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Demain la Terre

ANTHOLOGIE

Textes réunis par Denis GUIOT



Illustration de Philippe MUNCH

MANGO Jeunesse , coll. Autres Mondes n° 17
Dépôt légal : décembre 2002
240 pages, catégorie / prix : 9 €
ISBN : 2-7404-1481-1   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Par égoïsme, inconscience, obsession du profit, l'homme n'est-il pas en train de détruire sa planète ?
     Effet de serre, bouleversements climatiques, pollution de l'air, manipulations inconsidérées du vivant, pénurie d'eau douce : la crise écologique est aiguë.
     Demain la Terre.
     Mais quelle Terre ?
     En cinq nouvelles chocs, Jean-Pierre Andrevon, Jean-Pierre Hubert, Christophe Lambert et Danielle Martinigol brossent le portrait d'une Terre qui appelle au secours. Pour sauver notre planète, le compte à rebours est commencé...

    Sommaire    

    Cité dans les pages thématiques suivantes :     
 
    Critiques    
     ''Le mot « écologie » (du grec oikos, la maison, et logos, la science) signifie « la science de la maison ». Celui d' « économie », qui est la contraction de oikos et de nomos (la loi), désigne « la règle de gestion » de cette même maison. Nous devrions aujourd'hui contribuer à les rendre complémentaires. Or, nous nous comportons le plus souvent en « égocitoyens » égoïstes, pratiquant le « chacun pour soi » plutôt qu'en « écocitoyens » solidaires, pratiquant le « chacun pour tous ».'' dénonce la préface de Joël de Rosnay qui milite pour la préservation de notre « écocapital » avant de conclure que ''bien qu'elle se complaise parfois à jouer les Cassandre, la littérature de science-fiction peut contribuer à une réelle prise de conscience''.

     La troisième anthologie thématique proposée dans le cadre de la collection Autre Mondes est consacrée à l'écologie, un thème omniprésent dans la science-fiction qui ? bien avant que cette discipline ne devienne un sujet politiquement sensible ? a toujours exprimé nos inquiétudes face à la pollution, à la surpopulation ou au nucléaire... La SF a souvent abordé ces questions sous l'angle de la catastrophe mais on doit admettre que, même à l'heure actuelle, ce thème incite peu à l'optimisme... En témoigne la belle mais sinistre couverture que Philippe Munch a dessiné pour ce recueil : la Terre y porte un masque à gaz avec dans un ?il un pétrolier en détresse, dans l'autre une mégalopole écrasée par de menaçants nuages de pollution...

     Difficile de parler de SF écologique sans penser immédiatement à Jean-Pierre Andrevon. Publié pour la première fois en mai 1968 (!), cet auteur fut dans les années 1970 l'un des chefs de file d'une SF militante et engagée, comme en témoignent nombre de ses récits ? parmi lesquels Gandahar, l'une des rares utopies écologiques ? , de ses anthologies ? dont les Retour à la Terre ? et de ses dessins (que l'on pourra voir par exemple sur www.noosfere.org/icarus/enquetes/gplam2003/galeries.asp). A tout seigneur tout honneur, il était légitime que cette anthologie débute par une nouvelle d'Andrevon. La Dernière pluie, constitue d'ailleurs une bonne introduction au thème car il s'agit d'un joli récit relativement simple et typique de la SF catastrophiste : il met en scène un Nouveau Déluge, « naturellement » conçu comme un châtiment : « nous payons pour toutes les bêtises de l'humanité. »

     La Compagnie de l'air, de Christophe Lambert, est une courte nouvelle qui dénonce de manière très classique mais efficace les agissements malhonnêtes et dangereux des compagnies commerciales dans un monde où la pollution atmosphérique impose le port de masques à air... On notera que ce texte est gratuitement disponible sur le site Internet de la collection (www.noosfere.net/autres-mondes) et qu'il est également distribué sous forme de fascicules dans la plupart des librairies et bibliothèques, car il est au c?ur du 2ème Grand Prix des Lecteurs Autres Mondes. Destiné aux jeunes de 11 à 16 ans, individuellement ou dans le cadre d'un travail collectif, ce concours « intelligent » ne propose pas de participer à un bête tirage au sort mais de rédiger « un article argumenté et convaincant qui expose la gravité du péril écologique, l'urgence de la situation et propose des solutions pour guérir notre planète » (extrait du règlement, à se procurer sur le site ou dans les fascicules).

