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Détectives de l'impossible

ANTHOLOGIE

Textes réunis par Stéphanie NICOT


Illustration de Grégoire HÉNON
J'AI LU, coll. Millénaires n° (6047)
Dépôt légal : avril 2002
450 pages, catégorie / prix : 15 €
ISBN : 2-290-31877-9   



    Quatrième de couverture    
     Figure emblématique de la littérature policière, le détective privé est un archétype qui véhicule une image et un univers bien typés. Oui mais si ce ou ces « héros », quels qu'ils soient, conduisaient leurs investigations dans un environnement autre, décalé, fantastique, futuriste ? Cette anthologie internationale vous propose de partir à la rencontre de ces nouveaux enquêteurs. Où vous découvrirez les méthodes prospectives déroutantes utilisées par des privés du futur. Où la recherche d'assassins s'avérera perturbée par l'existence de clones : dans un tel contexte, qui est réellement mort, qui a tué, et même qui est-on vraiment, quand tombent les masques ? Où l'observation, en apparence routinière, des faits et gestes d'un bien étrange client vous conviera à une plongée dans la psyché d'un peintre aux toiles surréalistes inquiétantes et, partant, dans un monde de faux semblants dont le mystère et l'irréalité le disputent à l'absurde. Où enfin — entre autres — le rapport de Laurel et Hardy, enquêteurs spéciaux attachés au Pentagone, vous éclairera de façon très polémique sur l'histoire cachée des attentats du 11 septembre 2001... Tour à tour haletantes, déroutantes, parodiques, provocatrices, humoristiques, inventives et décalées, ces enquêtes inattendues raviront les amateurs de suspense et de sensations fortes.

     Quinze nouvelles inédites de Claire et Robert Belmas, Terry Bisson, Didier Daeninckx, Thierry Di Rollo, Andréas Eschbach, Valerio Evangelisti, Kathleen A Goonan, Johan Heliot, Jean-Pierre Hubert, Jonas Lenn, Jonathan Lethem, Daniel Mares, Michel Pagel, Jean-Bernard Pouy et Roland C. Wagner rassemblés et présentés par Stéphane Nicot, spécialiste du polar et rédacteur en chef de la revue Galaxies.



    Sommaire    
1 - Terry BISSON, Charlie et ses drôles de dames (Charlie's Angels), pages 13 à 39, trad. Gilles GOULLET
2 - Jonas LENN, Chupa Dumdum, pages 41 à 73
3 - Roland C. WAGNER, ...et personne n'est venu, pages 75 à 107
4 - Johan HELIOT, Ego Mnemosis, pages 109 à 131
5 - Claire BELMAS & Robert BELMAS, A n'importe quel prix, pages 133 à 162
6 - Jonathan LETHEM, La Profession insipide de Jonathan Hornebom (The insipid profession of Jonathan Hornebom), pages 163 à 206, trad. Daniel LEMOINE
7 - Didier DAENINCKX, Les Boueux de l'espace, pages 207 à 216
8 - Kathleen Ann GOONAN, De l'autre côté du pont (The bridge), pages 217 à 252, trad. Lionel DAVOUST
9 - Daniel MARES, Champs d'automne (Campos de Otoño), pages 253 à 286, trad. Sylvie MILLER
10 - Jean-Pierre HUBERT, Le petit réveil, pages 287 à 322
11 - Thierry DI ROLLO, La Mémoire du sable, pages 323 à 345
12 - Jean-Bernard POUY, Et moi et moi et moi, pages 347 à 361
13 - Michel PAGEL, L'enlèvement de la reine des feys, pages 363 à 399
14 - Andreas ESCHBACH, Un monde vierge (Eine unberührte Welt), pages 401 à 420, trad. Claire DUVAL
15 - Valerio EVANGELISTI, Laurel & Hardy, Terror Detectives (Crick & Crock, Terror Detectives), pages 421 à 433, trad. Éric VIAL

    Prix obtenus    
A n'importe quel prix : Grand Prix de l'Imaginaire, nouvelle / Short story, 2003
 
