Site clair (Changer
 
  Critiques  
 
  Livres  
 
  Intervenants  
 
  Prix littéraires  
 
  Adaptations  
    Fiche livre     Connexion adhérent
Le Livre d'Or de la science-fiction : Theodore Sturgeon

Theodore STURGEON

Textes réunis par Marianne LECONTE



Illustration de Wojtek SIUDMAK

POCKET (Paris, France), coll. Le Livre d'or de la science-fiction n° 5013
Dépôt légal : 1er trimestre 1978
416 pages, catégorie / prix : 4
ISBN : 2-266-00455-7   
Genre : Science-Fiction


Autres éditions
   POCKET, 1981 sous le titre Un soupçon d'étrange, 1991

    Quatrième de couverture    
Theodore Sturgeon — de son vrai nom Edward Waldo — est l'un des « Grands de l'Age d'Or », avec Van Vogt, Asimov, Heinlein. Il est né en 1918 aux U.S.A. Sa première nouvelle est publiée en 1939 dans la revue Astounding Science Fiction. Sa production littéraire abondante est rythmée par les aléas de sa vie sentimentale (il s'est marié cinq fois !). Il a publié de très nombreuses nouvelles et des romans, dont deux chefs-d'oeuvre : Cristal qui songe (1950) et Les Plus qu'humains (1953), pour lequel il a obtenu l'International Fantasy Award. En dépit de ses tendances dépressives, Sturgeon exprime dans ses oeuvres une conception générale optimiste des rapports humains, en un style parfois moralisant mais dont Gérard Klein a pu dire qu'il était « une sorte de lave de mots... s'accordant aux pulsations mêmes de son coeur ».

    Sommaire    
1 - Marianne LECONTE, Préface, pages 7 à 36, Préface (lire ce texte en ligne)
2 - L'Île des cauchemars (Nightmare Island), pages 37 à 76, trad. Didier PEMERLE
3 - James H. BEARD & Theodore STURGEON, Les Ossements (The Bones), pages 77 à 105, trad. Didier PEMERLE
4 - Largo (Largo), pages 107 à 130, trad. Didier PEMERLE
5 - Cicatrices (Scars), pages 131 à 144, trad. Didier PEMERLE
6 - Un don particulier (Special Aptitude / Last Laugh), pages 145 à 171, trad. Didier PEMERLE
7 - M. Costello, héros (Mr. Costello, hero), pages 173 à 215, trad. Jacques POLANIS
8 - La Musique (The Music), pages 217 à 221, trad. Alain DORÉMIEUX
9 - Parcelle brillante (Bright Segment), pages 223 à 264, trad. Alain DORÉMIEUX
10 - L'Autre Célia (The other Celia), pages 265 à 296, trad. Pierre BILLON
11 - Un crime pour Llewellyn (A Crime for Llewellyn), pages 297 à 341, trad. Didier PEMERLE
12 - La Fille qui savait (The Girl Who Knew What They Meant), pages 343 à 355, trad. Didier PEMERLE
13 - Sculpture lente (Slow sculpture), pages 357 à 393, trad. Frank STRASCHITZ
14 - ANONYME, Bibliographie de Theodore Sturgeon, pages 395 à 413, Bibliographie

    Prix obtenus    
Sculpture lente : Nebula, novelette, 1970, Hugo, nouvelle / Short story, 1971

    Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes :    
 
Jacques Goimard & Claude Aziza : Encyclopédie de poche de la SF (liste parue en 1986)


    Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo, ....)    
Histoires insolites ( Saison 1 - Episode 06 : Parcelle brillante ) , 1974, Christian de Chalonge (d'après le texte : Parcelle brillante), (Episode Série TV)
The Other Celia , 2005, John Knautz (d'après le texte : L'Autre Célia), (Court Métrage)
 
    Critiques    
 
     [ critique commune de 3 anthologies :
     Fantômes et sortilèges. Anthologie préparée par Marianne Leconte. Le Masque Fantastique n° 4
     Le Livre d'Or de la SF : Théodore Sturgeon. Anthologie réalisée par Marianne Leconte. Presses Pocket
     Les songes superbes de Théodore Sturgeon. Anthologie composée par Alain Dorémieux. Casterman.
     note nooSFere]




     POUR UNE CONNAISSANCE-FICTION : THEODORE STURGEON.
« Je n'existe qu'avec autrui, seul je ne suis rien. »
(Karl Jaspers)

