Katherine MacLEAN Titre original : Missing Man, 1975 Première parution : Berkley/Putnam, mai 1975 (le titre "The Missing Man", avec l'article, est celui de la nouvelle à la base de ce livre)ISFDB Traduction de Bruno MARTIN Illustration de François ALLOT
OPTA
(Paris, France), coll. Anti-mondes n° 31 Dépôt légal : 1er trimestre 1977 Première édition Roman, 292 pages, catégorie / prix : nd ISBN : 2-7201-0080-3 Format : 13,5 x 19,0 cm Genre : Science-Fiction
Au début du XXIème siècle, New York reste New York. Une ville violente qui a trouvé une solution provisoire à la surpopulation en installant des dômes d'habitation sous-marins. Une ville d'enclaves, faite de cités dans la Cité. Harlem est devenu un état à part entière, totalement isolé. De même que le territoire de la Palestine.
C'est le règne absolu de l'ordinateur. Non pas la machine géante de la Science-Fiction des années 50, mais l'ordinateur insidieux de la technocratie.
On se nourrit à la carte. C'est-à-dire à la carte magnétique de crédit.
Dans cet univers étouffant, l'ordre est difficile. Mais l'Escouade de Sauvetage veille. Elle court d'un suicide à un meurtre collectif. Elle détecte les maniaques et, surtout, elle évite les affrontements entre les communautés. Comme celle des vieillards, où sont reconstituées les chères années 40. Celle des artistes. Celle des Incas, qui adorent à nouveau le Dieu Soleil.
Et, au cœur de tout, sensible à la moindre détresse, percevant la plus infime saute d'émotion, il y a George Sanford. Si, quelque part, quelqu'un médite un meurtre, il devient ce quelqu'un. Il voit par ses yeux, il vit dans ses pensées.
George est malade de son talent. Il vibre de toutes les ondes de New York. Mais, pour l'Escouade de Sauvetage, il est un élément essentiel...
Katherine Maclean, diplômée de Sciences Economiques a été publiée dès 1950. Ses œuvres sont d'une facture classique, mais toujours riches d'idées originales sur les sociétés possibles, souvent très critiques, voire mordantes. Le Disparu, son premier roman publié en France, est à la fois le portrait sensible d'un mutant solitaire et le tableau sarcastique d'une mégalopole technocratique.
Critiques
Classique, traditionnel même, autant par la forme que par le fond, tel se présente ce Missing man : dans un New York violent, surpeuplé, très brunnérien en somme, du début du XXIe siècle, un auxiliaire de police « empathe » (plutôt que télépathe) repère dans la jungle urbaine, grâce aux « vibes » qu'ils émettent, les citoyens dangereux ou en péril — saboteurs, séquestrés, suicidaires... Il y a de bonnes idées, comme l'existence de ces Communes fragmentant la ville (par exemple la Nouvelle Jordanie, peuplée d'Arabes extrémistes) ou le carnaval, orchestré par des sectes dont les membres s'identifient totalement au passé (les Aztèques). Mais l'auteur n'a su mener à bien aucun des thèmes abordés, aucune des réflexions amorcées : d'où viennent tous ces pouvoirs psi plus ou moins embryonnaires ? Quelle opinion faut-il avoir concernant le « lavage de cerveau » ? De l'action des teen-agers terroristes qui accusent les technocrates de l'informatique d'organiser par sélection (mais comment ?) un génocide dans la population ? On nage dans le flou thématique et idéologique, et quant à ce dernier point, c'est d'autant plus grave qu'on trouve de ci de là des réflexions du genre : « Les Arabes adultes se délectent à torturer ».Au total, un roman bien insatisfaisant.