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Univers 1984

ANTHOLOGIE

Textes réunis par Joëlle WINTREBERT


Science Fiction  - Cycle : Univers (anthologie périodique)  vol. 24 

Illustration de Tim WHITE
J'AI LU, coll. Science-Fiction (1959 - 1984, 1ère série) n° 1617, dépôt légal : mars 1984
416 pages, catégorie / prix : 4, ISBN : 2-277-21617-8
Couverture

    Quatrième de couverture    
     Univers 1984 s'ouvre sur deux événements : le retour de Michel Jeury à la nouvelle et la traduction d'un récit de Connie Willis couronné en 1983 par les deux plus importants prix américains, le Nebula et le Hugo.

     A part Larry Niven, John Sladek et James Tiptree Jr dont les premières publications sont un peu plus anciennes, les participants de cette anthologie sont, dans l'ensemble, de « jeunes auteurs » apparus dans les années 70. Les fidèles d'Univers ont déjà eu un aperçu des talents de Greg Bear, Henry-Luc Planchat et Jean-Pierre Hubert. Mais ils découvriront pour la première fois John Shirley, Nancy Kress, Spider Robinson, Jacques Barbéri, Raymond Milési, et le tandem Roland C. Wagner/Michel Pagel.

     Côté critique, calendrier oblige, Orwell est au programme grâce aux plumes aiguisées de Yves Frémion et de Jean Chesneaux. Jean-François Jamoul nous parle de Jack Vance, et J.-H. Winterhall traque Maman dans la BD.


    Sommaire    
1 - Michel JEURY, Je t'offrirai la guerre, pages 13 à 35
2 - Connie WILLIS, Fire watch (Fire Watch), pages 36 à 87, trad. Philippe R. HUPP
3 - Greg BEAR, Petra (Petra), pages 88 à 111, trad. Emmanuel JOUANNE
4 - Jacques BARBÉRI & Henry-Luc PLANCHAT, Concordance des temps dans un lieu-dit, pages 112 à 131
5 - John Thomas SLADEK, La Disparition de la lune : une explication (Explanation for the disappearance of the moon), pages 132 à 140, trad. Pierre-Paul DURASTANTI
6 - Larry NIVEN, Rencontre avec un trou noir (The Hole Man), pages 141 à 158, trad. Philippe R. HUPP
7 - John SHIRLEY, Will la glace (Will the Chill), pages 159 à 187, trad. Jean BONNEFOY
8 - J.-H. WINTERHALL, Maman BD, pages 188 à 195, Article
9 - Michel PAGEL & Roland C. WAGNER, Par delà les murs qui saignent, pages 196 à 212
10 - Nancy KRESS, Des ombres sur le mur de la caverne (Shadows on the Cave Wall), pages 213 à 249, trad. Joëlle WINTREBERT
11 - Spider ROBINSON, Les Éléphants sont mélancoliques (Melancholy Elephants), pages 250 à 269, trad. Jean-Pierre PUGI
12 - Raymond MILÉSI, Cinquante-cinquante, pages 270 à 291
13 - Jean-François JAMOUL, Les Singulières Arcadies de John Holbrook Vance, pages 292 à 324, Article
14 - Jean-Pierre HUBERT, Pleine peau, pages 325 à 340
15 - James Jr. TIPTREE, Hors de l'infini (Out of the Everywhere), pages 341 à 388, trad. Jacqueline LAHANA
16 - Yves FRÉMION, Georges Orwell, Le père fondateur, pages 389 à 403, Article
17 - Jean CHESNEAUX, D'un 1984 à l'autre : Angsoc et Plamod, pages 404 à 415, Article

    Prix obtenus    
Les Éléphants sont mélancoliques : Analog (prix des lecteurs), nouvelle / Short story, 1983, Hugo, nouvelle / Short story, 1983
Petra : Science Fiction Chronicle, nouvelle / Short story, 1983
Pleine peau : Rosny aîné, nouvelle / Short story, 1985
Rencontre avec un trou noir : Hugo, nouvelle / Short story, 1975
Les Veilleurs du feu : Nebula, novelette, 1982, Hugo, novelette, 1983, Science Fiction Chronicle, novelette, 1983
 