     Dans Les Chiens de mer, Danielle Martinigol revient sur la notion d' « Or bleu » qu'elle a déjà abordée dans un précédent roman : la pénurie d'eau potable fait de ce liquide une marchandise rare, ce qui la place au centre de tous les conflits économiques et stratégiques. Dans ce contexte géopolitique décrit avec un remarquable réalisme, Martinigol situe un récit d'aventures où pirates et « écoterroristes » d'un côté, organismes internationaux et compagnies commerciales de l'autre, essaient de contrôler les voies d'acheminement de cette eau devenue si précieuse.

     Le Temps d'aimer est bien court, de Jean-Pierre Hubert, est de loin la nouvelle la plus réussie. Dans un futur où la nature est devenue dangereuse et raison de la radioactivité ambiante ? séquelles d'un terrorisme nucléaire hélas pas aussi improbable qu'on le souhaiterait ? et du développement incontrôlable de plantes génétiquement modifiées, les thérapies anti-vieillissement ont eu un effet inattendu sur la génération suivante : dotés d'un métabolisme accéléré, les enfants n'ont qu'une vingtaine d'années à vivre. Miror et Alicia sont deux de ces « spids » qui veulent s'aimer en dépit de leur jeune âge et qui se heurtent à l'incompréhension de leurs parents. Véritablement bouleversante, cette nouvelle placée sous les auspices de Roméo et Juliette, est un véritable chef-d'?uvre qui prouve par le c?ur et non par une pesante démonstration qu'il faut prendre garde au monde que nous allons laisser à nos enfants.

     Enfin, nous retrouvons Andrevon pour la conclusion. Son second récit, Marée descendante, est beaucoup plus fouillé et intéressant que le premier, dont il constitue une sorte de prolongement : il débute à bord d'une station orbitale où quatre météorologistes assistent, impuissants, à la succession de catastrophes naturelles ? pollution, effet de serre... ? et moins naturelles ? explosion d'une centrale nucléaire ? qui aboutissent au Déluge conté dans La Dernière pluie. Placé en animation suspendue, l'un d'entre eux découvrira ce qu'est devenue la Terre trois siècles plus tard... Ainsi, malgré l'ampleur du cataclysme, l'anthologie s'achève sur une note plutôt optimiste qui montre que « la vie terrestre est robuste » et que de zéro l'humanité peut repartir sur de meilleures bases, plus respectueuses de notre environnement...

     Bref, si Demain la Terre n'est évidemment pas une anthologie qui incite à la gaîté, elle évite néanmoins le piège de la morosité grâce à la réunion de cinq textes tous très bien écrits mais de tonalités si différentes que chacun d'entre eux ouvre un nouvel espace de réflexion. Chaque nouvelle est en outre précédée de courts extraits d'articles de journaux ou d'ouvrages récents qui prouvent à ceux qui en douteraient encore que cette science-fiction-là nous parle bien de notre monde contemporain. Le jeune lecteur tant soit peu concerné par l'univers qui l'entoure sera comblé et peut-être cette anthologie contribuera-t-elle à former une génération de futurs « écocitoyens »...

