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Vengeance

Fabrice COLIN


Illustration de Philippe CAZA
J'AI LU, coll. Fantasy (2000 - 2007) n° 6737
Dépôt légal : septembre 2003
320 pages, catégorie / prix : K
ISBN : 2-290-33011-6   
Genre : Fantasy 



    Quatrième de couverture    
     Tragique existence que celle de Tirius Barkhan. Recueilli par le frère de l'imperator après le massacre de sa famille, le jeune Ishwen, accusé d'un crime qu'il n'a pas commis, revient à Dât-Lakhan pour demander réparation. Mais l'envahisseur Senthaï est déjà là. Réhabilité et nommé général, Barkhan tente de repousser ses assauts. Et meurt sur le champ de bataille, victime d'un terrible complot. Du moins, c'est ce que l'histoire raconte... Car aujourd'hui, un nouveau guerrier se présente aux portes de la ville, et Vengeance est le nom de son épée.
     Vengeance ! Vengeance pour la mort de Barkhan !

     Fabrice Colin est né en 1972. Infatigable explorateur des sentiers du merveilleux, il en propose une vision tour à tour drôle (A vos souhaits) ou romantique (Vestiges d'Arcadia), pour les plus jeunes (Les enfants de la Lune) ou pour les adultes (son très personnel Or not to be), avec une exceptionnelle maestria narrative. Remarquable exercice de style, Vengeance est sa première incursion sur les terres de l'aventure épique chère à Robert E Howard, le père de Conan le barbare.

 
    Critiques    
     On fermera les yeux sur une quatrième de couverture cruelle, qui déflore la première moitié du récit. On ne s'appesantira pas sur cette première partie justement, durant laquelle le héros barbare Tirius Barkhan est surtout occupé à se faire des relations et à les répartir dans deux catégories distinctes : les amis fidèles et les ennemis indéfectibles. On laissera de côté une intrigue principale convenue, vue et revue, du sauveur solitaire et indomptable, épris de justice et de... (voir le titre). Bien. Désormais, tout est paré pour attaquer sereinement la seconde moitié de Vengeance. C'est à partir de la mort de Tirius Barkhan sur le champ de bataille que le roman prend réellement son envol. Plus de temps morts, plus de digressions, seule l'action demeure. Les connaissances de Tirius sont mises à contribution ; amis et ennemis, il s'agit alors d'utiliser les premiers pour se débarrasser des seconds. Toute caricaturale que soit cette remarque, elle n'est pas infondée. Car l'intérêt de Vengeance ne réside pas dans l'histoire elle-même mais dans son traitement. Dans la seconde partie, l'auteur met en scène une cavalcade effrénée, menée tambour battant. Les terrifiants Senthaïs, envahisseurs cuirassés aux montures qui crachent des jets d'acide, sont en marche pour annihiler la cité de Dât Lakhan, siège d'un pouvoir en déliquescence. On parvient irrésistiblement à l'apothéose de l'affrontement final que, certes, le lecteur et la quatrième de couverture pressentaient, mais qui est conté avec justesse et finesse.
     À noter deux détails croustillants à ajouter au crédit du livre : d'un côté, le narrateur est si discret qu'on a bien du mal à remarquer sa présence et à l'identifier. D'un autre côté, la religion prêtée aux Asenaths en fera sourire plus d'un. En résumé, voilà un peuple qui a tué son Dieu et le regrette, qui cache sa honte et affiche son repentir dans le monastère de Mère Douleur, considérant toute épreuve qui lui est imposée comme une punition divine...
     Porté tout du long par la plume précise et incisive de Fabrice Colin, Vengeance est également une réflexion acerbe sur la dualité de l'être, sur le monstre qui sommeille en chaque homme, ce monstre agressif et malveillant qui remporte parfois des batailles mais ne gagne jamais la guerre. Pour la gestion du rythme du récit et le vocabulaire à la fois poétique et nuancé, cette incursion de l'auteur dans le domaine de l'heroic fantasy vaut le détour.
     Évidemment, si vous aimez les intrigues originales et pleines de rebondissements à l'exclusion de toute autre chose, passez votre chemin. En revanche, si vous appréciez les variations originales d'un thème éculé, réjouissez-vous, Vengeance arrive en poche.