     Lire Théodore Sturgeon, c'est entrer de plain-pied dans le royaume de la solitude. Une solitude écrasante et inacceptable, née de l'infirmité mentale (« Parcelle brillante ») ou physique (« Cristal qui songe »), de la différence (être télépathe dans une société de non-télépathes « Etincelle », ou l'inverse « Le prodige »), du génie (« Largo »), des conventions et des tabous (« Synapse seize sur Bêta ») de l'isolement géographique (« L'homme qui a perdu la mer ») ou moral (« Une soucoupe de solitude »), de la peur, de la haine ou de la frustration (« La peur est une affaire » « La montagne en marche »), mais toujours de l'inadaptation totale et foncière de l'individu dans la société (« La clinique », « Un don particulier », « Monde interdit », « Les plus qu'humains »).
     A lire l'intéressante biographie écrite par Marianne Leconte en préface au « Livre d'or » sur Sturgeon (ainsi que l'interview réalisée par la même Marianne pour notre défunte consœur ScienceFiction Magazine), nul doute que cette sensibilisation de l'écrivain aux affres de la solitude ne provienne de son enfance, passée dès l'âge de onze ans aux côtés d'un beau-père autoritaire avec qui il ne s'entendra jamais. Mais du fond de sa solitude engendrée par son a-normalité, le héros sturgeonien puise dans son désespoir même les raisons de ne pas désespérer car « chez Sturgeon comme chez Sartre la vie commence au-delà du désespoir » 1. Inlassablement, il lance des bouteilles à la mer, appels au secours qui, comme dans « Une soucoupe de solitude », trouvent leur écho.
     La rencontre entre deux êtres solitaires est au centre des préoccupations de l'écrivain (« Sculpture lente », « Extrapolation »), moment privilégié qui permet à chacun de faire accéder l'autre — et soi-même — à son existence authentique. Tout Sturgeon tourne autour de cette notion d'éveil : « Un être qui n'est pas ou ne peut pas être éveillé n'est pas tout à fait normal » 2. C'est pour cela que chaque texte de notre auteur est une rencontre unique entre lui et le lecteur : « Je pense que le secret d'un écrivain qui réussit, qui réussit à avoir un large public, c'est la faculté d'écrire une histoire comme s'il s'agissait d'une lettre, et d'une lettre adressée à une personne précise » 3. Dans ses écrits, Sturgeon nous parle de ses/nos angoisses, de ses/nos désirs, de sa/notre peur de la mort et de la solitude, de son/notre désir d'aimer et d'être aimé.
     Mais comment communiquer, comment atteindre ce « noyau de l'être humain, cette partie de lui qui n'a pas peur, qui comprend et se fait comprendre ? » (« La peur est une affaire »). Surtout lorsqu'on ne dispose que du plus pauvre des moyens de communication, le langage ? Pauvres mots bien impuissants à exprimer toute la profondeur de l'âme humaine, simples étiquettes qui ne permettent qu'une parodie de communication. D'autant plus que les fausses pudeurs, la peur, les méprises engluent l'individu dans une toile de complexes et de conventions sociales qui parasitent la communication et le conduisent à la claustration mentale, à l'asphyxie par l'échec répété de l'acte sémique. Lorsque l'information ne passe pas, la solitude se frotte les mains, tapie au creux de l'être humain. Mais pour Sturgeon, la SF est avant tout Connaissance-Fiction. Et l'écrivain, tout au long de son œuvre, va s'employer à augmenter le trousseau des clefs de la communication totale. Au langage — moyen limité mais non dénué d'intérêt, malgré tout, comme s'en rend compte l'ex-télépathe de la « Clinique » 4 — il ajoute la sensualité, la sympathie et l'amour. Car pour l'individu sturgeonien, comme pour le philosophe existentialiste