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La Voie terrestre

Robert REED

Titre original : Down the Bright Way, 1991
Science Fiction  - Traduction de Bernard SIGAUD
Robert LAFFONT, coll. Ailleurs et demain n° (145), dépôt légal : février 1994
368 pages, catégorie / prix : 149 FF, ISBN : 2-221-07448-3

Couverture

    Quatrième de couverture    
     Lorsque les Vagabonds surgirent du néant et entreprirent de résoudre les problèmes d'une Terre mal en point, les uns les prirent pour des anges et les autres pour des démons. En réalité, les Vagabonds ne viennent ni du ciel ni de l'enfer. Ils viennent d'une longue chaîne de mondes parallèles et ils empruntent pour passer de l'un à l'autre la voie qu'ils nomment la Clarté.
     Partis depuis plus d'un million d'années de la Terre des Fondateurs, ils poursuivent deux buts. D'abord, retrouver les Créateurs de cette voie terrestre pavée de mondes. Ensuite, faire régner, sur toutes les Terres où des variantes de l'humanité sont apparues, la paix et la justice, autant qu'il se peut. En chemin, les Vagabonds recrutent.
     Des gens comme Kyle. Mais Kyle n'est pas un Vagabond, pas même un novice, rien qu'un imposteur jouant au Vagabond. Pour séduire Billie, par exemple. Billie à qui il promet de rencontrer Jy, l'inspiratrice légendaire de la quête des Fondateurs. Ni Kyle, ni Billie, ni même Jy ne savent encore qu'ils vont affronter au bout de la Clarté les inTrouvés et peut-être la fin du rêve généreux des Fondateurs.


    Prix obtenus    
Grand Prix de l'Imaginaire, roman étranger, 1995
 
    Critiques    
     Vagabonds d'une Terre à l'autre
     De l'autre côté de notre réalité, prétend Robert Reed, s'enchaîne un interminable cortège de mondes parallèles.
     L'auteur de « La voie terrestre » reprend à son compte un vieux refrain de science-fiction : notre planète n'est pas un modèle unique, mais une des multiples Terres existant dans des plans de réalité contigus. Dans l'imagination de Robert Reed, la plupart de ces mondes parallèles sont habités par une espèce d'apparence humaine. Mais l'Histoire, selon lui, y suit des cours divergents. Certains en sont encore à l'âge de la pierre, alors que d'autres voient s'épanouir des civilisations au faîte du développement technologique.
     Les pacifiques Vagabonds appartiennent à cette élite. Leur science a ouvert une enfilade de portes entre les différents univers, qu'ils visitent l'un après l'autre au fil des millénaires. Au passage, ils éduquent les peuples inférieurs rencontrés dans leur périple et accélèrent en douceur leur évolution. Mais ces philantropes errants ne se contentent pas d'ajouter de nouvelles perles au collier de la fraternité cosmique. Leur quête a un autre objectif : parvenir au bout de la route qui relie les mondes et où, dit-on, les attendent les mystérieux Créateurs.
     Robert Reed brosse de ses Vagabonds un portrait ébloui, comme s'il assistait lui-même au débarquement de ces grands frères immortels. Omniscients, bienveillants, ils n'inspirent aux Terriens médusés qu'admiration et confiance. Mais le rêve a son revers : le lecteur découvre soudain que des milliers d'années de sagesse n'ont pas effacé tout instinct de violence. Après des pages d'utopie débonnaire, le roman bascule dans le cauchemar et les demi-dieux tombent bruyamment de leur piédestal. Reste l'homme, rendu à lui-même, mais gardant devant lui toute la gamme des possibles.

