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Les Domaines de la nuit

Dennis ETCHISON

Titre original : The Dark Country, 1982
Première parution : Scream/Press, 1982
Traduction de E. C. L. MEISTERMANN & Claude SCHLEISSNER
Illustration de Rémi HAMOIR

LES BELLES LETTRES , coll. Le Cabinet noir n° 26
Dépôt légal : février 1999
Recueil de nouvelles, 272 pages, catégorie / prix : 49 FF
ISBN : 2-251-77127-1
Genre : Science-Fiction



Quatrième de couverture
     Ce qui se passe sur les autoroutes de la nuit, dans les quartiers en apparence ordinaires des villes, dans les contrées intermédiaires où se dissimulent des entités bizarres et équivoques engendrées par nos solitudes et nos angoisses... A côté de ces terreurs-là, goules et loups-garous font figure de parents pauvres ! La nouvelle qui donne son titre à ce volume a reçu deux des plus hautes distinctions qu'un auteur de fantastique moderne puisse souhaiter : le British Fantasy Award et le World Fantasy Award.
Sommaire
Afficher les différentes éditions des textes
1 - Seulement la nuit (It Only Comes Out at Night, 1976), pages 7 à 22, nouvelle, trad. Claude SCHLEISSNER
2 - Assis dans un coin à gémir doucement (Sitting in the Corner, Whimpering Quietly, 1976), pages 23 à 27, nouvelle, trad. E. C. L. MEISTERMANN
3 - L'Homme qui marche (The Walking Man, 1976), pages 29 à 44, nouvelle, trad. E. C. L. MEISTERMANN
4 - Nous sommes tous passés par là (We Have All Been Here Before, 1979), pages 45 à 59, nouvelle, trad. E. C. L. MEISTERMANN
5 - Fille de l'ouest (Daughter of the Golden West, 1973), pages 60 à 74, nouvelle, trad. E. C. L. MEISTERMANN
6 - Le Boniment (The Pitch, 1978), pages 75 à 86, nouvelle, trad. E. C. L. MEISTERMANN
7 - Maintenant, tu peux y aller (You Can Go Now, 1980), pages 87 à 100, nouvelle, trad. E. C. L. MEISTERMANN
8 - Offre spéciale du jour (Today's Special, 1972), pages 101 à 107, nouvelle, trad. E. C. L. MEISTERMANN
9 - La Machine exige un sacrifice (The Machine Demands a Sacrifice, 1972), pages 109 à 123, nouvelle, trad. E. C. L. MEISTERMANN
10 - J'appelle tous les monstres (Calling All Monsters, 1973), pages 125 à 132, nouvelle, trad. E. C. L. MEISTERMANN
11 - La Ligne de démarcation (The Dead Line, 1979), pages 133 à 147, nouvelle, trad. E. C. L. MEISTERMANN
12 - Les Travailleurs de la nuit (The Late Shift, 1980), pages 149 à 170, nouvelle, trad. E. C. L. MEISTERMANN
13 - Le Faucon de la nuit (The Nighthawk, 1978), pages 171 à 192, nouvelle, trad. E. C. L. MEISTERMANN
14 - Il ne tardera plus à arriver (It Will Be Here Soon, 1979), pages 193 à 212, nouvelle, trad. E. C. L. MEISTERMANN
15 - Bandes-mort (Deathtracks, 1982), pages 213 à 226, nouvelle, trad. E. C. L. MEISTERMANN
16 - Les Domaines de la nuit (The Dark Country, 1981), pages 227 à 253, nouvelle, trad. E. C. L. MEISTERMANN
17 - Hélène OSWALD & Pierre Jean OSWALD, Le Journal du cabinet noir, février 1999, pages 257 à 263, article
Critiques
          Tout chez Dennis Etchison, des êtres à leurs environnements, des institutions aux objets familiers, transpire la solitude, l'angoisse et le renoncement. Les seize nouvelles recueillies ici (parues en 1982 aux États-Unis, en 1985 aux éditions Opta) déclinent sur un registre saisissant et glacial le thème du « À quoi bon ? ». Les décors se prêtent bien aux dérives trop ordinaires décrites en ces pages : une aire d'autoroute désaffectée, une lavomatique sordide, des rues terminées souvent en cul-de-sac, des hôpitaux aux étages secrets... autant de lieux où s'éteignent les pulsations de la vie et où retentit le « chœur inquiet des morts » (p. 226).
          L'un des drames communs à l'ensemble des récits est celui de la communication rompue, de la disparition des hommes, femmes et enfants alors même que le mystère de leur être n'a pas été résolu. Du petit garçon exécuté dans Les Domaines de la nuit ne reste qu'un cadavre silencieux, qui plonge les individus improvisés miliciens dans le doute et le remords . Dans II ne tardera pas à arriver -hommage au premier Body Snatchers (Santa-Mara rappelant Santa-Mira du film de Siegel) — et Bandes-mort, l'enjeu est d'établir un contact ou de découvrir des messages d'origine inconnue. Rien n'aboutit vraiment, la résolution étant toujours différée au-delà du dénouement. Cela vaut d'ailleurs pour le surgissement du pire chez Etchison, souvent hors cadre. Si le récit commence en étant lourd de non-sens et de menace, il s'achève sur une tension extrême, dont l'aboutissement est pressenti sans être montré. On sait que tout se termine forcément dans le carnage (Fille de l'Ouest), la mort intraitable (la camionnette bleue à la fin de Travailleurs de la nuit récupère le fuyard), l'effacement pur et simple (la trilogie médicale, La machine exige un sacrifice, J'appelle tous les monstres, La Ligne de démarcation, suggère l'horreur de l'élimination du corps humain petit bout par petit bout, restes après restes), l'attente mortifère (Le Faucon de nuit).
          La prose de l'écrivain et scénariste américain est ciselée, attentive au détail significatif, particulièrement retenue dans les dialogues — nombreux et oppressants — , et d'une précision chirurgicale, comme pour obtenir un effet maximal. A l'instar de cette phrase renversante qui ouvre l'une des nouvelles : « Ce matin, j'ai mis du verre pilé dans les yeux de ma femme »....
          On ne reste pas insensible à la transposition tour à tour feutrée et sans ménagement de la cruauté dans ces récits. Tout simplement parce qu'elle dérange les habitudes du lecteur, qui ne sait pas sur quel pied danser. De page en page, il passe de la terreur affichée au docudrama, de l'amertume poétique à la saveur grand-guignol. Par cet art à susciter le malaise et par la densité de sa narration, Dennis Etchsion s'impose comme l'orfèvre du texte court. À quand l'intégrale de ses nouvelles ?

