Site clair (Changer
 
  Critiques  
 
  Livres  
 
  Intervenants  
 
  Prix littéraires  
 
  Adaptations  
    Fiche livre     Connexion adhérent
La Reine de Vendôme

Colin MARCHIKA

Cycle : La Reine de Vendôme  vol.


Illustration de Laurent ASTIER

MNÉMOS, coll. Icares n° (17)
Dépôt légal : octobre 2001
256 pages, catégorie / prix : 16,77 €
ISBN : 2-911618-72-6   
Genre : Fantasy 



    Quatrième de couverture    
     Le royaume de Vendôme connaît des heures troublées. Alors que la guerre gronde aux frontières et que les démons anciens réapparaissent, la cour de la reine Sémiramis est bouleversée par l'arrivée d'un mystérieux personnage surgi de nulle part  : Eyr, encombrant dépositaire des dernières volontés du Chevalier Corneille. Est-il mercenaire, magicien, ménestrel  ? Il détient en tous cas les clés d'un secret que la reine lui arracherait volontiers...

     A son corps défendant, Eyr va prendre en charge l'éducation militaire et sentimentale du jeune fils du Chevalier Corneille. Tout en essayant de déjouer les manœuvres de Sémiramis pour faire de lui son instrument... et de résister au charme des demoiselles du palais.

     Colin Marchika est né en 1968  ; il vit actuellement à Paris où il travaille comme statisticien. Il commence à écrire à l'âge de seize ans, mais attend seize ans de plus avant de proposer son premier manuscrit à un éditeur. La Reine de Vendôme, narrant avec finesse et humour les tribulations d'un héros pragmatique mais sentimental, est aussi un hommage à Ambre, le cycle culte de l'américain Roger Zelazny, auteur dont Marchika partage le style nerveux et la prédilection pour les sagas familiales.

 
    Critiques    
     La Reine de Vendôme est le premier volume du cycle éponyme de Colin Marchika, dont le second et dernier opus sortira en février 2002. On y suit un dénommé Eyr à la cours de la reine Sémiramis. Mais qui est Eyr ? Un aventurier ? Un conteur ? Visiblement, il s'agit du rejeton du magicien Manitardès, mais aussi du dépositaire des dernières volontés du Chevalier Corneille. Il sera au centre de toutes les intrigues qui animent le royaume. Et dans les dernières lignes de ce premier volume, comme dans Fight Club, vous aurez une révélation...

     Il y a (en gros) deux façons d'écrire un roman de fantasy. La façon classique. Où les points de vue s'enchaînent, tout en descriptions et dialogues : scène 1 : Machin tue le dragon ; scène 2 : il trousse la princesse que gardait le dragon ; scène 3 : Bidule revient d'entre les morts, apprend que la princesse n'est plus vierge et décide de foutre un sacré bordel dans le royaume, etc. Jusqu'à la scène 69 où Machin tue Bidule et trousse (bis) la princesse. Et puis il y a la façon langage parlé : un compte-rendu des événements mené à la première personne, dans un style censé être enjoué ou enlevé (histoire de rigoler un peu).

     Colin Marchika a choisi la seconde manière. C'est ce qui rend son roman attachant. Seulement, contrairement à ce que clament les éditions Mnémos, n'est pas Zelazny qui veut. Et mettre en regard Marchika avec l'auteur des Princes d'Ambre sur la quatrième de couverture tient d'une comparaison qu'on qualifiera... d'outrée, pour le moins. Car le style de Marchika — heurté et redondant — est l'exact opposé de celui du Zelazny des Princes d'Ambre : tendu et d'une limpidité constante. Pire, Eyr, en tant qu'unique narrateur, nous propose une galerie de personnages souvent superficiels, incohérents, aux motivations totalement troubles. Dénué d'une gouaille suffisante, Colin Marchika se brise sur les même écueils que bien des auteurs du néo-polar français : il nous impose un narrateur irritant, qui s'empêtre sans cesse dans son récit, commente tout et n'importe quoi, jusqu'au moment où, lassé de ces bavardages inutiles, le lecteur-payeur n'a plus rien à secouer de ce qui arrive à ce héros fatiguant. Quant aux problèmes de style qui rendent la lecture pénible... un coup d'œil au premier chapitre suffira à convaincre que si Marchika en a sous le pied, il a encore du boulot avant de comprendre comment se servir de l'accélérateur.

     Avec plus de maîtrise littéraire, une rigueur qui fait cruellement défaut (« style parlé » ne veut pas dire « style bafouillé avec des contradictions »), une narration plus serrée (si vous voulez comprendre quelque chose, un bon conseil : prenez des notes), cette Reine de Vendôme aurait pu être une grande réussite. Voilà un roman qui se contente de révéler un auteur prometteur (ce qui n'est déjà pas si mal). On passe pour cette fois (et son volume 2), mais on se jettera sur le prochain, pour voir l'évolution, que l'on espère positive, de cette nouvelle voix de la fantasy d'expression française, une voix d'ores et déjà originale et attachante. Enfin, histoire de conclure sur une note désagréable, on se permettra un commentaire sur la couverture (la carte de visite de cet ouvrage) : tout simplement monstrueuse, maronnasse et peu engageante ; elle devrait, si ce n'est tuer le livre en librairie, du moins lui faire sacrément mal...

CID VICIOUS
Première parution : 1/1/2002 dans Bifrost 25
Mise en ligne le : 9/9/2003


 

 
Écrire aux webmestres       © nooSFere, 1999-2017. Tous droits réservés.

NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique.
Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres.
Vie privée et cookies