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La Ligne verte

Stephen KING

Titre original : The Green Mile, 1996

Traduction de Philippe ROUARD

J'AI LU (Paris, France), coll. Littérature générale n° 5157
Dépôt légal : avril 2000
Roman, 512 pages, catégorie / prix : M
ISBN : 2-290-30186-8   
Genre : Fantastique



    Quatrième de couverture    
     « Ca s'est passé en 1932, quand le pénitencier de l'Etat se trouvait encore à Cold Mountain. Naturellement, la chaise électrique était là. Ils en blaguaient, de la chaise, les détenus, mais comme on blague des chaises qui font peur et auxquelles on ne peut échapper. Ils la surnommaient Miss Cent Mille Volts, la Veuve Courant, la Rôtisseuse. »
     Dans le bloc des condamnés à mort, au bout d'un long couloir que les prisonniers appellent la ligne verte, la chaise électrique attend John Caffey. Le meurtrier des petites jumelles Detterick, jadis découvert en larmes devant leurs cadavres ensanglantés.
     Paul Edgecombe, le gardien-chef, l'accueille comme les autres, sans état d'âme. Pourtant, quelque chose se trame... L'air est étouffant, la tension à son comble. Un rouage va lâcher, mais pourquoi ? Les provocations sadiques d'un maton dérangé, la présence d'une souris un peu trop curieuse, l'arrivée d'un autre condamné ?
     Aux frontières du roman noir et du fantastique, ce récit est avant tout une brillante réflexion sur l'exécution capitale.


    Prix obtenus    
Bram Stoker, roman, 1997

    Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo, ....)    
La Ligne verte , 1999, Frank Darabont
 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition J'AI LU, Littérature générale ()


     Avec une certaine sobriété, King démontre une fois de plus l'aisance avec laquelle il peut développer une intrigue, somme toute assez mince, en peignant notamment les multiples incidents qui font la vie quotidienne de la ligne verte, le couloir de la mort. Dans ce cadre monotone, l'arrivée d'une souris suffit ainsi à révéler les personnalités, à cristalliser les émotions...

     Si le talent de conteur de l'auteur ne fait aucun doute, il se montre peut-être trop bavard, désamorçant ainsi la tension qui devrait monter, rendant presque pittoresque et attendrissant ce microcosme carcéral.
     Certes le fait que le narrateur soit un des geôliers offre un point de vue initialement intéressant... Certes le personnage de John Caffey, cet immense noir couvert de cicatrices, à la mémoire défaillante, est un étrange "étranger", un coupable probable que rien ne semble atteindre... Certes le quotidien de ces hommes, comme par exemple les répétitions des exécutions, est souvent sinistre... Certes le récit fantastique qui se dessine autour des dons de John Caffey est une jolie histoire qui se lit d'une traite... Cependant, nous avons l'impression que King est passé à côté de son sujet.

     En effet, le roman aurait gagné à être plus incisif, davantage centré sur l'essentiel. De plus, il ne suffit pas de montrer l'horreur d'une exécution (volontairement) manquée, ni même de mettre en avant le risque d'erreur judiciaire, pour réfléchir sur la peine de mort. C'est bien dans le cas d'un crime inexcusable et d'une justice irréprochable que la question prend tout son sens : est-il juste de tuer ? Omettant d'aborder de front cette question, ce roman cesse d'être dérangeant, et demeure moins percutant que d'autres oeuvres traitant du même sujet, comme par exemple De sang-froid de Truman Capote.

     Malgré ces défauts, La ligne verte est pourtant l'un des romans les plus intéressants de l'auteur. La préface nous apprend que cet ouvrage a été conçu comme un roman-feuilleton, à la manière de Dickens, et qu'il est paru en six parties... En dehors de quelques répétitions lors des transitions entre ces parties, il est difficile de voir ici un roman populaire tant le thème central est grave et tant l'action y est réduite. Mais King a voulu mettre tout son talent au service d'une réflexion sérieuse qu'il savait destinée à un grand public, et c'est peut-être là le mérite principal de cet ouvrage par ailleurs fort agréable à lire.

Pascal PATOZ (lui écrire)
nooSFere




 
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