Guillaume SUZANNE
Première parution : 18/9/2004 nooSFere

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    
Edition BRAGELONNE, (2002)


     Loin d'écrire toujours le même livre, Fabrice Colin semble bien décidé à explorer les différentes facettes de l'Imaginaire, comme en témoigne la diversité de ses œuvres précédentes, toutes séduisantes quels qu'en soient le genre – fantasy épique ou baroque, horreur, steampunk... – , le ton – tour à tour romantique, tragique, humoristique... – ou le lectorat – adulte ou jeune.

     Il était donc logique que Colin en vienne à aborder les rives de l'heroic fantasy et à mettre en scène l'inévitable barbare viril dont la force deviendrait légendaire. De Robert Howard à David Gemmell, en passant par l'iconoclaste Moorcock, ce sous-genre apparemment « primaire » recèle pourtant quelques réussites majeures.
     L'auteur a choisi de rester assez près du modèle howardien  : le barbare loyal et courageux se heurte à la félonie des « civilisés »  ; son intégrité et son inébranlable volonté lui suffisent pour combattre hommes et démons. La vengeance, inépuisable moteur romanesque, sera désormais sa compagne, matérialisée par une épée tout simplement nommée... Vengeance  !

     Ce roman donne ainsi l'impression que Colin a essayé de cerner au plus près le cœur de l'heroic fantasy, comme s'il avait tenté d'écrire le récit le plus classique possible, une sorte de modèle du genre. Pour ce faire, il a simplifié son écriture, banni les accents flamboyants qui séduisaient dans Arcadia et évité les audaces littéraires comme les admirables rêveries entremêlées de Winterheim. S'écartant des intrigues plus complexes auxquelles il nous avait habitué, il choisit cette fois une narration claire et strictement linéaire.
     Si telle était la volonté de l'auteur, le résultat ne la trahit pas, mais le lecteur pourra être déçu de ne pas retrouver la verve des précédentes œuvres  : le style paraît souvent fade et plat, chose inhabituelle chez Colin. De plus, le rythme est assez lent et l'action plutôt molle dans ses premiers développements, au risque d'empêcher le lecteur de se passionner pour les enjeux lorsqu'elle s'intensifiera enfin.

     Bref, Vengeance n'est pas déplaisant à lire, mais Colin n'est pas réellement parvenu à y insuffler l'énergie nécessaire pour faire vibrer le lecteur. Après cette légère déception, on souhaite que l'auteur revienne aux univers plus originaux qu'il a su créer par ailleurs.

Pascal PATOZ (lui écrire)
Première parution : 1/1/2002
nooSFere


Edition BRAGELONNE, (2002)


     On suit le destin de Barkhan, dont la vie faite de luttes, de trahisons et de désillusions, le fait devenir une légende vivante. Enfant, il assiste à la destruction de son village et à la mort de ses parents par les terribles guerriers senthaïs, apparemment invincibles. Elevé ensuite à la cour de l'empereur de la cité de Dât Lakhan, il est accusé de meurtre à la place du frère de l'empereur et condamné à mort. Il s'enfuit, gagne le désert où il trouve un peuple accueillant et se marie. Quelques années plus tard, à la mort de l'empereur, il revient à Dât Lakhan en espérant y être réhabilité. La cité est menacée par les Senthaïs et l'empereur offre à Barkhan le poste de commandant des armées qui devront combattre les hordes barbares. Mais bientôt, Barkhan comprend qu'on l'a encore manipulé et trahi. Lui reste alors à accomplir sa vengeance ...
     Nouvelle facette du talent de Fabrice Colin qui s 'aventure aujourd'hui sur les contrées de l'aventure épique où il réussit un personnage intéressant, malmené par la vie et qui doit lutter sans cesse pour préserver son humanité. A partir de 14 ans.

Catherine GENTILE (lui écrire)
Première parution : 1/3/2002
dans InterCDI 176
Mise en ligne le : 1/3/2002


 

 
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