    Critiques    
     Je dois d'abord faire un aveu : je ne suis pas un fanatique du polar noir, qui me paraît sur bien des points inférieur au roman policier traditionnel, dit “ à énigme ”. Je partage pleinement le point de vue du grand Pierre Boileau lorsqu'il écrit : « Le roman policier doit avant tout constituer un problème. Et je me demande si parfois le désir de « renouveler » la vieille formule n'est point tout simplement, pour certains, un astucieux prétexte pour pallier un défaut d'imagination et surtout escamoter les nombreuses difficultés que pose le roman policier pur ». Dans ces conditions, que dire du croisement du genre policier avec la science-fiction ? En bon traditionaliste, j'ai tendance à considérer que la science-fiction ne fait qu'abâtardir le bon vieux whodunit. Elle subvertit le roman à énigme et gâche nos chères chambres closes ! Comment ? En s'autorisant des libertés avec l'unique règle du jeu de ce genre littéraire, celle à laquelle se réfèrent constamment Holmes, Poirot ou Rouletabille : la logique. Les plus célèbres tentatives d'accouplement des deux ne m'ont guère convaincu (la palme du ridicule revenant à Face aux feux du soleil, d'un Asimov autrement plus brillant lorsqu'il se frotte au roman policier pur, comme dans l'excellent cycle des Veufs noirs).
     Difficile donc, pour moi, d'aborder ce recueil sans a priori. Il faut néanmoins tempérer ce jugement lorsqu'on parle du polar noir, œuvres où l'intrigue policière n'est qu'un prétexte. Ici, la science-fiction compte de nombreuses illustrations de croisements techniquement satisfaisants (Blade Runner, le roman comme le film, en est un exemple frappant). C'est dans cette tradition que s'inscrit Détectives de l'impossible, anthologie établie par Stéphane Nicot et riche de quinze nouvelles inédites en France d'auteurs européens pour la plupart.
     Avant toute chose, on peut déplorer que l'anthologiste se soit emparé d'un titre de recueil déjà employé il n'y a pas si longtemps par le meilleur anthologiste policier français, Roland Lacourbe (Les détectives de l'impossible, Terrain Vague, 1992). Les détectives de Stéphane Nicot seront-ils aussi convaincants que S.F.X. Van Dusen (alias La Machine à penser) ou le Docteur Hawthorne ? La barre est mise très haut...
     Passé ce premier agacement, le sommaire offre cependant une bonne surprise : il regorge (joli tour de force !) de noms illustres, des plus récentes révélations de la SF française (Claire et Robert Belmas, Johan Heliot), aux valeurs sûres hexagonales (Roland C. Wagner, Jean-Pierre Hubert) ou étrangères (Terry Bisson, Valerio Evangelisti, Andreas Eschbach, Daniel Mares), en passant par des “ polardeux ” plus classiques (Jean-Bernard Pouy, Didier Daeninckx). Mais malheureusement, la lecture des textes n'a jamais su réellement me convaincre, l'ensemble m'apparaissant trop inégal.
     Prises isolément, une poignée de nouvelles retient tout de même l'attention, la meilleure étant à mon sens la dernière du recueil, signée Valerio Evangelisti, un véritable bijou d'humour noir, présenté avec un grand luxe de précautions de lecture par l'anthologiste car elle prend pour sujet, en y apportant un dénouement inattendu et hautement polémique, la brûlante enquête sur attentats du 11 septembre... J'ai aussi grandement apprécié la nouvelle de Jonathan Lethem, sans doute la plus originale du lot (mais également l'une des moins inédites puisqu'elle elle l'une des deux seules du recueil à avoir connu une publication antérieure) : une détective, chargée par un peintre de découvrir pourquoi et comment ses toiles sont mystérieusement transformées à son insu, va basculer dans un univers surréaliste, au sens propre du terme.
     Pour le reste, plusieurs textes m'ont semblé tout bonnement fades, ni fondamentalement désespérants, ni formidablement aboutis. Force est d'abord de constater que les auteurs ont tous joué le jeu, mais certains ont visiblement été plus inspirés que d'autres, quelques-uns (Terry Bisson, Michel Pagel, Kathleen A. Goonan, Jean-Pierre Hubert) se bornant à faire de leur héros un Bogart à la sauce plus ou moins spectaculairement futuriste, ce qui ne m'a pas semblé une approche particulièrement originale et conduit de surcroît à des redites et des similarités d'ambiances parfois gênantes. Les textes les plus satisfaisants sont ceux qui renouvellent un peu la recette, notamment au niveau des personnages (c'est le cas du texte de Claire et Robert Belmas, une sombre histoire de possession extraterrestre). La prestation de Roland C. Wagner satisfera très certainement les amateurs du cycle des Futurs mystères de Paris. Les textes de Thierry Di Rollo et d'Andreas Eschbach, pourtant intéressants, ne m'ont qu'à moitié convaincu par leur dénouement (un peu trop téléphoné chez l'allemand, pas très fair-play chez le français qui a justement emprunté une forme plus “ traditionnelle ” du récit policier). Que dire enfin des nouvelles de Pouy et Daeninckx ? Sans vouloir être désagréable avec ces deux auteurs que par ailleurs j'estime beaucoup, je les trouve plus heureux lorsqu'ils écrivent du polar traditionnel...
     Maintenant, je ne voudrais pas que ma relative déception de lecteur influence trop le public potentiel de ce recueil, qui pour beaucoup peut être un bon moyen de faire connaissance avec la scène actuelle de la science-fiction européenne. Ne parlons pas des fans du roman noir, qui trouveront très certainement leur compte au fil des pages de ce volume. Pour tous ceux-là, Détectives de l'impossible est paru chez J'ai Lu Millénaires et il coûte 15 €. Plus les frais.


