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La Malédiction de l'éphémère

Richard CANAL

Science Fiction  - Illustration de Éric PROVOOST
LA DÉCOUVERTE, coll. Fictions n° (7), dépôt légal : mai 1986
180 pages, catégorie / prix : 65 FF, ISBN : 2-7071-1617-3
Couverture

    Quatrième de couverture    
     Les guerres constituent autant de traumatismes dans l'histoire de l'humanIté. Celle-ci — la Troisième Guerre mondiale — plus que toute autre, et pas seulement par les destructions auxquelles elle a donné lieu. Pas seulement à cause du cauchemar des bombes Z...
     Venus d'ailleurs, des êtres ont frappé. Ils ont enfermé ceux qu'ils considéraient comme les fauteurs de troubles, sur les lieux mêmes où avaient été perpétrées les plus grandes destructions. Puis il sont repartis, sans une explication.
     Massée, humiliée, l'humanité a continué de vivre. Trente ans après la « guerre des Z », la cicatrice serait presque refermée si...
     Si ne subsisialent ces zones saturées de radiations, fermées à l'homme par une volonté étrangère.
     Si, défrayant la critique picturale, une nouvelle école, plus noire que Goya, plus angoissée que Van Gogh, plus désespérée que Roszak ou Munch, ne venait raviver le souvenir du cauchemar.
     Pourquoi ces sombres visions, alors que l'homme a tant besoin d'espoir ? Et surtout : qui sont ces génies du macabre ?

     Richard Canal, né en 1953, est maître assistant détaché à l'École supérieure de technologie de Dakar. Son premier texte de science-fiction est paru dans le numéro d'avril 1983 de la revue Fiction. Il a publié depuis une demi-douzaine de nouvelles. Sa nouvelle Choix a été couronnée début 1986 par le prix que décerne annuellement la revue québécoise Solaris. La malédiction de l'éphémère est son premier roman.

 
    Critiques    
     Le fidèle de Fiction a pu de nombreuses fois apprécier le talent de Richard Canal, dont La malédiction de l'éphémère, son premier roman, vient de paraître aux éditions La Découverte. On se souviendra en effet de la superbe nouvelle Le passé comme une corde autour de notre cou (n° 355 bis) ou des Risques du métier (n° 348) qui renouvelait subtilement le thème .pourtant maintes fois rebattu de la télépathie. Dès ses premiers textes, Canal s'est imposé comme un jeune écrivain très prometteur, et La malédiction de l'éphémère ne fait que confirmer ce que chacun supputait.
     D'emblée, Canal plante un décor solide et inquiétant, celui d'un monde ravagé par une Troisième Guerre Mondiale provoquée par de mystérieux extra-terrestres, où certaines villes ont été coupées du reste de la planète par la barrière du Red, derrière laquelle foisonnent les mystérieuses radiations Z. Il développe habilement ce décor à travers deux lignes de narration complémentaires. Dans la première, deux personnages — un searcher et un roadrunner — franchissent le Red pour des raisons qui restent longtemps cachées au lecteur, tandis que la seconde est consacrée à un étrange trafic d'œuvres d'art dont la principale caractéristique est la désespérance qui en émane.
     A partir de ces éléments, Canal a écrit un livre court, percutant et intelligent, tout à la fois roman d'aventures et réflexion sur l'art évoquant à mes yeux La Rose, de Charles Harness. Mais, contrairement à ce dernier, il ne s'est pas contenté d'une écriture riche et littéraire. La narration est nerveuse, énergique, efficace. Ce qui permet de penser que Richard .Canal pourrait aussi bien travailler pour le Fleuve Noir — grâce à sa fougue et son sens du récit — que pour d'autres éditeurs moins « populaires ». La malédiction de l'éphémère est en effet un livre achevé, un roman de l'enfermement qui devrait séduire les lecteurs les plus exigeants. Et même — surtout — ceux pour qui la SF française est synonyme de médiocrité.
     Avec La malédiction de l'éphémère, un écrivain est né. Au lecteur de le saluer.


Roland C. WAGNER
Première parution : 1/11/1986
dans Fiction 380
Mise en ligne le : 1/5/2003

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    
Edition J'AI LU, Science-Fiction (1992 - 2001, 3ème série - dos violet/blanc) (1996)


     La réédition du premier roman de Richard Canal, revu et corrigé par l'auteur, mérite d'être saluée. La Malédiction de l'éphémère était en effet paru en 1986 aux éditions La Découverte, peu avant l'arrêt de la collection, et sa diffusion était malheureusement demeurée confidentielle. Or, les premiers livres des écrivains hantés par leurs univers contiennent souvent en germe l'essentiel de l'oeuvre à venir. C'est le cas ici.
     Le thème du livre est classique, ce qui permet à Canal de le traiter avec une talentueuse désinvolture : des extra-terrestres dont nous ne saurons presque rien ont enfermé certaines zones de la Terre derrière des barrières sévèrement gardées. À l'intérieur de ces zones, de dangereuses radiations provoquent des mutations chez les survivants. Quelques rares équipes de Passeurs — un Runner, conducteur de camion blindé, et un Searcher, chercheur de trésors — savent forcer le passage pour se livrer à de mystérieux trafics.
     Dans le même temps, le monde de l'art est envahi d'oeuvres géniales mais d'une noirceur absolue, tandis que les attentats terroristes se multiplient dans les galeries du monde entier...
     Malgré une narration un peu trop éclatée, avec multiplication des points de vue narratifs — les titres de chapitre qui donnaient des indications scéniques ont disparu de cette réédition — La Malédiction de l'éphémère se lit comme un roman d'aventures peuplé de personnages excessifs, à l'écriture et à la mise en scène déjà bien maîtrisées.
     Au-delà d'une description d'un choc des cultures, qui sous-tendra toute la « trilogie africaine  » — Swap-Swap, Ombres blanches, Aube noire — on retrouve dans La Malédiction de l'éphémère presque tous les grands thèmes qui ont fait de Canal l'auteur de SF « romantique  » par excellence : l'art, considéré comme une source infinie de noirceur — un des thèmes fétiches de la SF française des années 80 — , les personnages démesurés dont le drame personnel trouve son écho dans les convulsions du monde, la lutte désespérée contre l'entropie et la décadence.
     Enfin signalons que la superbe couverture de Caza rattache fort justement, par sa thématique, La Malédiction de l'éphémère aux autres oeuvres de Canal publiées chez J'ai lu.

Jean-Claude DUNYACH (lui écrire)
Première parution : 1/9/1996
dans Galaxies 2
Mise en ligne le : 1/12/2001


Edition J'AI LU, Science-Fiction (1992 - 2001, 3ème série - dos violet/blanc) (1996)


     Dans un futur post-apocalyptique, où l'humanité n'a plus accès aux œuvres d'art du passé, deux hommes s'escriment à survivre en contribuant à la création d'une nouvelle forme d'art. En parallèle, deux autres hommes s'efforcent de découvrir la mystérieuse provenance de ces œuvres torturées et inquiétantes qui viennent à présent hanter tous les musées de la Terre.

     Avec ce roman à la structure complexe, parfois déconcertante (en particulier le passage de la première à la troisième personne narrative), Richard Canal nous offre un bel ouvrage — preuve concrète que la SF française existe et qu'elle se porte bien.

     A noter qu'il s'agit de son premier roman, que l'auteur a revu et corrigé à l'occasion de cette réédition chez J'ai Lu en 1996.


Alexandre Stéphane GARCIA (lui écrire)
Première parution : 22/6/1996
Icarus
Mise en ligne le : 29/10/2012


 
Base mise à jour le 18 mars 2017.
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