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Casiora

Juliette NINET


Cycle : Casiora vol.


Illustration de Marc MORENO

Florent MASSOT PRESENTE , coll. Espace infini n° (5)
Dépôt légal : janvier 2003
416 pages, catégorie / prix : 13,90 €
ISBN : 2-84558-070-7   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Dans la vaste galaxie de Deir-Caer, la confusion est à son comble. Les puissantes armées bexanes se sont lancées dans une politique d'annexions violentes. Face à elles, les Libertaires et l'empereur Haemius essaient de tirer leur épingle du jeu, alors que le Consortium préfère se réfugier derrière sa soi-disant neutralité. Un élément imprévu vient accélérer le cours des événements : une mystérieuse boîte noire qui pourrait mettre en péril l'équilibre de la galaxie. C'est ce que le commandant Heerto, le major Evon Piers ou l'énigmatique Shalia tenteront d'éviter. Réussiront-ils, dans leur quête commune, à unir leurs efforts au-delà de leurs intérêts particuliers ?
     Une intrigue complexe, un rythme trépidant et la finesse alliée à la sensibilité des personnages font de ce premier roman un space-opera original et d'une rare intensité. Avec Casiora, premier volume d'une trilogie, Juliette Ninet réalise un coup de maître et s'impose comme la nouvelle étoile de la science-fiction.
 
    Critiques    
     Il faudra un jour signaler aux éditeurs que rédiger pour la quatrième de couverture des textes laudateurs au plus haut point ne sert pas nécessairement leurs auteurs. En effet, Casiora nous est présenté comme un « space-opera original » et son auteur, une jeune femme de vingt-quatre ans, comme « la nouvelle étoile de la science-fiction » , elle qui « réalise un coup de maître ». Fatalement, avec ce genre de présentation, le lecteur s'attend à découvrir un roman époustouflant, et il est forcément déçu.
     Non pas que le roman soit déplaisant : au contraire, il se lit très facilement, le rythme est haletant, ménageant néanmoins des mystères qui ne seront résolus qu'au fur et à mesure. En revanche, le moins que l'on puisse dire est qu'il ne brille pas par son originalité. Ce serait même plutôt le contraire : les clichés abondent, de l'aventurier rude mais juste, mystérieux comme il le faut, à la femme perdue, qui commence poids mort pour devenir acolyte. Mais après tout, qu'importent les incontournables du genre, pour peu qu'ils soient servis avec suffisamment de conviction. C'est le cas ici, le style étant travaillé tout en restant efficace, même si Juliette Ninet nous gratifie parfois de phrases un peu trop longues et lourdes. On a donc affaire ici à un honnête roman — qu'on eût, comme souvent, préféré unique plutôt que premier volet d'une trilogie — encore une ! -, loin du coup de maître annoncé. Et Juliette Ninet est un honnête auteur, à défaut de « la nouvelle étoile de la science-fiction ». Oui, vraiment, cette manie de tous les éditeurs de nous survendre leur « marchandise » est agaçante, et sa systématisation n'est pas sans nous inquiéter.
     Un dernier mot pour noter les similitudes entre les différents ouvrages publiés dans cette collection : après les livres de Zindell, Aubenque et Wingrove, il s'agit une nouvelle fois d'une série de space-opera aux volumes épais. La volonté commerciale de l'éditeur — le créneau qu'il a choisi — s'affiche ici sans hésitation. Et tant pis si cela se fait au détriment de la diversité et de la joie de sortir des sentiers battus. Au sein de la collection, Casiora ne s'élève néanmoins pas au niveau d'Inexistence, et en est même bien loin. Sans toutefois se retrouver à à celui de La chute des mondes. C'est déjà ça.

Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 23/3/2003 nooSFere
Mise en ligne le : 23/3/2003


     C'est une histoire de militaires...
     C'est une histoire militariste.
     Comme d'habitude, il y a la guerre. Les Bexans, une civilisation exclusivement impérialiste, agressive et expansionniste, envahissent monde après monde. Ils ont en face d'eux l'Empire, le Consortium et les libertaires...
     Après la conquête d'Elwinor, le commandant Heerto, héros de celle-ci, tue un prisonnier de guerre précieux qui s'avère être, comme lui-même, un agent de l'empire. Puis il s'enfuit dans la jungle en compagnie de Cleis, une prisonnière désormais détentrice des secrets du défunt. Ils seront finalement capturés au sortir de la sylve, juste après avoir mis la main sur la méchante petite boite noire après laquelle court toute la galaxie.
     Ailleurs, un autre agent impérial, Tomas Costello, nous la joue Piège de cristal de Thaleb à Jonction avec toutes les forces du consortium à ses trousses et une prime d'un million sur sa tête. Il détale comme un dératé à travers l'espace, foutant le feu aux astronefs...

     Dire que l'intérêt est limité tient de l'euphémisme. Ça flotte entre Star Wars et Peter Randa et ce n'est pas l'écriture qui va sauver cet ouvrage. L'auteur semble être en délicatesse avec le futur, un comble pour qui écrit de la S-F : « Un jour, Konden, c'est moi qui te foutrais sur la gueule » (p. 10) ; et la concordance des temps : « Si vous vous battez pour Engruin, je me battrais pour vous » (p. 206), ou « Dépêche-toi ! Dans quelques minutes, je ne pourrais plus le faire... » (p. 92). Et aussi : « à contempler l'immense astroport de Thaleb, l'un des plus vastes astroport de l'espace » (p.19) ; ou encore : « La violence de certains (sérums) qui rendaient aussi débilitants qu'un camé en dernière phase » (p.275). De grâce, arrêtons là ce florilège.

     La prose de Juliette Ninet nous rappelle étrangement des textes dûment récompensés en fin du précédent numéro de Bifrost 1, une structure narrative très voisine et tout aussi élaborée, la même originalité dans l'intrigue, des personnages aussi fouillés et une richesse de vocabulaire qui laisse pantois et dont on peut juger ci-dessus. Avec Juliette Ninet, l'idée que les femmes ont une meilleure maîtrise de la langue que la gent masculine va prendre une bonne claque. On l'a dit : c'est du niveau de Peter Randa. Randa écrivait certes mal, mais au moins sa prose à lui était-elle rythmée là où celle de Ninet n'est que lourdeurs et redondances. Casiora est aussi mauvais que La Compagnie des clones de Pelosato, mais bien plus gros pour un prix comparable. Sauf qu'à ce niveau, on est plus du tout certain qu'en avoir quatre cents pages plutôt que cent vingt, même pour un prix identique, soit vraiment un avantage... Ce premier volume de ce qui s'annonce comme une trilogie devrait s'imposer durablement comme la nouvelle référence de la médiocrité. Une lecture indispensable pour qui veut savoir ce que mauvais veut dire.

Notes :

1. En fin de Bifrost 29 figuraient en effet la remise des « Razzies 2003 », « entreprise subjective, bête et méchante » (sic) visant à décerner un ant-prix au pire de la production éditoriale de l'année passée [Note de nooSFere]


Jean-Pierre LION
Première parution : 1/4/2003 dans Bifrost 30
Mise en ligne le : 1/5/2004


 

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