Julien RAYMOND (lui écrire)
Première parution : 2/6/2002 nooSFere


     Après Privés de futur, l'anthologie de Gilles Dumay et Francis Mizio mêlant polar et S-F, publiée au Bélial', voici quinze autres nouvelles internationales mettant en scène des flics et des détectives, ces derniers étant largement représentés et déclinés sur tous les tons, de l'hommage à la parodie. S'il y a une chose qui ne change pas, c'est bien la nature humaine, ses mauvais côtés surtout, qui forcent à mener des enquêtes pour trouver les coupables, de meurtre le plus souvent. Les trépassés peuvent être des extraterrestres, des clones ou bien leurs originaux (« La Mémoire du sable » de Di Rollo, « Ego Mnemosis » de Johan Heliot, « De l'autre côté du pont » de Kathleen A. Goonan). Mais on tue aussi chez les vieux : « Champs d'automne », de l'espagnol Daniel Mares est un petit bijou, un récit aussi surprenant par son originalité que grave et touchant dans ses développements. À l'ère des jeux cybernétiques (« Chupa Dumdum » de Jonas Lenn), des stations spatiales et des voyages interstellaires, il y a bien des trafics à démanteler et des scandales politiques à dénoncer. Didier Daeninckx, qui excelle dans ce dernier registre, revient sur l'attentat du 11 septembre et les commentaires contradictoires concernant celui du Pentagone (« Les Boueux de l'espace »), attentat qui est pour Valerio Evangelisti le prétexte à une féroce critique teintée d'un humour très noir (« Laurel & Hardy, Terror Detectives »). Andreas Eschbach ne joue pas réellement le jeu du polar avec son intrigue sur un vaisseau-génération, certes efficace mais banale, quand bien même l'enjeu de la tromperie aurait changé de nature (« Un Monde vierge »). Jean-Bernard Pouy, quant à lui, semble montrer trop de retenue avec son histoire de clone terroriste (« Et Moi et moi et moi »).

     Si l'enquête reste convenue, les enquêteurs le sont moins : le couple humain-androïde de Di Rollo, le fameux Tem de Roland Wagner qui joue les Hercule Poirot pour l'occasion (« ... Et personne n'est venu »), l'enquêteur évoluant dans des univers virtuels (« Le Petit réveil » de Jean-Pierre Hubert, délirant et brillant), la profileuse de Claire et Robert Belmas, une grand-mère qui s'offre un nouveau corps (« À n'importe quel prix »), jusqu'aux Sherlocks très originaux de Michel Pagel qui mélange allègrement les genres en faisant intervenir dans son lointain univers de la fusion un vampire et une elfe (« L'Enlèvement de la reine des feys ») ! On le voit, les déchets sont rares et l'ensemble de bonne tenue.

     Restent deux récits surprenants tournant autour de l'art, archéologique dans le cas de « Charlie et ses drôles de dames », où Terry Bisson fait déboucher une banale enquête de meurtres sur une question touchant à la survie de l'humanité, et surréaliste avec « La Profession insipide de Jonathan Hornebom », de Jonathan Lethem : chargée de surveiller un peintre sans talent, l'enquêtrice découvre les pénétrants pouvoirs d'un objet de Max Ernst, l'Appareil photo-oiseau. Ce sont, avec Goonan et Mares, les quatre textes majeurs de l'anthologie, qui justifient à eux seuls son acquisition.

Claude ECKEN (lui écrire)
Première parution : 1/10/2000 dans Bifrost 28
Mise en ligne le : 22/10/2003


