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Arena

Robert SHECKLEY

Titre original : Victim Prime, 1987

Cycle : Victime  vol.

Traduction de Philippe R. HUPP
Illustration de Philippe GAUCKLER

DENOËL (Paris, France), coll. Présence du futur n° 472
Dépôt légal : juin 1988
192 pages, catégorie / prix : 6
ISBN : 2-207-30472-8
Format : 11 x 18 cm  
Genre : Science-Fiction 



    Quatrième de couverture    
     Puisque la vie dans l'État de New York est devenue plus périlleuse que jamais en cette année 2092, autant aller établir ses quartiers sur l'île d'Esmeralda, dans les Caraïbes. Là, au moins, la violence est réglementée : on est Chasseur ou Victime et on est payé pour ça. Tel est le raisonnement d'Harald Erdman. Mais gagner Esmeralda n'est pas une mince affaire et, une fois sur place, il faut se familiariser avec le code de la Chasse... et toutes les tricheries qu'il permet. Autant de difficultés qui amènent notre « travailleur immigré » à se poser cette grave question : au royaume hyper-sophistiqué de la Chasse, un plouc de Keene Valley a-t-il la moindre chance ?

L'auteur :
Né à New York en 1928, Robert Sheckley publie son premier récit de S.-F. en 1952.
Le présent volume, conçu comme une suite à La Dixième victime (Carré noir), est son livre le plus récent.
Entre les deux : une trentaine de romans et recueils de nouvelles écrits au gré de nombreux voyages de par le monde.
Frappés au coin de l'humour et du sens de l'absurde, ils ont valu à leur auteur d'être comparé à Swift et Lewis Carroll.
 
    Critiques    
 
     Ayant compris que ces temps ci, le public était particulièrement sensible au phénomène des séries, les éditeurs américains ont vivement encouragé leurs auteurs vedettes à reprendre des ouvrages ayant établi leur réputation, pour nous en livrer les séquelles. Cette mode a donc permis à des titres comme Prelude to Foundation d'Asimov ou 2061, Odyssey Three de Clarke, pour n'en citer que quelques-uns parmi les plus récents et les plus typiques de ce phénomène, de voir le jour.
     Sheckley, quant à lui, a choisi d'écrire une suite à son roman La dixième victime (Carré Noir n°250), roman qui avait d'ailleurs été tiré de sa nouvelle La septième victime (in Le prix du danger J'ai Lu n°474) pour les besoins du film d'Elio Petri qu'il cite à la page 59 d'Arena. Mais contrairement à ce que l'on pourrait penser, Arena peut se lire indépendamment !
     L'intrigue de ce roman est particulièrement simple, et même un peu trop à mon goût. Esméralda est une île des Caraïbes appartenant à une multinationale. C'est un paradis touristique totalement factice (les promoteurs ont tout rasé pour reconstruire une ville d'aspect médiéval ; la population a été chassée pour être remplacée par des paysans venus du monde entier, sélectionnés sur leur apparence physique). Mais la grande attraction d'Esméralda, c'est la Chasse, c'est-à-dire le Meurtre d'une Victime par un Chasseur dûment homologué par un Contrôleur des Chasses, l'assassinat légalisé, règlementé par un ordinateur gouvernemental. En ce vingt et unième siècle où la paix règne sur une Terre usée par la pollution et l'exploitation abusive de ses richesses, des hommes ont créé ce lieu où tout ce qui est normalement répréhensible est ici adulé.
     Ce qui frappe d'emblée en ouvrant ce livre, c'est sa faible longueur (approximativement celle d'un Fleuve Noir Anticipation). La chose est pour le moins surprenante, quand on songe à toutes ces énormes nouveautés US. Mais ce que l'on retiendra après avoir lu cet ouvrage, c'est son classicisme qui en fait à la fois sa force (relative) et sa faiblesse. Sa force parce que le public n'aime pas être dérangé dans ses petites habitudes ; sa faiblesse parce que l'inconditionnel sheckleyien que je suis, n'a retrouvé ni l'imagination un peu folle du romancier ni l'impact du novelliste. Certes l'humour est présent, c'est bien la moindre des choses, mais l'ensemble demeure trop sage. On passe d'une chasse à l'autre, jusqu'au bouquet final, sans ennui mais aussi, hélas, sans passion ni étonnement. Quant à la conclusion de ce roman, elle est traitée de façon trop abrupte, ce qui laisse un goût d'inachevé. Un comble pour un auteur dont les meilleures histoires « à chute », celles de la période Galaxy, sont parmi les plus célèbres du genre !
     Un Sheckley de moyenne cuvée donc, même si Arena est agréable à lire. Espérons que la suite d'Arena, intitulée Hunter/Victim (à paraître toujours chez Denoël, en 89) sera un peu plus excitante.

Thierry BOSCH
Première parution : 1/10/1988 dans Fiction 401
Mise en ligne le : 11/1/2009


 

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