Karl Jaspers, « La communication est un objet de foi, non de savoir ».) Voir « Un triangle dans la tempête » et surtout l'admirable « Celui qui lisait les tombes »). Grâce à la sympathie, affirme Louis Lavelle dans « Le moi et la destinée », « nous pouvons franchir les limites de notre conscience personnelle : elle nous révèle la présence immédiate d'une autre conscience. Non en se fondant sur une interprétation des gestes ou des paroles. L'intelligence seule peut procéder ainsi : c'est qu'elle nous donne l'idée d'autrui, mais non pas la réalité d'un autre. Au contraire, l'amour qui est le principe actif de la sympathie ne s'adresse point à une idée, mais à une personne. »
     Pour atteindre à la réalité d'un être, il faut mettre bas les masques. Sinon nous n'avons affaire qu'à l'écorce de l'individu, à son moi social, simple émanation d'une humanité qui, pour reprendre la phrase de Drusilla Strange, ne profile que ce qu'elle voit. La remise en question de la nature même des relations humaines sape radicalement les fondations de notre civilisation du clinquant et de l'hypocrisie. Car ne plus accepter la superficialité, se mettre sincèrement à l'écoute d'autrui, refuser de prendre l'apparence pour la réalité, rejeter .les faux semblants des convenances et des usages, faire craquer le vernis social en s'impliquant profondément dans toute relation humaine, c'est provoquer l'effondrement de notre société. Plus sûrement que par des diatribes pseudo-engagées ou par une violence désordonnée. « Si tout être humain, quels que soient sa langue, son âge, sa formation, comprenait exactement les désirs de tout autre humain et savait en retour qu'on le comprendrait aussi complètement, cela changerait la face de la Terre. En une nuit. » (« La peur est une affaire »). Qui a dit que l'œuvre de Sturgeon n'était pas politique ?
     Dans sa quête de la communication totale, il était inévitable que Sturgeon débouche sur le concept d'« individu collectif », le plus connu étant bien sûr l'Homo Gestalt des « Plus qu'humains ». Car l'individu collectif, qui permet à l'être humain de ne plus être seul, jamais, est l'image d'un nouveau mode de vie basé sur le partage et la compréhension de l'autre, véritable expression d'une intelligence supra-humaine et d'une connaissance collective. Mais découvrant la multiplicité de ses propres talents et l'exaltation de participer à une tâche collective, l'homme n'en découvre pas moins aussi le talent suprême, celui de la liberté, car « malgré ce qui équivaut à une véritable intelligence de race, nous sommes tous très individualisés » (« Le contact de ta main »).
     Cette notion d'individu collectif s'inscrit dans la quête sturgeonienne de l'être humain optimum. « Je ne parle pas de superman qui traverse les murs, non, je parle de l'être humain dont l'écologie interne serait parfaite 5, dont tous les rouages, tous les organes seraient à leur point optimum de rendement, de capacité » 6. Quête qui passe par la connaissance d'autrui et celle de soi, par la connaissance du milieu intérieur (d'où l'intérêt manifeste de Sturgeon pour la biologie) et celle du milieu extérieur. L'optimum ne s'atteint jamais, mais il faut y tendre, malgré les difficultés, d'autant plus que l'optimum n'est pas un lieu clos, statique et achevé, mais un concept en perpétuel mouvement. L'homme est responsable du devenir de l'évolution ultérieure. Pour mener à bien cette tâche, il doit se conformer à une éthique issue d'une conception écologique de l'existence au sein d'un monde en pleine évolution, dans une recherche incessante de l'optimum de survie pour l'individu et pour l'espèce.


     1978 s'annonce donc comme une année Sturgeon. Outre « Fantômes et sortilèges », « Le livre d'or » et « Les songes superbes de Théodore Sturgeon » — précédés l'année dernière par « Les enfants de Sturgeon » l'anthologie de Marianne Leconte au Masque-SF et « Le cœur désintégré », traduction du recueil « Sturgeon in orbit », paru dans Présence du Futur — sont annoncés « Les pouvoirs de Xanadu » chez J'ai Lu (version abrégée de « The world of Théodore Sturgeon »), « Sturgeon dans l'espace » (Quatre space-opera inédits réunis par Marianne Leconte pour le Masque-SF) et « L'homme qui a perdu la mer » (anthologie préparée par Alain Garsault pour le Livre de Poche, mais ne comportant que des reprises).
     Devant cette prolifération d'anthologies, le risque de doublons était très grand. Or, et c'est tout à l'honneur des anthologistes, aucune nouvelle n'apparaît deux fois dans des recueils différents. Coordination parfaite... mais qui a paradoxalement son revers, car les principaux joyaux de l'œuvre de Sturgeon sont ainsi répartis entre « Le livre d'or » (« Parcelle brillante », « Sculpture lente »), « Les songes superbes » (« Celui qui lisait les tombes », « Une soucoupe de solitude », « La clinique ») et l'anthologie à paraître au Livre de Poche (« L'homme qui aimait la mer », « L'éducation de Drusilla Strange ») Sans compter les oublis inévitables, tout aussi inévitablement liés à la subjectivité du lecteur (Pour moi « La peur est une affaire », « L'amour et la mort ») mais cette nouvelle était sans doute trop longue pour être incluse dans une anthologie).
     Beaucoup d'inédits : plus de 60 % dans les trois titres cités au début de cet article et parus en ce 1er trimestre 1978. Mais « Fantômes et sortilèges », recueil d'histoires fantastiques « classiques » datant presque toutes d'avant 1941 et presque toutes inédites, souffre en fait de ce parti-pris. Car les premiers pas littéraires de Sturgeon sont certes passionnants pour le spécialiste (la première nouvelle écrite par T.S. date de 1939), mais de ces huit nouvelles, seules « La cafarde » « Ci-gît Syzygie » (la seule écrite après 1941, en 1948) et surtout « Les mains de Bianca » (seule nouvelle non inédite) retiennent en fait réellement l'attention, les autres n'étant qu'histoires de jeunesse, agréables et bien menées certes, mais fonctionnant sur un fantastique traditionnel sans surprise. Le véritable Sturgeon fantastique se situe du côté de « Parcelle brillante », de « Celui qui lisait les tombes »et des « Mains de Bianca », fantastique intérieur autrement plus étrange et inquiétant. Mais le Masque Fantastique, collection grand public, n'est pas Casterman et il serait peu honnête de reprocher à « Fantômes et sortilèges » d'avoir trop respecté les critères de la collection qui l'abrite 7.
     Pour Alain Dorémieux, « La clinique » est une nouvelle exemplaire en cela qu'elle est « un point de rencontre où convergent la plupart des lignes directrices qui orientent l'œuvre de Théodore Sturgeon ». Le résumé qu'en fait Dorémieux est suffisamment explicite à ce sujet : « Le narrateur est un être différent ; c'est aussi un infirme mental, un « amputé ». Son problème majeur est la communication et la seule personne avec qui il puisse ébaucher cette communication est une jeune femme elle-même enfermée dans son problème d'aliénation et de solitude. Mais en fin de parcours il découvrira que l'adaptation est la clé de l'éveil ». Cette approche de l'œuvre de Sturgeon est très pénétrante et a servi de base à l'élaboration de ces excellents et très cohérents « Songes superbes ». Cependant c'est une approche réductrice en cela qu'elle escamote complètement le Sturgeon préoccupé de la survie de l'espèce et de l'individu, à la recherche de l'être optimum et de l'individu collectif. C'est-à-dire le Sturgeon créateur de l'Homo Gestalt des « Plus qu'humains », de la ruche humaine du « Viol cosmique », de la triade de « Faites-moi de la place » et de l'individu collectif des « Pouvoirs de Xanadu » ou du « Contact de ta main » ; le Sturgeon de « La spirale d'or », du « Prix de la Synergie » et d'« Onguent gris » préoccupé de construire une Ethique adaptée à l'homme de demain 8. Mais Dorémieux préparant, en principe, un second volume, nul doute que cet important aspect de l'œuvre de Sturgeon ne soit alors évoqué.
     Le choix des nouvelles établi par Marianne Leconte pour « Le livre d'or » est pour le moins curieux. La qualité littéraire des textes n'est pas en cause, mais simplement leur appartenance à la Science-Fiction. Loin de moi, surtout, l'idée de relancer le sempiternel et vain débat : « Est-ce ou n'est-ce pas de la SF ? » mais il semble que dans une collection intitulée « Le livre d'or de la SF » il eut été logique de choisir des textes relevant du domaine étudié et mettant en lumière l'apport spécifique de notre auteur au genre. Or, à peine 50% des nouvelles appartiennent à la SF, les autres appartenant au fantastique, à l'insolite... voire même au western ! Cette anthologie, pour excellente qu'elle soit, n'est pas un « Livre d'or de la SF », mais un « Best Of » d'un auteur qui ne s'est pas cantonné, Dieu merci, à la science-fiction. Simple reproche de principe car qu'importe le flacon... Par contre, fidèles à l'esprit de la collection, la bibliographie est des plus précieuses et la préface, construite en deux temps, biographique et thématique, est remarquable, saisissant parfaitement la pensée sturgeonienne dans son évolution et toute son ampleur, l'insérant intelligemment dans le canevas de sa vie privée 9.
     Après Van Vogt, Asimov, et surtout Dick, c'est désormais au tour de Sturgeon, « le splendide aliéné » pour reprendre l'expression de Gérard Klein 10, de bénéficier d'un boom éditorial.
     « Sturgeon is alive and well » 11... pour notre plus grand plaisir !


Notes :

1. Alain Dorémieux, introduction à « La peur est une affaire » (Fiction 41).
2. Postface à « Si tous les hommes étaient frères, me permettrais-tu d'épouser ta sœur ? » nouvelle incluse dans l'anthologie d'Harlan Ellison « Dangereuses visions » (J'ai Lu). Dans cette même nouvelle, Sturgeon affirme que : « Dans tout obèse, il y a un homme mince qui supplie de sortir » — Voir aussi le titre significatif de la nouvelle « L'éveil de Drusilla Strange » (Galaxie 103, et à paraître dans « L'homme qui a perdu la mer » — Livre de poche).
3. Entretien avec Patrice Duvic — (Galaxie 103).
4. Dans « Sculpture lente », Sturgeon écrit « Si une question est bien posée, elle contient sa propre réponse ». Avec justesse, Marianne Leconte note dans sa préface au Livre d'or l'aspect socratique de cette maxime, parfaitement mis en lumière dans « Synapse seize sur Bêta » (Fiction 252 et 253) où l'on voit des extra-terrestres, par tout un jeu de questions correctement posées et sans donner les réponses, faire prendre conscience aux pensionnaires d'un hôtel, de leurs blocages, de leur motivations réelles, etc... Une psychanalyse « sauvage » à la portée de tout individu conscient et réceptif à autrui ! D'ailleurs Sturgeon aime à rappeler que son véritable nom est Waldo, et que le mot « vaudou » dérive de ce patronyme, un de ces ancêtres ayant vécu à Haïti : « Oui, je suis aussi un gourou, ça m'en a tout l'air » affirme-t-il à Patrice Duvic.
5. D'où la présence obsessionnelle du cancer (« Sculpture lente », « L'amour et la mort »), cancer qui rompt le bel ordonnancement du corps humain avec sa prolifération désordonnée de cellules malades, qui déséquilibre l'écologie interne de l'individu et annihile sa recherche de l'optimum, maladie de civilisation qui a ses origines dans le pourrissement de notre société et qui ne saurait exister dans une société mue par un réel esprit écologique.
6. Entretien avec Marianne Leconte — Science-Fiction Magazine n° 3.
7. Critères qui vont changer, la collection faisant peau neuve en adoptant une nouvelle maquette (dessins signés Tibor Csernus) une numérotation qui remet le compteur à zéro et surtout, un nouveau directeur littéraire, Jean-Baptiste Baronian, qui succède à Jacques Van Herp (tandis que Michel Demuth prend la direction du Masque-SF).
8. Cf. ses réflexions sur Morale et Ethique dans « Les plus qu'humains » et « Le prix de la Synergie » (in « Le cœur désintégré »).
9. Mais par contre, on peut à nouveau critiquer le choix des nouvelles, ces dernières n'illustrant pas toujours les thèmes mis en lumière dans la préface. Ainsi, aucune nouvelle sur l'enfance (... mais Marianne Leconte avait déjà sorti pour le Masque SF « Les enfants de Sturgeon » n° 58) aucune nouvelle non plus sur les notions d'individu collectif et de survie de l'espèce (... mais Marianne Leconte avait déjà sélectionné « La spirale d'or » texte très long, pour « Les champs de l'infini » au Masque SF n° 67)... Problèmes complexes présidant à l'élaboration d'une anthologie : doublons, rééditions, longueurs des textes, etc...
10. Théodore Sturgeon, le splendide aliéné » par Gérard Klein. Fiction 41.
11. Titre du dernier recueil de Sturgeon, paru en 1971 aux Etats-Unis, après une longue période de silence de la part de son auteur.


Denis GUIOT
Première parution : 1/5/1978 dans Fiction 290
Mise en ligne le : 16/1/2011


 

Dans la nooSFere : 62650 livres, 58913 photos de couvertures, 57140 quatrièmes.
7958 critiques, 34383 intervenant·e·s, 1334 photographies, 3656 Adaptations.
 
Vie privée et cookies/RGPD
A propos de l'association. Nous écrire.
NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique.
Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres. Trouver une librairie !
© nooSFere, 1999-2018. Tous droits réservés.