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Un procès pour les étoiles

Robert James SAWYER

Titre original : Illegal alien, 1997

Traduction de Nathalie SERVAL

J'AI LU (Paris, France), coll. Millénaires n° (6068)
Dépôt légal : septembre 2001
324 pages, catégorie / prix : 18 €
ISBN : 2-290-31452-8   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Pour Frank Nobilio, le conseiller scientifique du président des États-Unis, le premier contact entre l'humanité et une race extraterrestre est assurément un succès : les Tosoks, malgré leur aspect déroutant, sont amicaux et tout disposés à faire bénéficier les hommes de leur avance technique. Quant à ces derniers, ils ont réussi à passer outre un bien légitime désarroi face aux caractéristiques morphologiques de leurs visiteurs pour réserver à ceux-ci le meilleur accueil possible.
     Mais une nuit, un des savants de l'entourage des aliens est assassiné dans des conditions atroces, et tous les indices semblent accuser Hask, l'un des Tosoks. Bientôt arrêté, emprisonné et traduit en jugement, Hask risque d'être exécuté à moins que Frank et Dale, son avocat, ne parviennent à établir son innocence. Leur tâche s'annonce d'autant plus difficile que leur client se montre peu coopératif, laissant entendre que l'enjeu de ce procès dépasse de loin le cadre étroit de la justice humaine...
     Un roman époustouflant — et souvent drôle — , qui fait cohabiter très intelligemment la thématique classique du « premier contact  » et le thriller juridique haletant à la John Grisham !

     Robert J. Sawyer est canadien et vit à Toronto. En quelques livres (Expérience terminale — prix Nebula 1995 — , Mutations), il s'est imposé comme l'un des écrivains de science-fiction les plus intéressants et prolifiques du moment, accumulant les nominations aux plus prestigieuse distinction du genre. Ses romans mêlent habilement thriller high-tech et anticipation scientifique et sociale à une critique pessimiste de l'Amérique libérale.
 
    Critiques    
     Des extraterrestres débarquent sur Terre. Dès leur arrivée, les Américains, qui ont vu Rencontre du troisième type, prennent les choses en main : on s'échange quelques nombres premiers et, une fois la glace rompue, on se tombe dans les bras... Voici un « premier contact  » vite expédié.
     Mais les choses se gâtent lorsqu'un meurtre est commis et que l'un des extraterrestres est suspecté. Evidemment, la nature peu commune de l'accusé nous incite à penser que cette affaire exceptionnelle dépasse les compétences d'une simple cour de l'état de Californie... mais les Américains n'ont peur de rien et ne badinent pas avec la justice. Ils n'hésitent pas un instant à traîner le présumé coupable – que tous les indices accusent – devant les juges...

     S'ensuit le classique procès cher à la littérature et au cinéma américains. Les témoignages et plaidoiries se succèdent, rythmés par les « Objection  !  » de rigueur dans le genre et par les rebondissements attendus. Sawyer semble avoir hésité entre le roman de justice sérieux et la franche parodie  : il s'est finalement contenté d'un compromis un peu bancal.
     Quoique sympathique, assez astucieux et souvent amusant, le récit n'est pas suffisamment drôle pour être classé dans la catégorie « humour  ». En revanche, il est trop léger, trop naïf, pour être vraiment passionnant. On sera en particulier déçu de l'explication donnée à la multitude des indices qui désignent l'extraterrestre comme coupable. Quant au dénouement, qui dévoile le mobile du crime, mieux vaut ne pas trop s'attarder à en examiner la crédibilité.

     En fin de compte, le plus intéressant demeure l'idée de départ  : que faire d'un extraterrestre meurtrier  ? Une sorte d'immunité « diplomatique  » mondiale serait sans doute inévitable, mais Sawyer a préféré oublier l'existence d'un monde hors des Etats-Unis et il a imaginé les conséquences d'un tel crime dans un pays procédurier, en multipliant les références au procès médiatisé d'O. J. Simpson. Le résultat est un roman mineur, de pure « détente  », mais suffisamment récréatif pour pouvoir se lire d'une traite avec un certain plaisir.

Pascal PATOZ (lui écrire)
Première parution : 1/12/2001 nooSFere


     Suite à une avarie survenue près de la Terre, les Tosoks demandent aux Terriens de concevoir les pièces nécessaires à la réparation de leur vaisseau en échange de secrets technologiques. On est, au départ, un peu surpris par la désinvolture avec laquelle s'établit ce « premier contact », Franck Nobilio, le conseiller scientifique du président des États-Unis n'hésitant pas, dans la demi-heure suivante, à effectuer une balade dans la navette des extraterrestres pour visiter le vaisseau spatial en orbite. En fait, Sawyer se hâte d'évacuer les préliminaires, car son propos est ailleurs, dans les minutes d'un procès aussi inhabituel qu'absurde dans le respect de ses procédures.

     En effet, un membre de l'équipe scientifique accompagnant les Tosoks est sauvagement assassiné. Tout désigne l'un des extraterrestres. Pourtant, les Tosoks ne mentent jamais et leur civilisation est si pacifique que le meurtre est inconnu sur leur monde. La narration semble s'orienter vers l'enquête qui déterminerait ou non la culpabilité du suspect, et, si elle est avérée, fournirait une explication au meurtre, éventuellement liée aux us et coutumes de l'espèce, qu'on connaît encore mal.

     Cette voie est effectivement exploitée, mais par le biais d'un procès que le caractère inédit rend encore plus spectaculaire. Les efforts de diplomatie, les problèmes de procédure engendrés par cette situation sont des morceaux d'anthologie. Comment, par exemple, défendre équitablement un extraterrestre quand tous les membres du jury sont humains ? Comment instruire le procès d'un individu non seulement ignorant des lois mais qui n'en relève pas, ne serait-ce que parce qu'il n'existe aucune juridiction terrestre susceptible de justifier de son identité ?

     Bien entendu, l'enjeu du procès ne se limite pas au verdict concernant l'accusé. Il est planétaire dans la mesure où les conséquences risquent de mettre la Terre en difficulté, doublement même puisqu'il va permettre la révélation d'une vérité engageant la survie de l'humanité entière.

     On sait les Américains friands de thrillers juridiques. Celui-ci en est un, original et rondement mené. Tour à tour drôle, inquiétant, haletant et bourré de coups de théâtre, ce roman a la vigueur d'un bon polar et l'intelligence d'une S-F de qualité : de quoi nous réconcilier avec un auteur dont on ne garde pas que de bons souvenirs.

Claude ECKEN (lui écrire)
Première parution : 1/1/2002 dans Bifrost 25
Mise en ligne le : 8/9/2003


 

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