Encyclopédie Infos & Actu Recherche Association Sites hébergés
Bienvenue sur le site nooSFere.
Le javascript est nécessaire à l'affichage du menu dynamique.

recherche rapide
    nooSFere > Encyclopédie > Littérature Choisir un autre habillage   
    Critiques    
    Littérature    
    Identification    
    Fiche livre    

Souviens-toi d'Alamo !

Christophe LAMBERT

Science Fiction  - Illustration de MANCHU
MANGO Jeunesse, coll. Autres Mondes n° 14, dépôt légal : septembre 2002
216 pages, catégorie / prix : 9 €, ISBN : 2-7404-1441-2
Couverture

    Quatrième de couverture    
     Le 5 décembre 1945 : commandée par le capitaine Taylor, une patrouille d'Avengers décolle d'une base militaire de Floride et disparaît peu après au-dessus du triangle des Bermudes. Le 18 février 1836 : ces mêmes avions font irruption dans le ciel d'Alamo, au moment le plus critique de la guerre d'indépendance du Texas. Retranchés dans la célèbre mission fortifiée, Davy Crockett et une poignée de rebelles s'apprêtent à résister aux troupes du général mexicain Santa Anna. Hélas, à un contre dix, leur combat est sans espoir. Sauf si les hommes du futur s'en mêlent. Mais Taylor et ses coéquipiers peuvent-ils prendre le risque de changer le cours de l'Histoire ?

 
    Critiques    
     Le 5 décembre 1945, une patrouille d'avions militaires disparaissait au-dessus de l'océan, donnant naissance à un véritable mythe du vingtième siècle, celui du Triangle des Bermudes...
     Christophe Lambert nous rappelait déjà cet épisode dans Le Triangle maudit, l'un de ses Contes et légendes des lieux mystérieux (Nathan jeunesse). Dans Souviens-toi d'Alamo, il revient sur cette anecdote réelle pour y apporter un fantastique prolongement : tout comme le porte-avions Nimitz se voyait projeté en 1941 à la veille de Pearl Harbor (Nimitz, retour vers l'enfer, un film de Don Taylor, 1980), la patrouille commandée par le capitaine Franck Taylor atterrit en catastrophe en 1836, sur un site lui-même devenu mythique : celui de Fort Alamo.
     Les aviateurs découvrent alors que seuls quelques jours les séparent du fameux siège où périront Davy Crockett, Jim Bowie et William Travis, une bataille restée dans la mémoire des Américains mais aussi du monde entier grâce au célèbre film de John Wayne (Alamo, 1960).
     Un cas de conscience se pose à ces voyageurs temporels involontaires : ont-ils le droit d'utiliser la puissance de leurs armes pour modifier ce « présent » déjà révolu au risque de bouleverser le futur et donc leur propre présent ? Peuvent-ils se contenter d'être les spectateurs impuissants du massacre de leurs nouveaux amis, ces futurs symboles de la lutte pour la liberté, en se rendant ainsi coupables de « non assistance à personnes en danger » ?

     Point fort du roman, l'auteur évite tout manichéisme, en replaçant les événements dans leur contexte et surtout en leur apportant la vision contradictoire d'un coéquipier de Taylor, un hispano-américain nommé Diego Ortéga. Diego dispose en effet du recul nécessaire pour relativiser et critiquer les événements avec justesse : même si le général mexicain Santa Anna est un mégalomane à la Napoléon, il cherche avant tout à défendre son territoire en s'opposant à la sécession d'un Texas envahi par les immigrants anglo-saxons ! En outre, les figures qui lui font face sont controversées : « Crockett : un rustre qui tuait des dizaines d'animaux pour se défouler quand il perdait une élection, Bowie : un escroc qui a bâti sa fortune sur de faux actes de propriété et Travis : un illuminé soupçonné d'être parti de chez lui parce qu'il avait liquidé l'amant de sa femme. Quelle belle brochette de héros ! » (p.87). Enfin, les « chicanos » ont payé chèrement la défaite finale de Santa Anna : « Depuis son enfance, Diego avait toujours été offusqué par la manière dont le peuple anglo-saxon blanc traitait ses minorités. Les Hispano-Américains avaient grandement participé à l'expansion du Texas, et pourtant ils ne récoltaient que les miettes de cette croissance, stagnant dans les classes sociales les plus défavorisées. » (p.95)
     Que se passerait-il si le massacre d'Alamo n'avait pas lieu ? Cette apparente victoire du Mexique n'est-elle pas justement ce qui a précipité sa défaite ? Comme dans tout conflit, rien n'est simple pour peu qu'on analyse les faits avec honnêteté et sans passion­. Christophe Lambert joue admirablement de cette complexité politique sans que la subtilité du propos nuise au rythme et au suspense : comme dans ses autres romans, l'action est au premier plan et on vibre toujours à l'approche du combat...

     Seule déception, la fin est sans doute trop rapide. A l'issue de la bataille, une tempête « cartoonesque » vient hâter une conclusion qu'on eût aimée plus étoffée : l'auteur répond à peine à la question initiale des conséquences possibles d'une intervention dans le passé. Deux indices glissés dans l'épilogue permettent toutefois de soupçonner la vérité, mais on peut parier que bon nombre de lecteurs ne s'en apercevront pas.

     Ainsi, à partir d'une idée astucieuse, Christophe Lambert construit, un palpitant western doublé d'une réflexion sur l'Histoire particulièrement intelligente, exempte de tout schématisme et donc susceptible de faire réfléchir le jeune lecteur aux enjeux complexes de guerres plus récentes. Agrémenté d'une postface où l'auteur distingue le vrai du faux et prolongé par un dossier Internet, Souviens-toi d'Alamo confirme une nouvelle fois l'habileté de Lambert à nous faire vivre d'étonnantes aventures.


