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La Grande séparation

G.-J. ARNAUD


Cycle : La Grande séparation (omnibus)


Illustration de Philippe CAZA

FLEUVE NOIR / FLEUVE Éditions (Paris, France), coll. Grand format - SF n° (10)
Dépôt légal : février 2000
644 pages
ISBN : 2-265-06878-0   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Isolée du reste de l'Univers à la suite d'une terrifiante guerre vieille de neuf siècles, la planète Mara vit dans un Moyen Age barbare et cruel.
     Médiévales et superstitieuses, ses populations se méfient des sciences et des techniques. entraîné dans la croisade des Ganethiens, seuls habitants de ce monde à avoir encore foi dans la Connaissance, Laur le Négociateur finira-t-il par atteindre le Mausolée de Terana, qui renferme, dit-on, le tombeau du prophète ? Et ce qu'il y découvrira ne changera-t-il pas radicalement sa vision du monde ?
     Une passionnante saga interstellaire enfin réédité et complétée.

     Auteur de quatre cents romans, G.-J. Arnaud est l'un des plus grands auteurs populaires du XXème siècle. Capable d'oeuvrer dans tous les genres, il avait déjà fait une première incursion dans le domaine de la science-fiction dix ans avant La compagnie des glaces, à travers les trois premiers tomes de La grande séparation aujourd'hui réunis dans ce volume avec Les Ganethiens, conclusion inédite de ce cycle qui préfigure à maints égards l'oeuvre majeure de son auteur.

    Sommaire    
1 - Les Croisés de Mara, pages 7 à 164, Roman
2 - Les Monarques de Bi, pages 165 à 314, Roman
3 - Lazaret 3, pages 315 à 463, Roman
4 - Les Ganethiens, pages 465 à 633, Roman
5 - Roland C. WAGNER, Postface, pages 635 à 642, Postface (lire ce texte en ligne)
 
    Critiques    
     La grande séparation est la première oeuvre de science-fiction de G.-J. Arnaud, écrite quelques années avant le succès phénoménal que sera La compagnie des glaces. Peu amateur de SF, l'auteur aurait cédé à la demande de son éditeur... Bien lui en a pris !

     Arnaud est avant tout un conteur exceptionnel, avec un style fluide et rapide qui emporte facilement le lecteur dans un tourbillon de péripéties. Certes, il s'agit de littérature populaire, mais dans le bon sens du terme, synonyme d'aventures et d'évasion, d'inventivité et d'enthousiasme, de lisibilité parfaite et de simplicité...
     Dès les premières pages, nous sommes ainsi plongés dans une intrigue foisonnante et colorée. Le cadre d'une société retombée dans un obscurantisme pseudo-moyennâgeux n'est pas en soi très original, mais Arnaud y ajoute de nombreux éléments : une ancienne guerre intergalactique, un mystérieux mausolée, une nouvelle religion prônant un retour au scientisme, des altérations temporelles... Mais aussi des extraterrestres pittoresques, des androïdes astucieux, des descriptions truculentes, de l'action, du mouvement... Bref, du space opera à grand spectacle, ou plutôt du planet opera, car — comme le souligne Roland C. Wagner dans son excellente postface — l'Empire galactique n'est ici qu'une toile de fond sans consistance, les quatre romans se déroulant plutôt en une succession de lieux clos (à l'échelle de planètes tout de même).

     Arnaud ne se contente pas d'accumuler les clichés d'un genre particulièrement en vogue. Ici, pas de gentil prince qui délivre la belle princesse en se battant contre de méchants bonshommes habillés de noir ou contre d'effrayants extraterrestres baveux. Au contraire, l'auteur aborde une thématique à la fois plus personnelle et plus ambiguë.
     Son héros est en effet plus un fuyard qu'un sauveur. La conclusion du premier tome est par exemple très surprenante : face à la barbarie et au fanatisme, la seule solution semble être de partir. Et de partir seul, ou presque... Ce propos, peu habituel dans un roman d'aventures, témoigne d'une réflexion beaucoup plus subtile. Il sera repris de différentes manières dans les tomes suivants, nous incitant à réfléchir sur le statut des héros et sur leurs interactions avec l'Histoire, ainsi que sur le rôle des religions. « Le messianisme, même éclairé, n'apparaît plus comme une solution », conclura Roland Wagner.

     La réédition en un seul volume de ces chroniques, augmentées d'un roman-conclusion inédit, sous une belle couverture de Caza, est une excellente occasion de redécouvrir ces aventures enlevées et particulièrement distrayantes.