François ROUILLER
24 heures
Mise en ligne le : 5/11/2000

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    
Edition LIVRE DE POCHE, SF (2ème série, 1987-) (1998)


     Il y a des univers parallèles. Une multitude, une infinité. Et il y a une voie qui relie ces univers, passant de Terre en Terre : la Clarté. Lorsqu'il existe une longue route ne menant littéralement nulle part puisque pointée sur l'infini, on peut être sûr qu'un certain nombre d'individus vont l'arpenter. Ce sont les Vagabonds, qui cherchent à retrouver les créateurs de la Clarté. Accessoirement, en bondissant de Terre en Terre, ils militent pour une grande fraternité des humains au long de cette « voie terrestre ».

     Sur notre Terre, ils proposent quelques hochets technologiques (énergie renouvelable, vaisseaux intersidéraux, ingénierie planétaire...) tout en poussant à la création d'une véritable fédération mondiale. Évidemment, certains jeunes gens plutôt en problème avec eux-mêmes (le syndrome James Dean dans La Fureur de vivre en somme) profitent honteusement de l'aura des Vagabonds en se faisant passer pour l'un des leurs auprès des petites nanas. Comme Kyle, transformé en tombeur par la magie du mot « vagabond ».

     La Voie terrestre est le troisième roman de Robert Reed publié en France, après La Jungle hormone et Le Lait de la chimère, et avant Le Voile de l'espace. Reed est très certainement l'un des auteurs les plus intéressants qui aient été révélés ces dernières années, même s'il ne possède ni l'envergure ni le charisme d'un Dan Simmons ou d'un lain Banks. Mais aucun de ses livres n'est banal. Et comme le souligne son éditeur, chaque fois que Reed empoigne un motif déjà bien usé (songez aux innombrables univers parallèles peuplant la SF), il le manipule et le renouvelle considérable ment.

     Kyle sera pris en otage, en compagnie de Jy (la « Resplendissante » supérieure charismatique des Vagabonds) et de quelques autres, par un renégat nommé Moliak, ancien collaborateur de Jy. Ils filent au long de la Clarté, survolant des Terres toutes différentes. On découvre alors que les univers ne sont pas agencés au hasard le long de la voie : leur succession répond à une logique, qui n'est ni mécanique ni spatiale. Comme le souligne Klein dans sa préface, « la morale devient une dimension de l'espace ». D'un côté les Terres paradisiaques, de l'autre les infernales. Voilà un beau retournement de motif éculé ! Notre propre place dans le classement, Reed se montrant lucide, est évidemment assez médiocre.

     Hitchcock, je pense, a établi la loi selon laquelle plus le méchant est réussi, meilleure est l'histoire. Avec Moliak, Reed en a construit un qui peut répondre à ce critère, mais dans le même temps il nous l'offre crédible et motivé. Dans son passé, Moliak s'est trouvé en présence du mal. Du Mal absolu, nouvel archétype : les inTrouvés, version absolument pervertie (si c'est possible) de l'humanité, qui ne se sont pas autodétruits ni n'ont évolué vers une conscience meilleure. En permanence, les inTrouvés vivaient dans le mal, la guerre totale, l'enfer. Moliak les détruit, contrevenant à toutes les règles des Vagabonds. Mais les a-t-il détruits ? Et s'ils existent ailleurs, d'où viennent-ils ? Moliak décide de couper en deux la Clarté, en utilisant un « déclencheur » que Jy porte en elle.

     Tout récit doit comporter une conclusion, et parfois celle-ci constitue son point faible. C'est souvent le problème des livres que l'on n'a pas envie de quitter : aucune fin ne semble satisfaisante. Ici, la solution de la crise est peut-être, comment dire, trop rapide ? En revanche, Reed est de ceux qui proposent une vision riche et développée, ce n'est pas si fréquent. Enfin, sa manière gourmande de conter les perversions de l'esprit des individus ferait pardonner bien des faiblesses. « Tout le monde est monstrueux » semble être le message. Mais certains luttent contre eux-mêmes, telle Jy.

Dominique WARFA (lui écrire)
Première parution : 1/9/1998
dans Galaxies 10
Mise en ligne le : 22/11/2008


 
Base mise à jour le 9 septembre 2017.
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