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Yurlunggur

Jean-Marc LIGNY



Illustration de Alain BRION

DENOËL (Paris, France), coll. Présence du futur n° 439
Dépôt légal : avril 1998
224 pages, catégorie / prix : 1
ISBN : 2-207-24738-4
Format : 10,8 x 17,9 cm  
Genre : Fantastique



    Quatrième de couverture    
     Dans le quartier de la Défense, Fox et Flamme vivent minablement en dealant de la cocaïne que leur fournit Joao, un mystérieux immigré. Flamme ne rêve que d'Australie, Fox du gros coup qui le mettra enfin à l'abri des galères. Un soir, le trafic tourne mal... Et voilà que la réalité elle-même se détraque. Car les « Tueurs de la Nouvelle Lune » Lancés aux trousses des deux jeunes gens ne sont pas des voyous ordinaires. Au-dessus d'eux plane l'ombre de Yurlunggur, le Serpent du Rêve, dont la Magie se perpétue dans la France d'aujourd'hui chez les descendants d'une tribu d'aborigènes australiens. Cauchemar engendré par la drogue ? Epreuve initiatique ? Pour Fox et Flamme, une seule chose est sûre : le choc des cultures fait parfois très mal...

     L'auteur
     Jean-Marc Ligny, né en 1956 à Paris, fait partie de ces auteurs qui, depuis leur apparition au début des années 80 sur la scène des littératures de l'imaginaire, n'ont cessé de s'affirmer dans l'exploration de leur univers personnel. Lauréat du grand Prix de l'Imaginaire 1997 pour Inner City (J'ai Lu), il nous entraîne ici dans un fantastique urbain où se devine l'heureuse influence de La Dernière Vague, le très beau film de Peter Weir.
 
    Critiques    
     La réédition, dix ans plus tard, du premier roman fantastique de Jean-Marc Ligny — suivront Yoro-Si et La Mort peut danser — ne pouvait mieux tomber. Cette fiction de l'interface par excellence, partagée entre le temps réel et le temps du rêve, entre les mythes australiens anciens et l'étouffement urbain des Grands Récits, est à l'aune de notre modernité travaillée par les confusions médiatiques, le simulacre (réalités virtuelles et compagnie) et l'instabilité identitaire.
     Sans se faire prier, on emboîte le pas à Fox, poursuivi par des hommes noirs dont la mission est de préparer la réincarnation de Yurlunggur, le Serpent du Rêve. Le récit se déploie au rythme d'une déroutante course-poursuite — la séquence des bolides sur l'A 13 est mémorable ! — dans une France et un Paris incertains et dans un temps plus qu'improbable. Lecteurs et protagonistes traversent ainsi des localisations tangibles qui n'en sont pas, croisent des personnages familiers qui, l'instant d'après, sont radicalement étrangers. Autant d'expériences d'errance du sens et de perte d'équilibre psychique et physique, déclinées sur fond de paradis artificiels et presque au hasard de vraies / fausses visions hallucinogènes.
     À la mesure des décors qui se recomposent suite aux pressions des Gardiens de la Tradition, véritables univers gigognes à l'échelle d'un appartement ou d'une ville, le roman se construit par emboîtements et variations. Il y a bien une ligne de force, encadrée par le prologue et l'épilogue, qui repose sur l'imminente résurgence d'une civilisation enfouie, invoquée par-delà le temps et l'espace. Mais cette linéarité est illusoire. Le texte multiplie les décrochements, se joue du simultané et du différé, confond états de veille et onirisme, pousse à reconsidérer sans cesse les événements, à l'instar de ce journal dont le grand titre change dans la même journée. Difficile alors de « saisir un embryon de réponse, un bout de l'écheveau », comme le déplore Fox.
     Yurlunggur est un roman-énigme à part entière. Les références externes abondent, du « Redrum » de Shining à l'influence de La Dernière Vague de Peter Weir. Quant aux jeux de piste internes, ils sont légion : les traces et inscriptions visuelles (la peinture sur l'écorce, le dessin du ser­pent sinueux), sonores (bribes de mélodies incantatoires, paroles de Kate Bush), linguistiques ébauchent un univers de signes tour à tour fuyants et obsédants. En définitive, de même que le docteur du livre aime à « phantasmer, à sa guise, après, sur l'histoire du seul client intéressant du mois », c'est dans un itinéraire fantasmatique débridé que Ligny nous entraîne... avec pour seule certitude que « le Rêve ne mourra pas ».


Guy ASTIC
Première parution : 1/7/1998 dans Ténèbres 3
Mise en ligne le : 12/10/2003

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition DENOËL, Présence du futur (1987)


     Fox deale de la cocaïne dans un Paris en proie à la déglingue et la décomposition. Une seule chose l'anime encore : une volonté inébranlable de se ranger et de quitter la France pour l'Australie, accompagné de Flamme, sa compagne ; il attend donc le coup qui lui permettrait de prendre sa retraite comme le Messie...
     Il va sans dire que lorsque l'occasion se présente à lui de se remplir les poches, il fonce tête baissée, croyant avoir pris suffisamment de précautions pour « assurer ».
     Mais comme de bien entendu, son plan échoue, et il se retrouve en plein cauchemar, poursuivi par d'étranges individus — des aborigènes semblant appartenir à une sorte de secte fanatique — , sanguinaires et semblant venus de nulle part !
     Alors ? Rêve ou réalité ? Vit-il réellement tout cela ou la coke commence-t-elle à lui détruire le cerveau ? Les questions affluent. Malheureusement le temps manque et ses chances, ses possibilités de s'en sortir diminuent d'heure en heure, fondent comme neige au soleil...
     On connaissait Jean-Marc Ligny pour ses romans de Spéculative (Temps Blancs, Biofeedback et Furia) et sa participation au Cycle des Chimères des éditions Plasma (Succubes) ; le voici de retour, après quatre ans sans publication, avec un nouveau roman, de Fantastique contemporain, un genre pourtant peu prisé par les auteurs français, sans pour autant qu'il abandonne ses thèmes favoris (la zone, la drogue...). Et pour ses retrouvailles avec les éditions Denoël, il nous offre un texte plaisant, correctement construit, écrit dans un style clair et efficace, dans une langue agréable et émaillée d'expressions branchées (ce que certains ne manqueront sans doute pas de lui reprocher), se laissant lire sans difficultés et procurant à la lecture beaucoup de plaisir. Et même s'il n'est de toute évidence pas le chef-d'œuvre de Ligny (on regrettera surtout une chute hâtive et par trop classique ; on eut préféré une explosion finale en forme de feu d'artifice), Yurlunggur reste un très bon roman, annonçant ou plutôt laissant augurer le début d'une nouvelle « période » de l'auteur.

Richard COMBALLOT
Première parution : 1/7/1987
dans Fiction 388
Mise en ligne le : 16/12/2002




 

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