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Viktoria 91

Pierre PEVEL


Illustration de Michaël VIARD
IMAGINAIRES SANS FRONTIÈRES n° (6)
Dépôt légal : mai 2002
192 pages, catégorie / prix : 12 €
ISBN : 2-84727-008-6   
Genre : Science Fiction 



    Quatrième de couverture    
     Londres, 1891.
     Un tueur rôde dans le quartier de Whitechapel.
     À la lueur blafarde d'un réverbère gît un bobby, le crâne défoncé... C'est un androïde que de braves londoniens s'apprêtent déjà à démonter !
     Reporter impétueux, Norman Latimer se lance dans une enquête délicate : quel rôle joue la mystérieuse Lady Audrey Burton ? Pourquoi se confie-t-elle à lui ? Craindrait-elle de faire appel à ScotlandYard ?
     Latimer est perplexe. Il se trouve confronté à d'étranges phénomènes. Heureusement, son vieil ami, l'inspecteur Doty, et Kate Harbuck, la prostituée au grand cœur, vont lui venir en aide, chacun à sa façon.
     Dans ce monde singulier, où les fiacres conduits par des cochers-robots sont attelés à des chevaux mécaniques, la ténacité de Doty et de Latimer sera mise à rude épreuve !

     Dans la lignée d'Alexandre Dumas — écriture efficace et sens du récit — Pierre Pevel fait vivre des héros dignes de la grande tradition du roman d'aventure.
     Passionné par l'histoire, ce qui lui permet de manier les univers décalés avec dextérité, Pevel est d'ores et déjà l'une des valeurs sûres de la littérature d'imaginaire.
     Les Ombres de Wielstadt, son précédent roman, a obtenu le Grand Prix de l'Imaginaire 2002.

 
    Critiques    
     Londres, 1891. Whitechapel est le théâtre d'une nouvelle série de crimes qui rappellent ceux commis par le sinistre Jack l'éventreur trois ans plus tôt. A la demande d'une séduisante inconnue, le journaliste Latimer enquête...
     Toute l'imagerie de l'Angleterre victorienne est là, mêlée à des bobbys androïdes, des fiacres tirés par des chevaux mécaniques, des dirigeables aux couleurs de l'Union Jack qui sillonnent le ciel de Londres... Pas de doute, Pierre Pevel s'est offert le plaisir d'écrire un roman steampunk, un genre décidément en vogue en ce début de millénaire.
     Cependant, si les quelques éléments science-fictifs apportent la touche d'excentricité typique du steampunk, cette quincaillerie — comme l'œil cybernétique de Latimer — n'apporte pas grand-chose à l'histoire en dehors de l'effet de décalage. Le réel intérêt du récit, c'est bien dans l'intrigue policière qu'on va la trouver. Des meurtres, des lettres écarlates, de mystérieux hommes en noir, une disparition en lieu clos, un cadavre qui revient à la vie... Pevel a soigneusement construit une énigme captivante, sans lésiner sur les aventures rocambolesques et les rebondissements-surprises.
     On comprendra qu'il est difficile de lâcher ce roman avant de connaître le fin mot de l'histoire — d'autant plus qu'il compte moins de 200 pages. Et qu'importe si le dénouement semble un peu facile à l'amateur de SF et constitue une trahison pour l'amateur de polar : Viktoria 91 n'est certes pas de ces livres qui révolutionnent un genre — ni même un sous-genre — , il s'agit juste d'une variation sans prétention, d'un divertissement de qualité habilement mené par un excellent conteur.

Pascal PATOZ (lui écrire)
Première parution : 1/8/2002 nooSFere


     Après Les Ombres de Wielstadt, légitimement couronné d'un Grand Prix de l'Imaginaire 2002, Pierre Pevel confirme, avec Viktoria 91, qu'il est l'un des très bons « raconteurs » de la SF et du fantastique français. Cette priorité du récit s'accompagne d'une imagination fertile et débordante qui fait le délice du lecteur.
     Tout commence comme dans un roman steampunk : le Londres de 1891 est le théâtre d'une série de meurtres qui n'est pas sans évoquer le tristement célèbre Jack l'Éventreur. Mais, par petites touches, l'auteur nous dévoile que son Angleterre de 1891 est un peu différente de celle que nous avons connue. Ici, les policiers et les cochers peuvent être des automates, et un métro ultramoderne sillonne le sous-sol de Londres. L'histoire, faussement simple, est celle d'un journaliste à scandale, Norman Latimer, qui est mis sur la piste du tueur par une femme mystérieuse qui se présente à lui comme Lady Audrey Burton et soupçonne son frère, Sir William, d'être impliqué. Tout se complique lorsque Latimer apprend que Sir William n'a pas de sœur et que le meurtrier n'est peut-être pas le maniaque que l'on veut faire croire. Je n'en dis pas plus, parce que le charme de ce genre d'histoire est justement dans l'intrigue. Sachez seulement que Pierre Pevel sait ménager ses effets et que la solution de l'énigme n'apparaît clairement que dans les toutes dernières pages.
     Il n'en reste pas moins que le livre présente des faiblesses. Tout d'abord, dans un genre comme la SF, la primauté accordée au récit par rapport aux idées entraîne forcément l'utilisation de concepts déjà développés par d'autres. C'est le cas ici, où l'idée de Pevel a déjà servi (les lecteurs plus âgés se souviendront de Simulacron 3 de Daniel Galouye), et où la chute ne surprendra pas le lecteur « expérimenté » qui l'aura vu venir avec quelques longueurs d'avance sur le pauvre Latimer. Cela ne gâche pas nécessairement le plaisir, mais la surprise fait place à la satisfaction d'avoir vu juste avant d'arriver à la nécessaire explication finale.
     Plus agaçante est la manie d'utiliser des mots anglais qui n'ajoutent rien et de les traduire en les expliquant par une note en bas de page (exemple : page 30, Pevel utilise le terme « blower », et une note explique, blower : terme argotique, signifie mouchard, informateur. Pourquoi ne pas avoir simplement utilisé l'un de ces termes !). L'auteur abuse des notes explicatives sur la conversion des monnaies de l'époque, du fonctionnement des services postaux, etc. Cela donne un côté didactique plutôt étonnant pour un ouvrage de pur divertissement.
     Mais ces quelques réserves — mineures — ne doivent pas vous faire ignorer un roman qui vous fera passer un très bon moment. On attend la suite avec impatience, Monsieur Pevel.


Benoît DOMIS (lui écrire)
Première parution : 1/6/2002 dans Galaxies 25
Mise en ligne le : 1/2/2004


 

 
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