-poche publient massivement Robert Sheckley. J'ai Lu a réédité dernièrement Le robot qui me ressemblait, un recueil initialement paru chez Robert Laffont, et Denoël annonce, pour le mois de juin, Victim Prime, un court roman publié pour la première fois outre-Atlantique en 1986. Mais la palme revient sans conteste à Presses Pocket qui a réédité des romans comme Options ou Les erreurs de Joenes pour ne citer que ces deux titres. Ajoutons à cela la réimpression du Livre d'or de Robert Sheckley 1 dû à Michel Demuth et vous aurez une assez bonne vue d'ensemble de la situation.
     Les nouvelles contenues dans ce recueil ont été choisies par l'auteur lui-même, en relation avec Robert Louit, alors directeur de la collection Dimensions SF où est paru ce livre en 1978. La majorité d'entre elles ont été écrites dans les années cinquante, c'est-à-dire pendant, la période faste (aussi bien quantitativement que qualitativement) de notre auteur. Ainsi ne sera-t-on étonné si ces textes ont été publiés aux USA dans des revues aussi célèbres qu'Amazing stories, Galaxy, Astounding stories ou (dans un domaine un tant soit peu différent) Play-Boy...
     La majorité de ce recueil est composé d'histoire « à chute ». Dans la plus pure tradition sheckleyienne. Mais sous l'humour de ces récits, on retrouve les préoccupations de l'époque : l'espionnage et « la guerre froide » entre les grandes puissances ou encore la course à l'armement et la peur du cataclysme ultime. Pourtant l'auteur aborde principalement un sujet toujours d'actualité : le choc des cultures entre deux races étrangères. Un problème qu'il visualise de bien des manières, nous proposant ainsi un panorama complet de la question.
     Parmi les textes les plus amusants signalons « Bienvenue au cauchemar classique » où Sheckley pousse son raisonnement jusqu'au bout avec une logique impitoyable. « Echec et mat à mort » qui n'est pas sans rappeler « La stratégie Ender » d'Orson Scott Card. « La pêche est ouverte » où l'explication des disparitions émaillant le récit, fait appel aux techniques de pêche à la ligne via le continuum spatio-temporel ! Enfin « L'arme absolue » où l'auteur nous conte la découverte des fabuleuses armes martiennes après trois aventuriers sans scrupules. Notons que ce texte est la traduction de « The last weapon », et n'a donc aucun rapport avec l'autre nouvelle intitulée « L'arme absolue » (traduction de « The gun without a bang ») qui a été reprise dans le recueil Le prix du danger (J'ai Lu n°1474).
     Le livre se clôt sur une novelette, écrite en 1976 et qui tranche sur le reste de l'ouvrage. En effet l'humour y est absent. Et c'est un Sheckley sérieux, grave même, qui nous narre l'aventure d'un Terrien sur Kaldor V, un monde où les habitants vivent en symbiose avec les cycles vitaux de leur planète. L'auteur a réussi là une description particulièrement intelligente d'une culture radicalement (génétiquement même) autre.
     Il est clair que l'inconditionnel de l'univers sheckleyien n'aura pas attendu ma critique pour se procurer ce recueil enfin disponible en poche. Gageons qu'il ne sortira pas déçu de ce voyage aux pays des douces illusions... Je conseillerai cependant au lecteur souhaitant aborder l'œuvre de Robert Sheckley, un autre recueil que je relis toujours avec immensément de plaisir : Pèlerinage à la Terre (Denoël, Présence du Futur n°43). Le talent exceptionnel de novelliste de Sheckley est ici à son apogée. Non pas que Douces illusions manque d'idées ! Mais certains textes, quoique fort plaisants à lire, s'oublient un peu trop vite...

Notes :

1. Regrettons cependant que la partie bibliographique de ce Livre d'or n'ait pas été réactualisée.

Thierry BOSCH
Première parution : 1/3/1988
dans Fiction 395
Mise en ligne le : 11/1/2009




 

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