Site clair (Changer
 
  Critiques  
 
  Livres  
 
  Intervenants  
 
  Prix littéraires  
 
  Adaptations  
    Fiche livre     Connexion adhérent
Argentine

Joël HOUSSIN



Illustration de Philippe GAUCKLER

DENOËL (Paris, France), coll. Présence du futur n° 486
Dépôt légal : mars 1989
278 pages, catégorie / prix : 10
ISBN : 2-207-30486-8
Format : 11 x 18 cm  
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Le désert à perte de vue, survolé par une armada de zeppelins noirs, véritables buildings volants... Une immense caravane d'hommes nus, serpentant entre les dunes, se battant comme des chiens pour gagner une place sous l'ombre ovoïde des dirigeables policier...
     L'histoire de notre peuple s'arrêtait à cette vision. Ici, il n'y avait plus que nous — nous, des flics, une ville et le désert tout autour. La prison était bâtie pour mille ans, et les fantômes qui y vivaient se pensaient libres. Jusqu'au jour où tout a basculé...
     Les flics devinrent télépathes, la nourriture gangrenée et les femmes binaires, mi-adolescentes, mi-vieillardes. Je me croyais blindé. Il me restait à apprendre que le dégoût de vivre ne supprime pas la peur de mourir.

L'auteur :
Né en 1953, joël Houssin a publié ses premières nouvelles dans Fiction avant de devenir l'un des « auteurs-cultes » du Fleuve noir avec la saga du Dobberman et une dizaine de romans d'anticipation à l'écriture impétueuse parmi lesquels se détachent Blue (adaptée en B.D. par Philippe Gauckler) et Les Vautours (Grand Prix de la S.-F. française 86). Le temps qu'il consacre aujourd'hui à ses activités de scénariste pour le cinéma et la T.V. ne l'empèche pas de demeurer l'enfant terrible de la S.-F. made in France.
D'où son adoption par Présence du Futur.

    Prix obtenus    
Apollo, [sans catégorie], 1990

    Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes :    
 
Association Infini : Infini (3 - liste francophone) (liste parue en 1998)

 
    Critiques    
     II y avait longtemps qu'on n'avait pas lu un roman de s-f signé Houssin, l'auteur, on le sait, étant trop pris par l'éphémère direction d'une collection ayant semble-t-il définitivement sombré (Chez Siry), et par l'écriture de scénarios pour la télé en compagnie de son complice Daniel Riche (cette activité-là étant toujours en cours). Il nous revient avec un récit, certes plus long, mais qui ne nous dépayse pas par rapport à ses Fleuve Noir : le goût de l'action violente et des marginalités (ici des bandes de pilleurs et de motards, comme les « Enragés », à l'œuvre dans une grande cité en proie à la déglingue et à la police omniprésente — les « lunettes noires »), la transposition de problèmes en germe dans un futur à très court terme et un ailleurs riche en connotations (l'Argentine du titre), les couleurs enfin dont il orne son texte...
     Couleurs ? On se souvient que Houssin adapta pour la b-d un de ses Fleuve (Blues). Argentine, avec ses personnages emblématiques (chef de bande, ici le « Golden boy », salopards pustuleux, femme inaccessible) fait souvent penser à Blues, plus b-d en fait que le roman : et ce n'est sûrement pas un hasard si la couverture du roman (très belle) est signée Gauckler, qui avait dessiné Blues pour les deux albums parus aux Humanoïdes Associés, et qui nous revient ici en illustrateur, avec de la maturité et dès finesses en plus. Bande dessinée ? On en trouve un reflet direct dans le personnage d'Aurora (la femme inaccessible, par rapport aux putains qui hantent la ville sans nom), la femme double : « La moitié droite d'Aurora appartenait à la plus belle femme de l'univers et la gauche à une vieillarde quasi centenaire... » (p. 142). Ce personnage impossible biologiquement mais très visuel, très esthétique, introduit ce qui est le plus fort dans le roman de Houssin : Matrix, une sorte d'ouragan temporel artificiel, qui cerne la ville, la pénètre peu à peu, et fait instantanément vieillir d'un demi-siècle tout ce qu'il touche.
     C'est dans les effets de Matrix que l'auteur nous dévide ses pages les plus frappantes -ainsi de ce qui reste d'un bordel après le passage de Matrix : « Un putano survivant était resté à quatre pattes sur son lit avec les ossements de son client sur le dos. Il avait senti pourrir le phallus du cobaye dans son vieux cul fané » (P. 200). Il est alors dommage (et le lecteur en est frustré) que l'autre invention forte du roman, ces dirigeables policiers noirs qui surveillent le désert aux abords de la ville et dans l'ombre desquels survivent des hordes errantes, ne soit réduit qu'à quelques lignes informatives, alors qu'on aurait pu s'attendre à d'autres fortes séquences sur le sujet. C'est d'autant plus dommage que Houssin est aussi à l'aise pour décrire le désert que la jungle urbaine : « J'apercevais aussi d'étranges plates-formes de terre humide, comme si l'épiderme du désert, par endroits, se mettait enfin à transpirer, à suer une eau alcaline qui vous plantait, si vous tentiez de la recueillir pour boire, dix mille aiguilles dans les intestins » (p 150).
     Houssin sait écrire, pas de doute, et Argentine devrait faire taire une fois pour toutes ceux qui tentent de faire le distinguo entre littératurants et narratifs, comme si l'un allait sans l'autre pour accoucher d'un bon livre. Quant aux critiques paresseux qui ne cessent d'écrire que les deux seuls survivants valables de la « s-f — politique française » sont Hubert et Wintrebert, il faudra qu'ils comptent désormais Houssin dans les rangs. Mais de quoi serait-il un survivant, puisqu'il est vivant ?



Jean-Pierre ANDREVON (lui écrire)
Première parution : 1/7/1989 dans Fiction 410
Mise en ligne le : 9/10/2003


 

Dans la nooSFere : 62658 livres, 58930 photos de couvertures, 57148 quatrièmes.
7958 critiques, 34384 intervenant·e·s, 1334 photographies, 3656 Adaptations.
 
Vie privée et cookies/RGPD
A propos de l'association. Nous écrire.
NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique.
Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres. Trouver une librairie !
© nooSFere, 1999-2018. Tous droits réservés.