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La Plaie

Nathalie HENNEBERG

Science Fiction  - Illustration de Philippe CAZA
L'ATALANTE, coll. Bibliothèque de l'évasion n° (109), dépôt légal : avril 1999
464 pages, catégorie / prix : 5, ISBN : 2-84172-105-1
Couverture

    Quatrième de couverture    
An 3000. Une force d'origine inconnue, que l'on nomme la "Ténèbre" ou la "Plaie", s'est emparée de la Terre pour la plonger dans la souffrance, le meurtre et l'ignominie. Par l'entremise des "Nocturnes", ses agents, elle étend son règne dans l'univers des Astres libres.
     Mais la Terre elle-même sécrète l'antidote au mal qui la ronge; il s'agit de mutants aux pouvoirs mal définis, que les Nocturnes redoutent et pourchassent : voyants, sensitifs... ou vireurs d'univers, les plus puissants, les plus mystérieux.
     Au terme d'un exode vertigineux sur des mondes hallucinants, c'est une armée hétéroclite qui fera route vers Sigma, capitale des mondes arcturiens, où l'attend l'ultime affrontement avec les forces du mal.
     Jamais le terme d' "opéra de l'espace" ne fut plus justifié que pour désigner La plaie, épopée lyrique, joyau de la science-fiction française. Parue en 1964, c'est l'oeuvre majeure de Nathalie Henneberg, un auteur devenu mythique et qu'il faut aujourd'hui redécouvrir.

    Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes :    
Annick Béguin : Les 100 principaux titres de la science-fiction (liste parue en 1981)
Association Infini : Infini (3 - liste francophone) (liste parue en 1998)
 
    Critiques    
La lutte sera dure, mais n'est-ce pas le plus beau sort : être personnages et spectateurs d'une épopée incomparable ? (p. 113)

     Espaces interplanétaires et altérations spatio-temporelles, guerre et invasions, mutants et pouvoirs psychiques... pas de doute, nous sommes bien dans un space opéra... mais dans l'un des plus étonnants jamais écrits.
     Le thème premier paraît manichéen, la Ténèbre semblant la représentation du mal absolu, qu'il va falloir combattre... Pourtant, la réalité est beaucoup plus complexe, et les notions pures de bien et de mal ne semblent guère intéresser l'écrivain, beaucoup plus subtil.
     Le récit de ce curieux fléau qu'est la Plaie, dont la nature exacte nous échappe, permet ainsi à l'auteur de dresser d'impressionnants parallèles aussi bien avec l'Histoire et les malheurs de l'humanité, qu'avec la Divine Comédie de Dante.
     L'intrigue, non linéaire, n'est pas centrée sur un seul héros mais sur plusieurs personnages, dont aucun n'est véritablement un héros. Bien que ces personnages soient assez complexes, Nathalie Henneberg n'approfondit pas leurs personnalités propres et n'essaye pas de les rendre particulièrement attachants ou humains. Ils sont avant tout les personnages d'une épopée incomparable et sont des figures de légende plutôt que de simples individualités.
     Porté par un style superbe, un lyrisme foisonnant, une poésie baroque et visionnaire, ce roman métaphysique particulièrement riche est donc une oeuvre dense, complexe, parfois inégale, souvent difficile, qu'il faut savourer lentement et qui marque profondément.

     Cette réédition, amplement méritée et magnifiquement illustrée par Caza, devrait permette la redécouverte du talent de Nathalie Henneberg, dont l'oeuvre personnelle est longtemps demeurée dans l'ombre de celle de Charles, son mari décédé en 1959, à laquelle elle collaborait pourtant.
     A noter l'existence d'une suite, Le dieu foudroyé paru chez Albin Michel.

Pascal PATOZ (lui écrire)
nooSFere


     Roman épique, grandiose par sa démesure, éblouissant par son style, les qualificatifs ne manquent pas à propos du chef-d'œuvre de Nathalie Henneberg qui, curieusement, ne connut qu'une seule réédition depuis sa sortie, en 1964.
     Le récit s'ouvre au moment de la condamnation à mort d'Airth Reg, alors qu'il s'apprêtait à sauver l'univers. Au xxxe siècle, le mal absolu est enfin identifié. Il s'agit d'un virus, qui a contaminé la Terre à différentes périodes de son histoire et dont l'origine ne serait même pas extraterrestre mais extratemporelle, voire issue d'un autre espace-temps. On l'appelle la Plaie ou la Ténèbre. Identifié, il n'a cependant pas de visage. Ses agents propagateurs, les Nocturnes, ne sont jamais clairement décrits même si les protagonistes qui s'opposent à eux les voient. La Terre attaquée risque de succomber  ; les seuls opposants crédibles à la Plaie sont les mutants, plus particulièrement ceux capables d'affecter le temps, car c'est sur ce plan-là qu'il importe de chasser le virus.
     Airth est probablement le plus puissant des mutants, mais il l'ignore encore. Deux jeunes filles, dont on suit la trajectoire dans la première partie du roman, se joindront à sa croisade  ; Villys et Thalestra, aux caractères bien tranchés, mutantes unies pour la bonne cause, se jalousent cependant pour l'amour d'Airth. D'autres protagonistes hauts en couleurs parsèment le récit, Lès Carroll, intrépide astronaute, le savant Orozov, l'ambigu Ralp Valeran qui complote pour le pouvoir... La quête est jalonnée de quelques beaux épisodes, comme la Fosse aux Cygnes où le temps et l'espace sont à ce point distordus que des images du passé apparaissent comme des fantômes.
     On est parfois frappé par la modernité de certaines idées  : Henneberg joue avec les univers parallèles et évoque sans les nommer ou en usant du vocabulaire disponible à l'époque ce qui ressortit aux manipulations génétiques et à l'informatique. Mais il faut remarquer qu'elle manipule ainsi un matériau poétique plutôt que des concepts scientifiques. Si le livre a vieilli sur quelques points mineurs, sa charge émotive est intacte  ; la splendide écriture, haute en couleurs, au lyrisme parfois excessif, finit par faire mouche.
     Quête d'absolu, réflexions philosophiques sur la nature du mal, considérations sociales au hasard des escales sur des mondes étranges, l'imposant roman de Nathalie Henneberg est avant tout à lire pour son formidable pouvoir d'évocation, pour les images qu'il déploie dans l'esprit des lecteurs. On a souvent dit de ses romans qu'il s'agissait de space-operas flamboyants. Trente-cinq ans plus tard, ce flamboiement est intact.

     [NDLR  : Une version sensiblement abrégée de cette chronique est parue dans L'Écran fantastique n° 191, novembre 1999.]

Claude ECKEN (lui écrire)
Première parution : 1/12/1999
dans Galaxies 15
Mise en ligne le : 17/5/2001


 
Base mise à jour le 18 mars 2017.
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