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Cosmicomics

Italo CALVINO

Titre original : Le cosmicomiche, 1965

Traduction de Jean THIBAUDEAU
Illustration de Pierre FAUCHEUX

LIVRE DE POCHE (Paris, France), coll. SF (1ère série, 1977-1981) n° 7044
Dépôt légal : 2ème trimestre 1979
224 pages, catégorie / prix : 2
ISBN : 2-253-02227-6   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Ofwfq, le héros de ce livre, est aussi vieux que le monde. Rien de ce qui s'est passé depuis des millions d'années ne lui est étranger. Il connaît toutes les galaxies, tous les animaux préhistoriques, toutes les courbures du temps et de l'espace... Il connaît aussi bien l'amour que les mathématiques, autant le langage que l'art des paradoxes. Le monde, c'est lui en somme. Et son savoir est si vaste qu'il embrasse — à un ou deux milliards de kilomètres près — tout le système solaire...
    

    Sommaire    
1 - La Distance de la Lune (La distanza della Luna), pages 5 à 28, trad. Jean THIBAUDEAU
2 - Au point du jour (Sul far del giorno), pages 29 à 45, trad. Jean THIBAUDEAU
3 - Un signe dans l'espace (Un segno nello spazio), pages 47 à 61, trad. Jean THIBAUDEAU
4 - Tout en un point (Tutto in un punto), pages 63 à 70, trad. Jean THIBAUDEAU
5 - Sans les couleurs (Senza colori), pages 71 à 86, trad. Jean THIBAUDEAU
6 - Jeux sans fin (Giochi senza fine), pages 87 à 96, trad. Jean THIBAUDEAU
7 - L'Oncle aquatique (Lo zio acquatico), pages 97 à 115, trad. Jean THIBAUDEAU
8 - Combien parions-nous ? (Quanto scommettiamo), pages 117 à 131, trad. Jean THIBAUDEAU
9 - Les Dinosaures (I Dinosauri), pages 133 à 159, trad. Jean THIBAUDEAU
10 - La Forme de l'espace (La forma dello spazio), pages 161 à 176, trad. Jean THIBAUDEAU
11 - Les Années-lumière (Gli anni-luce), pages 177 à 196, trad. Jean THIBAUDEAU
12 - La Spirale (La spirale), pages 197 à 218, trad. Jean THIBAUDEAU

    Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes :    
 
    Critiques    
     Un cuistre anonyme, collaborateur du Dictionnaire des œuvres de Robert Laffont, jugeant sans doute que Calvino était bien au-dessus de ça, a très sérieusement démontré que Cosmicomics ne se rattachait pas au genre science-fiction, parce qu'il ne se passait pas dans le futur. Si ce genre d'appréciation grotesque n'était le fait que de quelques vieilles barbes obtuses, il y aurait encore de quoi rire. Mais le fait est que depuis la mort du grand Italo Calvino, survenue en 1985, et la subséquente accession de son œuvre à l'immortalité, ceux de ses ouvrages qui semblaient tant soit peu s'écarter du sillon du classicisme littéraire ont été rapatriés fissa dans des collections qu'on peut ostensiblement laisser traîner sur la table basse du salon. Un comble quand on sait le baroque et l'originalité de l'art de Calvino, qui toute sa vie durant, se frotta à différents genres littéraires, et fut notamment l'un des plus illustres participants à l'OuLiPo.
     Bref, nous n'en étions pas là lorsque parut au Livre de Poche SF ce recueil de douze contes (initialement publié en 1965), présentés comme un nouveau genre : la préhistoire science-fiction. Précisons que Calvino écrivit plusieurs autres contes selon le même principe, réunis dans d'autres recueils, et que les rééditions postérieures de Cosmicomics proposeront en fait la totalité de ces nouvelles préhistorio-science-fictives. Que nous racontent-elles, au fait, ces fameuses nouvelles ?
     Le narrateur, Qfwfq, entité d'une espèce indéterminée, et dont on sait juste qu'il est au moins aussi vieux que le monde, nous relate certains de ses souvenirs personnels, amoureux ou familiaux, étroitement liés à la formation de l'univers et à l'apparition de la vie sur Terre. C'est ainsi que chacune des nouvelles est construite de la même façon : quelques lignes d'introduction présentent d'abord une hypothèse scientifique ou une découverte récente liée aux origines de l'univers. Qfwfq, probablement inspiré par le sujet évoqué, embraie ensuite en y allant de son anecdote : comment il s'employait avec les siens à recueillir du lait de lune, lorsque ce satellite n'était qu'à portée d'une échelle de la Terre ; comment il traça une marque invisible sur la galaxie, ce qui lui permettra d'affirmer qu'elle met exactement 200 millions d'années, pas une minute de moins, pour effectuer une révolution ; comment son oncle N'ba N'ga, dédaignant la vie sur la terre ferme, refusa de devenir amphibien et resta aquatique ; ou encore sa dure vie de dinosaure à l'époque où ceux-ci avaient été supplantés par les mammifères.
     Trésor d'humour et de poésie plus métaphysique que pataphysique (malgré les apparences), pimenté d'un trait de nonsense, Cosmicomics ne ressemble à rien de connu, mais pourquoi s'ingénier à en trouver des équivalents ? Il est surtout patent que Calvino s'est bien amusé en écrivant ces contes, et que le lecteur s'amusera tout autant à les lire.

Julien RAYMOND (lui écrire)
Première parution : 14/5/2003 nooSFere


 
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