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La Compagnie des loups

Angela CARTER

Titre original : The Bloody Chamber, 1979
Traduction de Jacqueline HUET
Illustration de John ATKINSON

SEUIL (Paris, France), coll. Points n° P444
Dépôt légal : novembre 1997
Recueil de nouvelles, 208 pages, catégorie / prix : 8
ISBN : 2-02-033158-6
Genre : Fantasy



Quatrième de couverture
     Dix contes célèbres pour enfants sont subvertis par la plume féminine d'Angela Carter. L'audace érotique du Cabinet sanglant (Barbe-bleue) ; le flirt avec la violence animale de M. Lyon fait sa cour, l'impudence du Chat botté, un peu escroc, un peu gigolo : tout cela est splendide et de sensations et d'esprit. Et, fatalement, plein de loups. La nouvelle qui donne son titre au recueil a inspiré à Angela Carter le scénario du film fantastique de Neil Jordan.
Critiques des autres éditions ou de la série
Edition SEUIL, Cadre vert (1985)

     Oui, le beau film de Neil Jordan est d'abord un texte, dix pages incluses dans un recueil où la romancière britannique revisite à sa manière les contes de notre enfance — et pas seulement eux, pas seulement monsieur Perrault. Revisitation qui ne se fait pas à la manière de Bettelheim, l'auteur n'ayant semble-t-il pas de point de vue social ou psychanalytique précis à mettre en exergue (ou les ayant dépassés : bien sûr le sexe est omniprésent comme motivation, mais il est plus un contre-point ironique qu'une lourde démonstration ; et si l'ensemble des contes est féministe — voir en particulier Le cabinet sanglant, revisitation de Barbe-Bleue, où ce ne sont pas les frères qui arrivent au galop, mais la propre mère de l'héroïne — on ne sent aucun didactisme sous la plume de Carter), mais simplement avec le désir de raconter autrement des histoires archétypiques pour faire peur et faire rire.
     Car il y a beaucoup d'humour, beaucoup de désinvolture aussi dans ces coupes à travers les contes de notre enfance (parfois saisis entre deux portes — voir L'enfant de la neige, qui effleure Blanche-neige en deux pages), que la romancière semble se raconter à elle-même, comme si elle ne se souvenait plus exactement de leur déroulement (de leur morale bourgeoise surtout), et comme si, étant adulte (mais avec l'enfant de toujours resté caché en elle), elle voulait retrouver les émerveillements de jadis — l'amour qui se prononce presque comme la mort, la perte de la virginité où le sang coule comme d'une blessure, le premier baiser qui évoque le coup de dent d'un vampire, la brutalité d'un époux qui vous fait croire qu'il est une bête dont on est la belle — qui est un loup-garou, ou un loup tout court, qui va vous manger toute vivante, toute pantelante.
     Le vampirisme est à l'affût à la courbe de toutes ces histoires sucrées, acides, gourmandes en tout cas : et La dame de la maison d'amour, qui clôt le recueil, est bel et bien une revisitation du Dracula de Bram Stoker (lui-même sans doute conte enfantin détourné). Comme quoi tout se rejoint dans l'art de conter. Un art qu'Angela Carter possède au plus au point. Un livre à déguster par toutes ses papilles...


Jean-Pierre ANDREVON (lui écrire) (site web)
Première parution : 1/5/1985
dans Fiction 362
Mise en ligne le : 13/10/2003

Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo...)
La Compagnie des loups , 1985, Neil Jordan

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