Pascal PATOZ (lui écrire)
Première parution : 15/3/2000 nooSFere


     Dans ce gros volume, le Fleuve noir réédite les trois premiers romans de SF de G.-J. Arnaud, écrits quelques années avant qu'il ne s'attaque à la colossale série de La Compagnie des glaces. Pour l’occasion Arnaud a écrit un quatrième roman qui conclut le cycle

     La Grande Séparation, c’est celle qui, au terme d'une guerre sanglante, a mis la planète Mara au ban de la société galactique et l’a isolée du reste de l'univers. Mara, où le temps s’écoule cent fois plus vite que partout ailleurs. Quand commence le premier roman du cycle, Les croisés de Mara, près de neuf siècles se sont écoulés depuis la Grande Séparation et une civilisation moyenâgeuse s’est développée sur Mara. Le progrès et la science sont tenus pour responsables des grands maux qu’a subis la planète et les prévôts de la Bienséance veillent au maintien d’un obscurantisme religieux. Toutefois, une nouvelle religion se développe autour de Ganeth, personnage mort depuis des siècles qui cherchait à faire renaître le progrès scientifique. Laur, le négociateur, rejoint les rangs des Ganethiens lorsque son père adoptif est condamné au bûcher pour hérésie. Mais il se rend compte assez vite que les chefs des Ganethiens ne visent que la prise du pouvoir, et non le bien de tous. C’est là le point intéressant de ce roman, car loin d’être manichéen, l’auteur montre le remplacement d’un régime totalitaire par un autre. L’idéologie ne sert qu’à masquer la soif de pouvoir.
     Par la suite, Laur échoue sur la planète Bi où il est confronté à une garnison coupée de son autorité, qui maintient sa cohésion en persécutant un peuple pacifique et bien plus évolué que ne le croit la soi-disant élite constituée par les monarques. Après cet épisode, Laur se retrouve sur Lazaret 3, un astéroïde qui n’est qu’un gigantesque pénitencier d’où il est impossible de s’échapper. Enfin, le dernier roman du cycle permet de boucler la boucle en ramenant le héros sur Mara où un siècle s’est écoulé depuis la prise du pouvoir par les ganethiens.

     Ces quatre romans constituent un cycle de bonne SF d'aventure, rempli de rebondissements et de créatures étranges On y trouve même des robots très asimoviens. Rien de renversant, mais d’une lecture facile et agréable, le livre permet de passer un bon moment. Cependant, derrière cette première apparence se cachent des thèmes bien plus intéressants qu’il n’y paraît, comme le montre la très éclairante postface de Roland C. Wagner qui conclut ce volumineux bouquin.

Frédéric BEURG (lui écrire)
nooSFere


     Parue au début des années 70, sous la forme d'une trilogie comprenant Les Croisés de Mara, Les Monarques de Bi et Lazaret 3, voici la troisième édition de La Grande séparation complétée d'un quatrième tome inédit : Les Ganethiens. Cette nouvelle édition se présente sous la forme d'un fort volume de plus de 640 pages, que ponctue une postface de Roland C. Wagner, tout en affichant un prix attractif de 89 FF.

     Plusieurs années avant qu'il ne s'impose au monde de la S-F francophone en lui donnant son oeuvre la plus importante en volume (La Compagnie des glaces— environ vingt millions de signes et 62 tomes !), G. J. Arnaud, qui fut invité à la dernière convention nationale de S-F à Lodève (34), avait fait une première incursion dans le genre avec La Grande séparation. Avec 400 romans derrière lui, G. J. Arnaud est un stakhanoviste de l'écriture populaire qui a sévi dans la plupart des genres. Principalement d'ailleurs dans le policier et l'espionnage, où il a donné les aventures du Commander. Récemment, on a pu redécouvrir son oeuvre fantastique avec La Dalle aux maudits dans « La Bibliothèque du Fantastique » du Fleuve Noir.

     Près de 1000 ans après une terrible guerre galactique qui l'opposa à la Terre, la planète Mara végète dans un moyen-âge obscurantiste d'où la science et le savoir sont proscrits et conduisent au bûcher. Les Ganethiens sont une secte scientiste et prosélyte qui, dans l'ombre, attend son heure... Laur le Négociateur, héros du cycle, est manipulé par les diverses forces en présence. Mandé par les nobles de Vasa pour tuer Dorle le Prophète, chef des Ganethiens, ce dernier à tôt fait de le renvoyer à Vasa pour y soulever ses disciples et prendre la tête de l'insurrection. Mais Dorle n'est pas franc du collier et veut instaurer une théocratie après que les vestiges technologiques qu'il maîtrise lui aient assuré la victoire... Telles sont les bases d'une aventure échevelée qui se déroulera sur plus de 600 pages...

     La Grande séparation n'est pas un space opera à proprement parler. Les quatre romans qui la composent sont en fait des romances planétaires. Ils sont typiques — y compris le quatrième — de la production standard du Fleuve Noir « Anticipation » de l'époque où le voyage spatial était un presque incontournable, de même que la guerre, interplanétaire ou pas. G. J. Arnaud, qui n'éprouvait pas le désir de traiter ce sujet, l'a relégué à l'arrière plan pour s'intéresser à ses conséquences, en trois puis quatre tableaux.

     Notons que pour ce livre — et les suivants — le Fleuve Noir a enfin renoué avec le principe de la bande titre qui fut à « Anticipation » ce que les trois bandes sont à Adidas, comme si les commerciaux de la maison venaient soudain de saisir ce qu'est une marque ! Emblème de la collection du milieu des sixties au début des années 90, sa disparition en avait sonné le glas... Avec en prime une illustration de Caza pour le retour.

     C'est un gros roman d'aventures, où le fond n'a pas été négligé, que nous tenons là ; un bon représentant de ce qu'était la collection « Anticipation » d'alors, qui a plutôt bien vieilli. Typique tout en comptant parmi les meilleurs.


Jean-Pierre LION
Première parution : 1/7/2000 dans Bifrost 19
Mise en ligne le : 3/10/2003


 
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