     Cela fait longtemps que la SF emprunte à l'occasion des intrigues ou des procédés au roman policier. Les auteurs du présent recueil, pour la plupart, se livraient à l'exercice sur commande, et se sont massivement référés à l'icône, chère au roman noir, du détective privé. On pouvait craindre les répétitions, mais notre époque est habituée à jouer avec les icônes, et diversité et qualité sont au rendez-vous. Le cocktail d'auteurs réuni ne surprendra pas les lecteurs de Galaxies (anthologiste oblige !) : des Américains déjà lus dans les pages de la revue, une pincée d'Européens emblématiques, et un éventail de Français par contre plus large (Wagner et Pagel sautent aux yeux). Il est agréable de lire une anthologie de SF (car il s'agit surtout de cela, malgré quelques incursions de fantastique) où les auteurs français se taillent la part du lion (9 récits sur 15), sans que les trois invités américains dépassent le niveau global. Corollaire de la présence de vedettes, des textes parfois anecdotiques, mais jamais indignes du recueil. Thématique oblige, on trouve deux noms connus du roman policier : Pouy et Daeninckx. Ils tissent leurs récits sur des arguments assez minces, mais mettent en place une ambiance riche qui ne déçoit pas. Eschbach (qu'un roman génial ne suffit pas à mes yeux à transformer en « chef de file de la SF allemande ») recycle une intrigue bien connue de Philip K. Dick, mais campe un personnage intéressant.
     Polar et SF ont en commun une attitude rationaliste face à l'inconnu, mise en œuvre pour le premier sur une petite échelle dans un cadre connu du lecteur, et par la deuxième sur une grande échelle dans un cadre inventé par l'auteur. Avec quelques conséquences techniques quand on pratique l'hybridation ; Asimov remarquait jadis que pour jouer le jeu du récit de détective, l'auteur doit préalablement fournir les éléments technologiques imaginaires pertinents à la résolution de l'énigme. Règle grossièrement violée par la nouvelle de Di Rollo, ce qui l'affaiblit beaucoup. Toutefois, depuis William Gibson, le modèle de roman policier dont l'influence est dominante en SF est le roman noir, et la préface du volume nous livre de bonnes réflexions sur le thème, avec une excellente citation de Valerio Evangelisti (le reste de l'appareil critique se compose d'un utile dictionnaire des auteurs et de très dispensables présentations des textes).
     Le roman noir, via des personnages d'enquêteurs marginaux (« privés » ou policiers fonctionnaires, mais en porte-à-faux par rapport à leur hiérarchie), exprime son dégoût de la société environnante. Les lois du genre lui interdisent de changer son contexte au terme de son intrigue. Dans des nouvelles de SF, par contre, on peut, d'où la fréquence ici de crimes mettant à jour des secrets qui menacent l'ordre établi : le roman noir de SF est un lieu idéal pour pratiquer la politique-fiction, ce que Wagner, Lenn, Belmas et Pouy font avec plus ou moins de bonheur. Dans ces conditions, il n'est pas surprenant que l'actualité intervienne dans l'intrigue, ni en particulier que deux textes fassent allusion aux attaques terroristes du 11 septembre 2001. On s'étonnerait plutôt que l'anthologiste évoque ses hésitations sur l'Evangelisti (qui manque de tension dramatique, mais s'appuie sur une analyse politique très consensuelle dans ses grandes lignes), et ne dise rien sur le Daeninckx (qui recycle une théorie de la conspiration largement discréditée).
     À mon avis, les réussites incontestables de l'anthologie sont d'abord les nouvelles de ces deux inclassables que sont Bisson et Lethem, le premier au titre de son humour (toujours aussi décapant), le second parce qu'il met le surréalisme, au sens propre du mouvement fondé par André Breton, au service du fantastique, pour proposer une vision de la création artistique qui a la vérité venimeuse du délire. Puis Daniel Mares, auteur espagnol qu'on n'avait pas jusqu'à présent lu en français, extrapole à peine quand il imagine une cité peuplée de centenaires, et donne un étonnant récit noir de la vie des têtes grises (qu'importe si, à la réflexion, le dénouement manque de vraisemblance). Tem, le privé favori de Roland Wagner, enquête ici sans être parasité par la galerie de personnages secondaires des volumes récents des Futurs Mystères de Paris ; on y perd (un temps) un petit monde attachant, on y gagne une intrigue épurée et retorse.
     Objection, Votre Honneur ! À projeter le « noir » dans le futur, ne néglige-t-on pas l'amélioration souhaitable de la nature humaine, ou du moins du système judiciaire ? Ou de sa police, qui ridiculisera le petit commerce des « privés » ? Wagner, justement, peine souvent à résoudre la contradiction entre la société apaisée des Futurs Mystères et la persistance du grain à moudre pour son enquêteur. Trois textes, tous parmi les meilleurs du livre, résolvent ici la contradiction en instaurant des classes de sous-humains, contre qui les crimes deviennent légaux. Pagel est le plus original, avec ses « feys » transplantés sur une planète étrangère — si son énigme est vite résolue, l'intérêt du texte réside dans la nature même de son enquêteur. Héliot enchaîne les variations virtuoses sur le thème du clone. Et Kathleen Ann Goonan, avec une nouvelle que je préfère de beaucoup au texte récemment traduit dans Galaxies n°24, ajoute à cet ingrédient l'univers bio-nano-technologique qu'elle avait introduit dans Queen City Jazz et ses suites. Dont le dictionnaire des auteurs nous apprend qu'Imaginaires Sans Frontières va les publier en français : au terme d'une anthologie d'excellente tenue, que des raisons de se réjouir.

Pascal J. THOMAS (lui écrire)
Première parution : 1/9/2002 dans Galaxies 26
Mise en ligne le : 16/2/2004


 

 
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