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Les Sonneurs noirs

Jean-Pierre HUBERT

Science Fiction  - Illustration de MANCHU
MANGO Jeunesse, coll. Autres Mondes n° 23, dépôt légal : janvier 2004
240 pages, catégorie / prix : 9 €, ISBN : 2-7404-1690-3
Couverture

    Quatrième de couverture    
     Habité par un don musical extraordinaire, Joz quitte sa ferme natale pour chercher du travail dans la technopole d'Holoss. Hélas là, comme partout ailleurs, la musique est inter­dite et l'adolescent va rapidement être en butte aux brutalités d'une milice fascisante motorisée.
     Heureusement, il fait la connaissance d'une bande de jeunes qui partagent ses goûts et ses révoltes. Leur squat devient un endroit magique où la danse et la musique enivrent les cœurs et les corps.
     Mais la répression sera brutale.
     Forcés de s'exiler, Joz et ses amis parvien­dront-ils, au nom de la musique, de la liberté et de l'amour, à renverser l'ordre établi ?


    Sommaire    
1 - Gilles SERVAT, Postface, pages 223 à 226, Postface
 
    Critiques    
     En 2095, une catastrophe écologique a failli anéantir la civilisation, mais celle-ci a survécu dans quelques technopoles gouvernées par les Éveillés, dont les « lois de précaution » interdisent les sciences jugées responsables du désastre, mais aussi limitent l'exercice de certains arts : « La musique [...] fait partie de ces pratiques erronées qui ont conduit le monde à l'implosion. L'homme ancien, dans son orgueil sans limites, a cru pouvoir organiser les sons naturels à sa convenance, de même qu'il a endigué les rivières, couvert la campagne de routes drainant des nuées de véhicules polluants, déversé dans l'atmosphère des gaz à effet de serre, souillé les océans d'hydrocarbures qui dormaient dans les entrailles de la planète. Il s'est même lancé dans des luttes fratricides en hurlant des hymnes patriotiques ou des litanies religieuses. » (p. 123). Parce qu'il a un don naturel pour la musique, le jeune Joz quitte sa ferme natale du quatrième cercle pour gagner une cité où il pourrait atteindre le premier cercle et entrer à l'Académie du Son. Mais comme son talent lui permet de redécouvrir spontanément rythmes et harmonies, ainsi que d'inventer des instruments nouveaux tels que l'harpamain ou l'harmuse, des objets qualifiés d' « égoïstes » par les gouvernants, Joz n'acceptera pas de se borner à reproduire des bruits naturels sur l'unique instrument autorisé, l'infrachord...

     Roman d'apprentissage et d'émancipation, Les Sonneurs noirs obéit aux conventions du genre, sans chercher à s'en démarquer. L'ascension sociale du jeune paysan, son amour romanesque pour la belle et inaccessible « princesse » entrevue dès le premier chapitre, son entrée en résistance au sein d'un groupe de rebelles caché dans la forêt voisine, toutes ces étapes sont aussi prévisibles et attendues que le dénouement heureux dont on ne doute pas un seul instant.

     En effet, pour défendre la musique, une de ses passions, Jean-Pierre Hubert a choisi une intrigue aux ressorts classiques. Il atteint pleinement son but, réussissant à nous faire partager l'enthousiasme de ces jeunes qui redécouvrent un art perdu, un art ressenti comme un plaisir mais aussi comme un besoin vital. Mais paradoxalement, le propos recèle une relative ambiguïté. Après tout, les Éveillés « ont tout de même réussi à ramener la paix dans un monde dévasté » (p.212) Dès lors, est-il juste de risquer une guerre civile pour défendre la musique, surtout quand une bonne partie de la population s'accommode sans réel traumatisme de sa disparition ? Comme le dit le chanteur-poète Gilles Servat dans la postface, « La musique est l'art subversif par excellence, parce qu'il est facile à mettre en jeu contre l'oppresseur. » (p.223) C'est en partie la justification de la musique dans ce roman, mais cela lui confère une valeur « guerrière » qui est justement ce que lui reprochent les Éveillés. Ces derniers auraient-ils finalement raison ? L'espoir d'une société paisible et juste ne justifierait-il pas le sacrifice de la musique si elle agite les esprits ? Hubert esquive cette question en ajoutant d'autres failles à la société des Éveillés, comme la violence intolérable des hexas, les agents de sécurité, et des inégalités sociales qui justifient à elles seules la rébellion.

     Les Sonneurs noirs peut ainsi donner matière à réflexion, même si l'auteur conclut que la musique est bonne et nécessaire, sans véritable démonstration. On ne peut bien sûr que partager son intime conviction, habilement illustrée par cette jolie aventure.

Pascal PATOZ (lui écrire)
Première parution : 1/3/2004
dans Galaxies 32
Mise en ligne le : 10/12/2008


     Joz est un fermier du cercle 4, celui des laissés pour compte, ne misant que sur eux-mêmes pour survivre dans un monde écologiquement détruit. Mais Joz rêve de rejoindre les hautes sphères du cercle 1, celui des dirigeants qui ont interdit tout ce qui pouvait leur nuire, la musique en particulier. Une offense pour Joz qui est avant tout un musicien. Une dangereuse vocation qu'il va défendre à ses risques et périls. Des risques qui le mèneront sur le chemin d'un amour périlleux mais aussi sur celui d'une liberté périlleuse.

     Ce nouveau roman de Jean-Pierre Hubert transpire de ce leitmotiv SF, la lutte contre le pouvoir établi, contre l'oppresseur appuyé sur le malheur des plus faibles. Une société ultra-policée qui interdit tout ce qui pourrait donner des idées de liberté à ses concitoyens, comme la musique. Le héros va venir y remettre un certain ordre. Mais un ordre musical qui va créer un désordre social. Hubert aime la musique, subversive de surcroît, et l'utilise. Chaque page est teintée d'une musicalité littéraire harmonieuse. Les descriptions d'écoutes musicales sont légion et forment l'âme du livre. Evidemment, rien n'est blanc ni noir. Tout est questionnement, à l'instar de cette société qui ne peut trouver la paix sans se transformer en dictature. Même Joz, le héros suivra des voies peu pacifistes afin d'affirmer ses idées de bonheur. Un paradoxe que l'on pourrait coller à notre monde actuel ?

     Hubert aurait-il osé écrire un livre qui pose des questions sur notre présent par une transposition dans le futur ?

     Hubert aurait-il osé écrire un bon livre de Science Fiction ?

Michaël ESPINOSA
Première parution : 1/1/2004
Ozymandias 1
Mise en ligne le : 12/2/2009


 
Base mise à jour le 9 septembre 2017.
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