Laureline PATOZ (lui écrire)
Première parution : 8/2/2003 nooSFere


     Le moins que l'on puisse dire, c'est que la lecture de cette anthologie, consacrée à l'écologie, n'inspire guère l'optimisme et la foi envers le genre humain.
     Qu'est donc notre terre devenue ? C'est ce qu'imaginent quatre auteurs majeurs de SF.
     La Dernière pluie est la nouvelle qui inaugure ce recueil. Jean-Pierre Andrevon en avait écrit une première version en 1994, parue alors chez Nathan dans la collection Pleine Lune. Il propose ici un texte remanié et réactualisé. La Terre pleure. Depuis six mois, il pleut et cette pluie diluvienne grignote inexorablement la Terre malade : le Bangladesh n'existe plus, Venise s'enfonce définitivement, l'Europe est rongée par la mer du Nord. Pourquoi ce déluge qui n'est pas, cette fois, une colère divine ? La pollution a entraîné un réchauffement sensible de la planète et des changements climatiques irréversibles : tempêtes, cyclones, sécheresses, évaporation des océans. Les humains fuient vers les hauteurs. Le jeune narrateur, Sébastien, et sa famille, font un choix que l'on pourrait qualifier d'égoïste : ils construisent une arche pour partir.
     La Terre de Christophe Lambert, dans La Compagnie de l'air, étouffe. L'air est saturé d'oxydes d'azote, de dioxyde de soufre, de monoxyde de carbone et la mégalopole japonaise de 100 millions d'habitants, Kyo2, dans laquelle vit Shû Kishida, est envahie par un smog permanent et épais. Les habitants ne se séparent pas de leur masque à air et la société Yi-Yendi, spécialisée dans la production d'air en boîte, engrange d'énormes bénéfices. “Payer pour survivre, voilà ce qui attend l'humanité.
     La Terre de Danielle Martinigol, celle des Chiens de mer, est déchirée par les guerres de l'eau. L'eau douce propre à la consommation est devenue une denrée rare, donc précieuse, donc coûteuse. Les énormes aqualiers qui sillonnent les mers en transportant leurs cargaisons d'eau sont régulièrement attaqués par des pirates bien organisés, les Chiens de Mer. Les sources d'eau douce sont gardées secrètes et jalousement gardées.
     La Terre que raconte Jean-Pierre Hubert dans Le Temps d'aimer est bien court, est devenue un immense laboratoire où des généticiens sans éthique et sans scrupules se livrent à toutes sortes de manipulations hasardeuses aussi bien sur le végétal que sur l'animal. Les humains ne sont guère épargnés, certains vieillissent très lentement, d'autres sont devenus des “spids”, comme Alicia et Miror, deux adolescents de 12 ans qui en paraissent 25. Ils souffrent de vieillissement accéléré, conséquence imprévue d'expériences sur la durée de vie.
     Andrevon boucle la boucle avec Marée descendante et prolonge à l'extrême la situation climatique catastrophique décrite dans La Dernière pluie. La Terre est malmenée par le dérèglement général des climats, des pays entiers sont devenus inhabitables, les migrations de population sont incessantes et engendrent un nouveau statut, celui de réfugié écologique, la barbarie et l'esclavage règnent en force.
     Le pessimisme est de rigueur et marque la tonalité générale de cette anthologie. Il est vrai que les quatre auteurs n'y vont pas de plume morte et la prospective à laquelle ils se livrent dans la description du devenir de notre planète, paraît, hélas inévitable, si rien ne change aujourd'hui de manière radicale. Si au moins la lecture de l'ouvrage réveillait un tant soit peu nos consciences parfois engourdies !


Catherine GENTILE (lui écrire)
Première parution : 13/3/2003 nooSFere


     Préfacé par Joël de Rosnay, ce recueil de cinq nouvelles est un manifeste écologique alertant les lecteurs sur les dangers menaçant la Terre. Chaque texte est introduit par des coupures de presse précisant les menaces.
     À tout seigneur, tout honneur : Jean-Pierre Andrevon, écologiste de la première heure, ouvre et ferme le recueil avec deux nouvelles, La Dernière Pluie et Marée descendante., centrées sur les désordres climatiques. Alors qu'il est temps de réinventer les arches de Noé pour échapper aux inondations, le dernier spationaute en vie ralentie sur un satellite découvre une planète rendue à la vie sauvage, où les maigres survivants se réorganisent en essayant cette fois de respecter leur milieu. Christophe Lambert attire l'attention sur la pollution atmosphérique : dans un futur où le masque à oxygène est devenu indispensable à la survie, La Compagnie de l'Air, leader sur le marché, s'assure le monopole avec des moyens aussi peu respectables que meurtriers, qui ne sont pas sans rappeler les méthodes des lobbies du tabac. Cette nouvelle, la plus courte, est aussi la plus choc ! Danielle Martinigol, toujours préoccupée par l'or bleu, raconte un épisode de la guerre de l'eau qui risque de déchirer le XXIe siècle : il y a fort à parier que la découverte de gigantesques nappes aquifères, principalement dans les déserts et les océans, soit tenue secrète afin de maintenir au plus haut niveau le prix de l'eau, attitude que dénoncent les « Chiens de Mer », une association aussi interventionniste et musclée que Greenpeace. Jean-Pierre Hubert, pour sa part, met en garde contre les manipulations génétiques dont on mesure mal les conséquences : la nature veillant à respecter un juste équilibre, les générations ayant profité d'une longévité accrue risquent fort de donner naissance à des enfants dont l'espérance de vie est abrégée. Le temps d'aimer est bien court pour Miror et Alicia.
     Alarmistes sans être traumatisantes, ces nouvelles remplissent parfaitement leur rôle et se lisent avec intérêt. On regrette simplement qu'elles ne soient pas plus nombreuses : cinq, c'est décidément trop peu pour une anthologie consacrée à la sauvegarde de la planète.

Claude ECKEN (lui écrire)
Première parution : 1/6/2003 dans Galaxies 29
Mise en ligne le : 21/1/2007


 

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