Guy ASTIC
Première parution : 1/4/1999 dans Ténèbres 6
Mise en ligne le : 1/11/2003


Ce matin, j'ai mis du verre pilé dans les yeux de ma femme. Ca ne lui a rien fait. Elle n'a pas émis un son. Comme d'habitude.

     Ces phrases qui ouvrent l'une des nouvelles les plus marquantes de ce recueil (La ligne de démarcation) donnent parfaitement le ton de ce livre que l'éditeur a judicieusement sous-titré "cauchemars modernes".
     Il ne s'agit en effet pas de fantastique classique, avec fantômes et démons, mais au contraire d'un fantastique très ancré dans la réalité de l'Amérique contemporaine. Certaines nouvelles tiennent d'ailleurs davantage de la SF, comme la terrifiante trilogie médicale dont la nouvelle sus-citée est un exemple, d'autres ont une ambiance de policier noir... d'autres enfin sont inclassables.
     Tous différents, les récits sont réunis par un ton remarquablement homogène, par une ambiance noire - très noire ! -, par une forte proportion de sang, et par une singulière façon de distiller l'horreur à partir de situations parfois banales...
     Par exemple, dans la nouvelle qui ouvre le recueil (Seulement la nuit), un homme sur une route s'arrête sur une aire de repos et sa vie bascule, sans que ce à quoi il est confronté ne soit clairement dit ou montré. L'explication pourrait-être rationnelle, mais l'atmosphère est si oppressante que la terreur augmente, d'une façon qui rappelle Duel de Matheson (et Spielberg)...

     Dans le Journal du Cabinet noir, qui sert de postface, se trouvent, outre une présentation de la vie et de l'oeuvre d'Etchison, d'intéressants extraits de préfaces écrites par Daniel Walther et Ramsey Campbell : chacun y souligne la subtilité de l'auteur et de ces histoires que Walther compare à des "contes cruels" contemporains. Cette subtilité est en effet évidente : c'est par d'infimes détails que le macabre surgit, par l'enchainement d'évènements peu spectaculaires que l'horreur croît... Impressionnant d'efficacité !

Pascal PATOZ (lui écrire)
nooSFere

Critiques des autres éditions ou de la série
Edition OPTA, Galaxie-bis (1985)

     Pourquoi ne pas le dire tout de suite, la traduction de The Dark Country constitue sans aucun doute un des événements majeurs de l'année en matière de Fantastique !
     Auteur à part dans le domaine, Dennis Etchison a mis bien du temps avant d'être reconnu par le public anglo-saxon. Pourtant, ses textes paraissaient depuis la fin des années soixante dans nombre de revues (spécialisées ou à gros tirage). Mais ses histoires étaient peut-être trop « différentes » pour l'époque et il dut attendre le renouveau de l'Horreur moderne de la fin des années soixante-dix pour se voir enfin consacré comme l'un des meilleurs écrivains du moment et pour être couronné par les deux prix les plus prestigieux du genre à l'occasion de la publication de la nouvelle « The Dark Country » qui donne son titre au recueil.
     Dennis Etchison tranche assez radicalement sur le Fantastique tel que le pratique un Stephen King, par exemple. Au lieu de prendre les « bons vieux thèmes » à bras-le-corps et leur donner l'éclat du neuf, Etchison préfère s'attaquer à l'horreur au quotidien, celle qui peut se cacher derrière le geste le plus banal de la vie courante, celle qui imprègne l'existence déshumanisée des grandes métropoles modernes. Et le visage que prend cette horreur n'est pas celui du vampire ou du fantôme mais celui d'un Inconnu totalement insaisissable à qui il arrive quelquefois de prendre forme humaine, juste le temps de perpétrer son forfait... Dieu, quel livre !


Richard D. NOLANE (site web)
Première parution : 1/11/1985
dans Fiction 368
Mise en ligne le : 10/3/2005

Prix obtenus par des textes au sommaire
Le Sombre pays : British Fantasy nouvelle / Short story, 1982
World Fantasy nouvelle / Short story, 1982

Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes
Patrick Marcel : Atlas des brumes et des ombres (liste parue en 2002)

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