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Le Marquis de Bolibar

Léo PERUTZ

Titre original : Der Marquès de Bolibar, 1920
Fantastique  - Traduction de Odon NIOX CHÂTEAU
Illustration de Francisco GOYA
ALBIN MICHEL, coll. Bibliothèque Albin Michel Poche n° 50, dépôt légal : janvier 2000
272 pages, ISBN : 2-226-05448-0

Couverture

    Quatrième de couverture    
     Dans notre régiment avait servi, en qualité de volontaire, un jeune gentilhomme espagnol, un de ceux, en très petit nombre, que les idées de liberté et de justice avaient enflammés et qui avaient embrassé la cause de la France et de l'Empereur. Il s'était complètement brouillé avec sa famille et n'avait fait connaître son nom véritable et son origine qu'à deux ou trois de ses camarades. Mais les paysans espagnols l'appelaient « la Marquise », à cause de sa faible taille et de son allure efféminée, et nous lui donnions nous aussi ce titre.

 
    Adaptations (cinéma, télévision, théâtre, radio, jeu vidéo, ...)   
Bolibar , 1928, Walter Summers
 
    Critiques des autres éditions ou de la série    
Edition MARABOUT - GÉRARD, Bibliothèque Marabout (1980)


 
     Voilà une réédition qu'il ne faut pas rater : Le Marquis de Bolibar, deuxième roman de Perutz (et, paraît-il, son préféré), avait obtenu en 1962, lors d'une précédente édition chez Albin Michel, le Prix Nocturne. Sans atteindre au génie de son compatriote Kafka, auquel on l'associe un peu rapidement, Perutz n'en est pas moins un auteur qui se signale par la finesse et la précision de son style et surtout son invention (on le dit par ailleurs auteur d'une formule algébrique qui porte son nom). Cette invention porte davantage sur les structures et le traitement que sur le motif fantastique lui-même. Dans Le Marquis de Bolibar (tout comme dans l'étonnant Maître du Jugement Dernier, réédité au Masque en 1978), on chercherait en vain les innovations thématiques — il s'agit d'une variation sur le Juif errant. Toute l'originalité de Perutz est de gauchir la perspective de narration, de rendre saillant le niveau de mystification du récit, ce en quoi il est un véritable pionnier, « Quelle valeur critique peuvent-ils reconnaitre à un homme qui a la conviction d'avoir rencontré en Espagne le Juif errant ? » fait dire Perutz à un anonyme présentateur des mémoires du lieutenant Jochberg. De même, dans Le Maître du Jugement Dernier, Perutz anticipera-t-il sur le fameux procédé d'Agatha Christie dans Le meurtre de Roger Ackroyd, basé sur la convention que le narrateur ne ment jamais au lecteur. Si Agatha Christie en exploite le bouleversement inattendu à des fins de théâtralité policière, Perutz lui en extirpe la substance fantastique, mobilisant les structures narratives en un jeu de glissement, de déplacement, du langage. En ce sens, il est éminemment moderne. Inaugurant sans le savoir le « thriller surnaturel », il dépasse par avance les tâcherons qui popularisent aujourd'hui le genre. On regrette qu'une postface éclairante sur cet auteur passionnant n'ait pas accompagné la réédition du Marquis de Bobilar. Mais on attend avec impatience de voir reparaître La troisième balle (1915), Le cavalier suédois (1936) ou Nuitamment sur le pont de Prague (1953), sinon la traduction de son sixième et dernier roman, resté inédit en français : Der Juas des Leonardo (1959 — posthume donc). Dans le rang serré des auteurs oubliés, Perutz est l'un de ceux qui méritent de sortir du purgatoire au plus vite.

Bruno LECIGNE
Première parution : 1/12/1980
dans Fiction 314
Mise en ligne le : 9/11/2008


 
Base mise à jour le 6 mai 2017.
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