    Critiques    
     Depuis la parution du premier Univers réalisé par Joëlle Wintrebert, l'an dernier, il s'est écoulé une durée symbolique : neuf mois. Et c'est effectivement de l'acte de naissance d'une nouvelle politique éditoriale que l'on peut parler aujourd'hui avec cette nouvelle livraison. Univers 1983 charriait quelques scories — dont deux nouvelles — rejets d'Univers 1982 — mais c'était déjà une chrysalide superbe et prometteuse. Le papillon tient toutes ses promesses, il chatoie, entier et sans défauts. Et un ban, un !
     La caractéristique principale d'Univers 1984, c'est sa cohérence dans sa diversité. Les auteurs sont en général jeunes, ou très jeunes, il n'y a pas de « grands noms » étrangers, mais beaucoup d'écrivains remarquables.
     Michel Jeury ouvre le bal avec Je t'offrirai la guerre, superbe texte qui condense et amplifie, comme doit le faire toute nouvelle, les préoccupations de son auteur sur la manipulation de l'histoire et de la mort, la maladie comme fléau social/ennemi public n° 1 ; un des plus beaux textes de Jeury dans le domaine de la nouvelle, et ce n'est pas peu dire ! suivent deux nouvelles splendides d'auteurs qui montent aux USA : Connie Willis et Greg Bear. Tous deux, bizarrement, ont choisi une cathédrale pour centrer leurs fantasmes sur le temps, le pouvoir et une certaine forme du mysticisme : Saint-Paul à Londres pour la première, Notre-Dame de Paris pour le second. Deux textes extraordinaires. On poursuit avec trois délires d'essences différentes. Celui de Henry-Luc Planchat et Jacques Barbéri est dans la logique implacable de l'absurde (Lewis Carroll n'est pas loin, Dick non plus !), celui de John Sladek est un sophisme dément qui montre l'absurde de la logique (de deux façons : soit la démonstration est vraie, et le personnage a raison sur toute la ligne, soit elle est fausse, et à ce moment elle détruit le processus même de la logique...), tandis que celui de Niven est une idée de hard science très simple, poussée jusqu'au plus profond. Très profond, même. A signaler que les deux textes de Sladek et Niven font un usage bizarre du trou noir. Shirley, lui, préfère jouer avec les planètes et une harpe solaire, un homme et un amour perdu, dans une nouvelle d'une beauté bouleversante. John Shirley reste décidément un auteur à découvrir.
     Après l'intermède lacano-freudien de J.-H. Winterhall sur trois BD récentes, très pertinent malgré tout ( !), les quatre nouvelles qui suivent sont, à des degrés divers, des réflexions sur l'art et la création. Cette réflexion s'inscrit en filigrane dans le texte névrosé et superbe de Roland Wagner et Michel Pagel, mais elle constitue véritablement la chair de la longue nouvelle de Nancy Kress (et un scoop, un !) et l'ossature de celle de Spider Robinson. Les proches futurs aliénants qui y sont entrevus ne sont finalement plus très loin de notre présent. Raymond Milési fait, lui, un gag très référencé sur les jeux électroniques appliqués aux enfants et les parcs d'attraction galactiques qui, parfois, vous attirent tant que vous n'en ressortez pas.
     Attardons-nous sur l'article de Jean-François Jamoul. C'est assurément l'un des points forts de ce numéro (qui en compte beaucoup !). Jamoul, non content d'être un peintre remarquable, qui a fourni à Fiction quelques-unes de ses plus belles couvertures, est aussi un essayiste d'une poésie et d'une pénétration uniques. Sa rencontre avec l'œuvre de Jack Vance est de celles que l'on n'oublie pas, elle épuise le sujet si bien qu'il n'y a plus qu'à saluer, chapeau bas. Encore, Jean-François !
     Les deux dernières nouvelles sont elles aussi splendides. Jean-Pierre Hubert... oui, c'est un monde à la Hubert, avec ce désert, ce Mur qui quand il saigne vous transforme, une histoire détachée de ses racines, à la dérive comme un bateau ivre, et en prime une des dernières phrases parmi les plus belles que j'aie lues : « Une lune bleutée d'une infinie douceur se levait sur la gorge de Martha. »
     James Tiptree Jr a changé de manière mais n'a pas perdu son sens de l'étrangeté du beau. Et Hors de l'infini est sans doute aucun une novella parmi ses plus belles. Un texte qui vous serre quelque chose, quelque part.
     Tout comme les œuvres d'Orwell touchent elles aussi une fibre essentielle de l'homme. Les articles d'Yves Frémion (sur l'homme et le rapport à l'œuvre) et de Jean Chesneaux (sur le langage et le rapport à l'idéologie) concluent efficacement un Univers 1984 qui n'aurait pas pu oublier cet auteur-là.
     Il me semble difficile de mettre moins de vingt sur vingt à Joëlle Wintrebert, et de souhaiter autre chose que, malgré la somme incalculable de travail qu'elle a dû fournir ici, de la voir continuer l'œuvre entreprise. Entendu ?

Pierre-Paul DURASTANTI (lui écrire)
Première parution : 1/6/1984
dans Fiction 352
Mise en ligne le : 1/6/2006


 
Base mise à jour le 9 septembre 2017.
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