Laureline PATOZ (lui écrire)
Première parution : 19/10/2002
nooSFere


     Christophe Lambert écrit des romans de SF pour la jeunesse depuis 1996. Fan total de Star Wars, il aime donc la SF et ... le western ! Fasciné dès son plus jeune âge par le siège de Fort Alamo, il a vu et revu le film de John Wayne qui raconte cet épisode tragique de l'histoire des Etats-Unis, la guerre entre le Texas et le Mexique.
     Il était donc normal de C. Lambert inaugurât un nouveau genre : le western SF !
     Nous sommes en décembre 1945 alors que quatre pilotes de l'armée américaine quittent leur base de Floride pour une mission de reconnaissance à bord de leurs bombardiers Avenger TBM-3. Direction le triangle des Bermudes. Le chef de la patrouille est Frank Taylor et ses hommes, Dwight Shultz, dit Looping, Steven Bishop et Diego Ortéga, d'origine mexicaine, l'apprécient et le surnomment affectueusement Papy. Les avions rencontrent une tempête magnétique et disparaissent ...
     Nous sommes en février 1836, à San Antonio de Bexar au Texas. Les colons américains qui vivent là sont engagés dans une guerre d'indépendance contre l'état mexicain. James Bowie et le colonel William Barrett Travis sont les deux officiers qui les commandent dans le fort situé à l'est de la ville, Fort Alamo. Davy Crockett est là aussi, avec ses hommes et son assurance tranquille. Les Mexicains, menés par le terrible Santa Anna, approchent pour leur régler leur compte. C'est dans cette ambiance très tendue que quatre engins venus d'on se sait où apparaissent dans le ciel et surprennent les rebelles. Qu'est-ce que c'est que ces chariots volants ? D'où viennent les hommes qui les pilotent ? Après une rencontre surprenante et une phase d'observation mutuelle, on décide de dire aux habitants du fort que les quatre hommes sont des Français envoyés en renfort par le roi Louis XX ! Les pilotes américains s'installent au fort et, connaissant leur histoire américaine, savent ce qui les attend. Bishop tombe amoureux de la belle Trinidad, Diego passe dans le camp mexicain tandis que Taylor tente de garder la tête froide et de rester neutre. La tentation est grande d'utiliser leur savoir et leurs avions pour intervenir dans un conflit dont ils connaissent l'issue. Jusqu'à quand vont-ils pouvoir agir ainsi alors que des liens se nouent avec les habitants d'Alamo ?
     C. Lambert nous entraîne avec une réelle conviction dans une histoire haletante, à la fois roman d'aventures héroïques et uchronie. Il nous permet d'approcher des personnages historiques d'envergure, en les rendant vivants et denses, en montrant leurs motivations et les intérêts qui sont réellement en jeu dans le drame qui se noue. En filigrane, tout au long du récit, l'auteur se livre à une réflexion intéressante sur l'histoire et sur le colonialisme, notamment à travers le personnage de Diego, le pilote américain d'origine mexicaine face à un vrai dilemme, déchiré entre son devoir de combattant et ses origines. En postface, C. Lambert précise la manière dont il a construit son récit, explique de qui relève effectivement de l'Histoire et de la fiction. Un livre passionnant de bout en bout.

Catherine GENTILE (lui écrire)
Première parution : 21/10/2002
nooSFere


     En 1945, une patrouille d'Avengers disparaît au-dessus du triangle des Bermudes, pour se retrouver le 18 février 1836, à Fort Alamo, quelques jours avant le fameux massacre des Texans par les troupes du général Santa Anna. Avec leur technologie de pointe, les pilotes du futur pourraient bien inverser l'issue de la bataille s'ils ne craignaient de changer le cours de l'Histoire, voire d'empêcher la victoire finale en effaçant le sursaut d'indignation qui poussa les Américains à mettre fin aux exactions du sanguinaire militaire mexicain.

     De cette trame usée, Christophe Lambert tire quelques belles variations en jouant sur la psychologie humaine : il est difficile de refuser de prêter assistance à ceux avec qui l'on sympathise, surtout quand s'esquisse une histoire d'amour entre un aviateur et une belle Mexicaine. L'auteur innove même en introduisant un conflit idéologique entre les pilotes ; l'un d'entre eux, d'origine mexicaine, choisit de mettre son avion au service du camp adverse ! C'est bien la première fois qu'on voit des hommes du futur s'opposer dans des guerres du passé. La tension monte au fil des pages et il faut un art consommé du suspense pour rendre incertaine l'issue d'un épisode connu de tous. L'humour n'y est pas absent ; on assiste même à la fin à une scène homérique digne de Tex Avery.

     L'intrigue est servie par une reconstitution historique rigoureuse, qui, si elle passe sur les moins nobles aspects de Davy Crockett, de Jim Bowie ou de William Travis, mêle adroitement la fiction à la réalité. Quelques aperçus de ce travail documentaire, présentés en fin d'ouvrage, indiquent, s'il en était encore besoin, combien Lambert est un passionné de Fort Alamo.

     Cette précision ne l'empêche nullement de distiller des réflexions d'ordre éthique ou philosophique. La problématique de la neutralité et la difficulté d'opérer des choix dans certaines circonstances sont particulièrement bien exprimées. Plus étoffé, le roman n'aurait pas dépareillé dans une collection pour adultes. C'est dire le niveau d'excellence de ce livre pour la jeunesse.

Claude ECKEN (lui écrire)
Première parution : 1/12/2002
dans Galaxies 27
Mise en ligne le : 29/11/2008


 
Base mise à jour le 9 septembre 2017.
Écrire aux webmestres       © nooSFere, 1999-2017. Tous droits réservés.
NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique. Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres.