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Les Soleils noirs d'Arcadie

ANTHOLOGIE

Textes réunis par Daniel WALTHER


Science Fiction  - Illustration de Jean-Chrétien FAVREAU
OPTA, coll. Nebula n° (2), 2ème trimestre 1975
254 pages, ISBN : 2-7201-0016-1
Couverture

    Quatrième de couverture    
     14 histoires féroces et tendres, percutées/percutantes, éclatées/éclatantes

     14 défis/délires/défonces

     14 dérapages INCONTROLÉS hors du droit chemin de la réalité


     Daniel Walther présente la fiction spéculative française à travers des textes de :

     Jean-Pierre Andrevon, Philippe Curval, Dominique Douay, Patrice Duvic, Joël Houssin, Jean-Pierre Hubert, Michel Jeury, Gérard Klein, Jean Le Clerc de la Herverie, Bernard Mathon, Gilbert Michel, Henry-Luc Planchat, Yves Olivier-Martin et Pierre Suragne.


    Sommaire    

    Prix obtenus    
Grand Prix de l'Imaginaire, nouvelle / Short story, 1976
 
    Critiques    
 
     « Aujourd'hui les romanciers assument de plus en plus les responsabilités du poète ; ils cherchent à accorder leur technique à leur vision. Ils continuent à inventer une imagerie qui s'accorde à leurs propos, et des techniques narratives qui s'accordent à l'un et à l'autre. En cela, ils ont créé un genre de fiction réellement nouveau, adapté aux attitudes des gens qui appartiennent - au moins par l'esprit - au dernier quart de ce siècle. »
     Michaël Moorcock (préface à l'anthologie : « the new SF » 1
    
La voilà enfin cette fameuse autant que sombre lumière jaillie des « Soleils noirs d'Arcadie ». Peu s'en est fallu que l'anthologie de Walther ne devienne l'Arlésienne de la SF. On en parlait beaucoup dans tours-chaumières de la Défense et D'ailleurs. Mais Sœur Anne ne voyait toujours aucune lueur froide sourdre à l'horizon... des noms de collection étaient avancés... on chuchotait ferme dans les couloirs... Enfin Nébula vint, et le cercle de famille s'agrandit. Cette nouvelle collection des éditions Opta dirigée par Alain Dorémieux - la collection, pas Opta - est excitante, et l'amateur ne peut qu'avoir pour elle les yeux de Chimène. Constituée à part égale de français inédits et d'anglo-saxons elle propose dans l'immédiat outre « Les soleils noirs d'Arcadie », « Le livre des crânes » (Robert Silverberg), « Eclipse » premier roman de Dominique Douay et « Vermillon Sands » de Ballard. De quoi ne pas bronzer idiot - pour ceux qui ne vont pas à Tabarka - durant ces vacances.

     Spéculative Fiction.
     J'ai dit Fiction spéculative mon cher cousin ?

     « Ce qui importe, c'est que la SF d'aujourd'hui bouge (c'est-à - dire : certains la font bouger). Elle éclate, se défait de son carcan, elle sort de ses ornières. Science-fiction, elle ne se limite plus au scientisme ; fiction spéculative elle se penche sur la réalité/pseudo-réalité (espace-temps) du monde : schizo-frénésie, elle assume néanmoins son discours. » 2
     Cette excellente définition (brrr... quel vilain mot) qui aurait pu être de Daniel est d'Henry-Luc, autre défricheur notoire des terres spéculatives. Et chacune des quatorze arcadiennes nouvelles noirs soleils reflète à sa manière cette dé-prise de non/position. Cette anthologie/manifeste est un pavé dans la mare d'une certaine SF bien pensante - bien écrivante-bromurisante - qui vient déjà de se prendre dans la gueule « Dédale 1 » et « Les chroniques terriennes ».
     Avec la spéculative-fiction il n'est plus de mise d'étudier le futur en extrapolant sagement le présent, mais bien de mettre en question/à la question ce dernier, en tordant le cou au futur... s'il a encore quelques chances d'exister. Après l'inversion ballardienne des thèmes de prédilection et des valeurs entre « outer space » et « inner space » on ne sait plus et on s'en fout qui/quoi est in, quoi (qui) est out. La thématique et la finalité de la SF ont radicalement changé. La science, la pensée discursive, la raison ne sont plus triomphantes.
     Seul importe :
     l'homme.
     Le monde est paranoïaque ; la réalité est schizophrène./ Marshall/ Morcellement et Eclatement. Mythes et inconscient./ Mc/ Les anciens modes d'expression sont périmés ; il faut rechercher des terres neuves sous peine de stérilité, sous peine d'être Condamné à l'incompréhension à perpétuité./Luhan/ Recherche d'une aperception différente du Monde et du Moi.
     « Les soleils noirs d'Arcadie » illustrent toutes ces tendances de dynamitage de la réalité/ science-fiction/ raison aliénante. Tout est citer, même si tout n'est pas parfait (et n'a pas à l'être, la spéculative fiction, champ non-clos, refusant la perfection sclérosante).
     « Salut, Wolinski ! » par Jean - Pierre Andrevon (à moins que ce ne soit l'inverse) ou la vie essèfisée de Georges le Tueur. De Gérard Klein, l (e space-)' opéra L'« ACME ou l'anti-Crusoé » nécessite une seconde lecture, mais on ne la regrette pas/ Suragne fait un détour par le fantastique moderne tandis que Michel Jeury nous plonge dans une chronolyse qui ne veut pas dire son nom// « Vibrax » » (Yves-Olivier Martin) et la nouvelle de Gilbert Michel : deux textes aux recherches formelles très poussées qui ont leur symétrique avec « Vaches grasses, vaches maigres » de Dominique Douay, nouvelle la plus classique de l'anthologie/// « Jusqu'à preuve du contraire » Bernard Mathon a bien du talent avec son histoire de schizo/dingue/dingue (schizo ? dingue ?) qui /
     « Dieu
     ouvre le recueil
     / dans son infinie sagesse
     a fait l'homme
     d'un grand coup de
     / biodégradable »
     pied,
     Patrice Duvic :
     « Les imputrescibles » in tandis que Curval
     « Les soleils noirs
     d'Arcadie »
     le clôt avec
     sensualité et intelligence dans « Passion sous les tropiques »// - dieu est mort, il s'est fait descendre par les flics sur la « Dernière autoroute pour le Seigneur » (Jean Le Clerc de la Herverie)/ La « Super-jam pour un Noël rouge » de Joël Houssin a toutes les couleurs d'un cauchemar dont on n'arrête pas de se réveiller/ La recherche de Yot-Alys passe par l'éclatement sur le pavé, c'est « Observations en vallée fermée » (Planchat) la quête de l'identité passe par les graffiti, c'est « V.V. » et c'est Jean - Pierre Hubert // (Modestie ? Daniel Walther ne s'est pas inclus dans ce panorama de la fiction spéculative française. Un autre absent, Pierre Marlson. Dommage, dommage)//
     « Les soleils noirs d'Arcadie », une nova dont l'impact dans la SF française n'est pas prêt de s'oublier ni l'éclat de se ternir.

Notes :

1. Editions Hutchinson, Londres. Non traduit en français. Cette citation de Moorcock est extraite de « Quatorze stations sur la ligne du présent » article de Robert Louit in « La nouvelle Science-fiction » (Magazine Littéraire 88).
2. Extrait de la préface de « Dédale 1 » anthologie de SF française composée par Henry-Luc Planchat.


Denis GUIOT
Première parution : 1/10/1975
dans Fiction 262
Mise en ligne le : 5/1/2015


 
Base mise à jour le 24 septembre 2017.
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